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	<title>CHATEL Thibaut, Auteur à Les Femmes s&#039;Animent</title>
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	<description>Promouvoir les femmes dans le métier de l&#039;animation.</description>
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		<title>Félicie Haymoz – Directrice artistique, par Maud Chougui</title>
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		<dc:creator><![CDATA[CHATEL Thibaut]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Sep 2024 07:33:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>*** Félicie Haymoz, son prénom à lui seul sonne déjà comme une histoire. Du coup avant même de la rencontrer je m’imaginais à quoi elle pouvait bien ressembler ! Et bien&#8230;&#160;<a href="https://lesfemmessaniment.fr/felicie-haymoz-directrice-artistique-maud-chougui/" rel="bookmark">Tout lire<span class="screen-reader-text">Félicie Haymoz – Directrice artistique, par Maud Chougui</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-large wp-image-6105 aligncenter" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.48.37-1024x576.png" alt="Capture d’écran 2024-09-22 à 15.48.37" width="1024" height="576" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.48.37-1024x576.png 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.48.37-540x304.png 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.48.37-843x474.png 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.48.37-284x160.png 284w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.48.37.png 1650w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></p>
<p style="text-align: center;">***</p>
<p><span style="font-weight: 400;">Félicie Haymoz, son prénom à lui seul sonne déjà comme une histoire. Du coup avant même de la rencontrer je m’imaginais à quoi elle pouvait bien ressembler ! Et bien pas du tout à ce que j’avais en tête. Félicie ressemble à la petite fille des </span><b><i>Triplés</i></b><span style="font-weight: 400;"> : un carré blond, deux grands yeux bleus, un paysage nordique comme un lac en été. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Au premier abord Félicie a l’air plus sage que son double animé mais il ne faut jamais se fier au premier abord car sous cette blondeur diaphane le lac est bien plus téméraire qu’il n’y parait.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Félicie a grandi en Suisse, a fait ses classes à </span><b>L’académie royale des beaux-arts</b><span style="font-weight: 400;"> de Bruxelles et a passé pas mal de temps à New York. On va y revenir mais commençons par le commencement.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Enfant, Félicie voulait devenir bibliothécaire ! D’abord car elle adorait lire, ensuite car elle avait l’impression que c’était « </span><i><span style="font-weight: 400;">le métier le plus relax du monde</span></i><span style="font-weight: 400;"> » et surtout car aller à la bibliothèque c’était le moment le plus « </span><i><span style="font-weight: 400;">chouette</span></i><span style="font-weight: 400;"> » de sa semaine. Félicie utilise beaucoup l’adjectif « chouette », ça tombe bien moi aussi. « Chouette » ça imprime immédiatement de la joie, une façon espiègle, bienveillante et douce de contempler le monde et les autres. Et puis « chouette » c’est aussi le nom d’un oiseau et comme le monde de Félicie est peuplé d’animaux, m’est avis que cet adjectif trouve parfaitement sa place, et dans son lexique, et dans son bestiaire.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Félicie dessine depuis qu’elle est toute petite et on peut tous remercier sa marraine car c’est elle qui la première lui a offert un carnet, celui où elle a raconté sa première histoire, celle de </span><i><span style="font-weight: 400;">Natacha la grenouille enchantée</span></i><span style="font-weight: 400;">. Natacha la grenouille enchantée avait un look super classe, deux chiens et vivait une grande histoire d’amour avec un lapin. Après Félicie a aussi créé une histoire de chasse aux fantômes inspirée de ses propres lectures et de sa passion pour les grenouilles (avec une héroïne encore plus classe qui chassait les fantômes en talons de 12). Déjà des histoires d’animaux anthropomorphisés. Wes Anderson ne le savait pas encore mais il n’avait qu’à bien se tenir…</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img decoding="async" class="size-large wp-image-6109 aligncenter" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.48.49-1024x584.png" alt="Capture d’écran 2024-09-22 à 15.48.49" width="1024" height="584" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.48.49-1024x584.png 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.48.49-540x308.png 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.48.49-843x481.png 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.48.49-284x162.png 284w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.48.49.png 1634w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400;">J’ignore si vous croyez au destin mais moi si. Et quand on écoute l’histoire de Félicie, on se dit qu’il avait disposé des petits cailloux sur sa route pour la mener jusqu’à Wes Anderson. A 10 ans, Félicie fait un stage auprès de Jean Bindschedler, le fondateur du musée de la Marionnette de Fribourg. L’idée c’est que les mômes qui suivent ce stage créent leurs marionnettes, leur inventent une histoire et jouent leur spectacle devant leurs familles. Félicie va créer « </span><i><span style="font-weight: 400;">un Roi grenouille avec une cape en velours rouge</span></i><span style="font-weight: 400;"> ». « </span><i><span style="font-weight: 400;">C’était une très chouette expérience. C’était un tout petit théâtre avec une très jolie ambiance, avec ce rideau rouge c’était un peu magique.</span></i><span style="font-weight: 400;"> »</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Plus tard, la sœur de Félicie travaillera dans ce musée pour recenser les marionnettes de collection privées qu’ils reçoivent du monde entier. « </span><i><span style="font-weight: 400;">La salle où ils mettaient toutes ces marionnettes contre les murs c’était assez impressionnant car t’allumais la lumière et y’avait les néons qui faisaient clic clic clic et tu voyais toutes ces marionnettes pendues qui te regardaient, c’était flippant !</span></i><span style="font-weight: 400;"> » raconte Félicie dans un éclat de rire.</span></p>
<p><img decoding="async" class="size-large wp-image-6112 aligncenter" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.49.22-1024x535.png" alt="Capture d’écran 2024-09-22 à 15.49.22" width="1024" height="535" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.49.22-1024x535.png 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.49.22-540x282.png 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.49.22-843x440.png 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.49.22-284x148.png 284w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.49.22.png 1616w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400;">Félicie était super bonne à l’école alors tout naturellement ses parents l’imaginaient faire un métier bac + 13. Son père l’aurait bien vue Notaire mais Félicie avait d’autres rêves en tête. Bac en poche et valise à la main, elle a quitté la Suisse pour Bruxelles afin d’intégrer </span><b>L’académie royale des beaux-arts</b><span style="font-weight: 400;"> pour se former à l’illustration. Mais pas que ! Car là-bas elle a pu explorer d’autres terrains de jeux : la photo, la gravure, la sérigraphie, le modèle vivant. La plupart des étudiants la jouaient dilettantes du coup elle a pu profiter de tous les ateliers. Et vous savez quoi ? Elle a trouvé ça « </span><i><span style="font-weight: 400;">chouette </span></i><span style="font-weight: 400;">» ! Parce ce que ce qui semble le plus motiver Félicie dans la vie c’est la curiosité : observer les gens, s’essayer à des arts ou des techniques inexplorés, faire des rencontres… Et c’est cette curiosité qui va lui faire découvrir, presque par hasard, le métier de chara designer. Parce qu’elle va s’apercevoir que ce qui l’intéresse le plus c’est de dessiner des personnages, d’imaginer des costumes qui racontent leur personnalité (quand je vous disais que Natacha la grenouille était trop stylée). Le reste, le truc qui fait office de décor derrière, c’est pas ce qui la captive.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Félicie va donc étudier l’illustration pour rapidement s’apercevoir que bosser toute seule c’est pas son truc non plus. Au tête-à-tête elle préfère l’équipe, l’échange et l’énergie qui s’en dégage. C’est pourquoi elle va passer de l’illustration à l’animation ! Pour autant Félicie adore se nicher dans un coin pour observer les gens et s’en inspirer. Et si vous lui demandez son meilleur spot pour contempler le monde, peinarde, elle vous parlera du métro New Yorkais, dégaines de personnalités hétéroclites, curieuses et intrigantes. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Mais revenons à l’esprit de groupe. Le groupe porte avec lui un cadre, une dead line imposée et le partage des responsabilités. Félicie se dit « procrastinatrice » quand il s’agit de ses propres projets et considère que son travail : « c’est de donner des choix et d’ouvrir des portes ». Et elle se réjouit de ne pas avoir à faire ces choix. Et là je pense à une très chouette chanson d’Emilie Loizeau « </span><i><span style="font-weight: 400;">Je ne sais pas choisir</span></i><span style="font-weight: 400;"> » qui lui plairait peut-être et dont il faudrait que je lui parle.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ce qui la motive à aller sur un projet c’est moins le scénario que le regard et l’énergie des artistes et producteurs qui le portent. Cela peut également être le choix du studio qui va fabriquer les marionnettes inspirées de ses personnages. Et quand on commence par collaborer sur </span><b><i>Max &amp; Co </i></b><span style="font-weight: 400;">de Samuel et Frédéric Guillaume avec </span><b>Mackinnon &amp; Saunders</b><i><span style="font-weight: 400;">,</span></i><span style="font-weight: 400;"> que Félicie définit comme « </span><i><span style="font-weight: 400;">les meilleurs fabricateurs de marionnettes </span></i><span style="font-weight: 400;">» (Tim Burton pensant surement la même chose puisqu’il leur a confié celles de </span><b><i>Mars Attacks !</i></b><i><span style="font-weight: 400;">)</span></i><span style="font-weight: 400;"> forcément la barre est haute ! Félicie visite leur atelier et participe à la fabrication des marionnettes : « </span><i><span style="font-weight: 400;">J’aime les projets où je peux collaborer avec les gens qui fabriquent. Tout ce qui me permet de comprendre comment ça marche techniquement m’aide à être une meilleure designer.</span></i><span style="font-weight: 400;"> » Je ne sais pas si vous avez vu le film mais moi oui, et depuis je pense la même chose que Félicie et Tim Burton.</span></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-6115 aligncenter" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.49.39-1024x483.png" alt="Capture d’écran 2024-09-22 à 15.49.39" width="1024" height="483" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.49.39-1024x483.png 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.49.39-540x255.png 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.49.39-843x398.png 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.49.39-284x134.png 284w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.49.39.png 1610w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400;">Et là vous vous dîtes sûrement : Ok mais il arrive quand Wes Anderson ? Car moi quand on m’a proposé de faire le portrait de Félicie et que j’ai découvert qu’elle avait créé le chara design des personnages du </span><b><i>Fantastic Mister Fox</i></b><span style="font-weight: 400;">, ben j’ai été vraiment épatée. Bon je vous raconte comment ça s’est passé !</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L’équipe de</span><b><i> Mackinnon &amp; Saunders</i></b><span style="font-weight: 400;"> est approchée par Wes Anderson qui cherche quelqu’un pour créer les marionnettes du </span><b><i>Fantastic Mister Fox. </i></b><span style="font-weight: 400;">Et comme cette équipe a adoré bosser avec Félicie, elle donne son nom au producteur de Wes, qui appelle Félicie.  Mais comme on parle quand même de Wes Anderson, Félicie croit d’abord à une blague ! Une fois la méprise passée, elle commence à flipper car elle adore le livre de Roald Dahl, n’est pas la plus expérimentée du casting, était en train de glander tranquille à Bruxelles, adore dessiner des renards mais ne possède pas beaucoup plus d’infos que ça sur le projet et rêve néanmoins de faire le film ! Parfois la vie ressemble à un bon scénario et Félicie va le remporter ce casting. </span></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-6117 aligncenter" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.50.11-998x1024.png" alt="Capture d’écran 2024-09-22 à 15.50.11" width="998" height="1024" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.50.11-998x1024.png 998w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.50.11-527x540.png 527w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.50.11-843x865.png 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.50.11-284x291.png 284w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.50.11.png 1174w" sizes="auto, (max-width: 998px) 100vw, 998px" /></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Sa carrière est lancée et excusez du peu, pas avec n’importe quels trampolines ! Deux chouettes long métrages. Cette fulgurance lui apporte la légitimité, néanmoins son éducation Suisse la poussera toujours à faire preuve d’une grande humilité face au succès. La collaboration avec Wes Anderson va se poursuivre puisqu’après avoir dessiné le bestiaire anthropomorphe du </span><b><i>Fantastic Mister Fox</i></b><span style="font-weight: 400;">, Félicie créera les personnages humains de </span><b><i>Isle of dogs. </i></b><span style="font-weight: 400;">Elle est aussi la créatrice des personnages de</span> <b><i>Yétili </i></b><b>(Darjeeling prod) et </b><span style="font-weight: 400;">plus récemment a également imaginé ceux de</span><b><i> I am your mother </i></b><span style="font-weight: 400;">de Madgalena Osinska (</span><b>Aardman animation</b><span style="font-weight: 400;">).</span></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-6119 aligncenter" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.50.33-958x1024.png" alt="Capture d’écran 2024-09-22 à 15.50.33" width="958" height="1024" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.50.33-958x1024.png 958w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.50.33-505x540.png 505w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.50.33-843x901.png 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.50.33-284x304.png 284w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.50.33.png 1263w" sizes="auto, (max-width: 958px) 100vw, 958px" /></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-6122 aligncenter" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.50.53-1024x582.png" alt="Capture d’écran 2024-09-22 à 15.50.53" width="1024" height="582" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.50.53-1024x582.png 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.50.53-540x307.png 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.50.53-843x479.png 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.50.53-284x161.png 284w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.50.53.png 1176w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Bref elle ne manque pas de chouettes projets ! Du coup je lui ai demandé si parfois elle avait l’angoisse de la page blanche et elle m’a fait une réponse aussi drôle que jolie : « </span><i><span style="font-weight: 400;">Non pas de la page blanche, l’angoisse de la page remplie de trucs que je trouve pas bien. </span></i><span style="font-weight: 400;">» Et si Félicie trouve ça pas bien, elle peut s’acharner. Du coup elle m’explique en se marrant qu’elle est un peu devenue ses parents, à qui elle reprochait de ne pas avoir de vie en dehors du travail. Mais son homme et son chat sont patients donc à ce jour aucun des deux n’a porté plainte.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Néanmoins quand ta périphérie devient ton centre, comprenez quand tu dessinais peinarde Natacha la grenouille enchantée et qu’après Wes t’appelle : comment conserver la même légèreté et la même envie de dessiner ? Félicie décrit son rapport au dessin en trois temps : petite le dessin lui permettait d’exprimer ce qu’elle avait en tête, ado c’était une manière de passer le temps en classe (en dessinant ses profs notamment) et de s’intégrer dans un groupe, maintenant c’est son boulot ! Elle dit : </span><i><span style="font-weight: 400;">« J’aimerais avoir une pause de job pour que le dessin redevienne plus un plaisir parce que j’aime ce que je fais, j’adore dessiner des perso mais j’ai moins ce besoin de dessiner en dehors parce que je passe déjà toute la journée sur mon ordi. Maintenant je trouve plus de plaisir avec des choses comme la feutrine, la céramique ou le tricot que le dessin car c’est moins lié à mon travail. Du coup c’est plus gai, c’est plus léger.</span></i><span style="font-weight: 400;"> »</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Je vous parlerai de ces figurines en feutrine tout à l’heure parce que c’est quelque chose !</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Dans tous les cas, ce qui reste pour Félicie une source d’énergie et de créativité c’est de partir à l’aventure sur des projets différents et de faire de nouvelles rencontres. Les débuts d’un projet sont ce qui l’enthousiasme le plus car c’est le moment de la recherche. Ses sources d’inspiration sont multiples. Elle peut partir d’un mood board, d’un acteur à qui le personnage doit ressembler, de plantes, de textures, de sculptures, ou de l’observation des gens de son entourage. Sur la phase de recherche, Félicie travaille en musique, avec des playlists conçues pour le projet ou des BO de films. C’est ce qu’elle définit comme « </span><i><span style="font-weight: 400;">une dimension temporelle favorable au dessin (…) dessiner sans musique ce serait presque stressant</span></i><span style="font-weight: 400;"> ». Et ça lui vient de l’enfance puisque ses parents musiciens écoutaient de l’opéra quand elle dessinait Natacha la grenouille enchantée. Félicie piochait dans leur collection et choisissait les morceaux en fonction des pochettes de disque qui l’intriguaient le plus. « </span><i><span style="font-weight: 400;">J’adorais Aida, les trucs de Purcell…</span></i><span style="font-weight: 400;"> » et de conclure en se poilant : « </span><i><span style="font-weight: 400;">les trucs un peu tragiques avec des héroïnes tristes.</span></i><span style="font-weight: 400;"> » Pour la mise en couleur de ses personnages en revanche, comme elle n’est plus en recherche d’idées, elle écoute des podcasts car « </span><i><span style="font-weight: 400;">quand quelqu’un te raconte une histoire tu peux dessiner tranquillement </span></i><span style="font-weight: 400;">». « </span><i><span style="font-weight: 400;">Des trucs féministes (Un podcast à soi) des trucs de crime (Rencontre avec Monsieur X) ou qui font peur (Spooked) et aussi un podcast de Cerno (L’anti-enquête) dont je suis fan absolue</span></i><span style="font-weight: 400;"> ».</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Quand je lui demande si elle préfère dessiner les gentils ou les méchants ? Elle me répond que « </span><i><span style="font-weight: 400;">les héros sont souvent un peu plus neutres, plus pâles, c’est pas des perso hauts en couleur avec lesquels tu peux autant t’amuser ou aller dans les extrêmes qui sont plus chouettes à imaginer.</span></i><span style="font-weight: 400;"> » Alors quand Félicie amorce le travail avec un réalisateur pour définir le style du film, idéalement, elle lui propose de travailler en parallèle « </span><i><span style="font-weight: 400;">un héros mignon et un personnage un peu plus dark, aux proportions plus étranges</span></i> <i><span style="font-weight: 400;">pour avoir l’échelle de tout le projet </span></i><span style="font-weight: 400;">».</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Aujourd’hui, Félicie sculpte aussi en feutrine car « </span><i><span style="font-weight: 400;">c’est une matière agréable à travailler</span></i><span style="font-weight: 400;"> ». Et très chouette à regarder aussi car Madame tête d’ail et ses fesses en gousses sont tellement cinématographiques qu’on rêverait de les voir dans un long métrage. Félicie rêverait aussi de bosser pour le théâtre ou l’opéra en créant des costumes qui racontent des personnages. Et comme </span><b><i>Les parapluies de Cherbourg</i></b><span style="font-weight: 400;"> est un de ses films préférés, elle collaborerait bien à une comédie musicale. Alors Damien Chazelle si tu lis ce portrait, tu sais ce qu’il te reste à faire ! Parce que pour Jacques Demy c’est cuit. </span></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-6123 aligncenter" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.51.02-1024x601.png" alt="Capture d’écran 2024-09-22 à 15.51.02" width="1024" height="601" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.51.02-1024x601.png 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.51.02-540x317.png 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.51.02-843x494.png 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.51.02-284x167.png 284w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.51.02.png 1156w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400;">Il y peu de temps, la SACD a remis à Félicie le prix de l’animation et ça lui a semblé surprenant car elle n’est pas animatrice. Mais quand Virginie Jallot, la présidente de la SACD, lui a expliqué que justement, c’était super important qu’on décerne ce prix à un artiste qui est dans la partie graphique de l’animation, Félicie a été « </span><i><span style="font-weight: 400;">super touchée</span></i><span style="font-weight: 400;"> » et elle a trouvé ça « </span><i><span style="font-weight: 400;">chouette</span></i><span style="font-weight: 400;"> ». Parce que parfois, même avec ce parcours de dingue, Félicie a le syndrome de l’imposteur (oui je sais, vous aussi vous trouvez ça ballot).</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Quand je lui ai demandé quel conseil elle pourrait donner à quelqu’un qui débuterait dans le métier, elle m’a répondu qu’en donnant des cours elle avait réalisé un truc : « </span><i><span style="font-weight: 400;">Donner un conseil qui correspond à tout le monde c’est compliqué car les gens ont des forces ou des faiblesses tellement différentes que ce qui vaut pour l’un ne vaut pas pour l’autre. </span></i><span style="font-weight: 400;">» Donc jeune padawan, si tu lis ce portrait le seul conseil que te donne Félicie c’est : « </span><i><span style="font-weight: 400;">Stay weird !</span></i><span style="font-weight: 400;"> »</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-6125 aligncenter" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.51.12-1024x597.png" alt="Capture d’écran 2024-09-22 à 15.51.12" width="1024" height="597" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.51.12-1024x597.png 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.51.12-540x315.png 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.51.12-843x492.png 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.51.12-284x166.png 284w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.51.12.png 1156w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Et un conseil d’une fille dont le prénom signifie heureux, croyez-moi, c’est un chouette conseil.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;">************************************************************************************************</p>
<h5><strong>Making of <i>Max &amp; Co</i> : </strong><a href="https://www.dailymotion.com/video/x4whl0"><span style="font-weight: 400;">https://www.dailymotion.com/video/x4whl0</span></a></h5>
<h5><strong>Bande annonce <i>Fantastic Mr Fox</i> : </strong><a href="https://www.youtube.com/watch?v=ipUj8dELx4U"><span style="font-weight: 400;">https://www.youtube.com/watch?v=ipUj8dELx4U</span></a></h5>
<h5><strong>Bande annonce <i>Isle of dog</i> : </strong><a href="https://www.youtube.com/watch?v=M4vVGeC07Uk"><span style="font-weight: 400;">https://www.youtube.com/watch?v=M4vVGeC07Uk</span></a></h5>
<h5><strong>Podcasts : </strong><a href="https://www.arteradio.com/emission/un_podcast_soi/1092"><span style="font-weight: 400;">https://www.arteradio.com/emission/un_podcast_soi/1092</span></a></h5>
<h5><a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/rendez-vous-avec-x"><span style="font-weight: 400;">https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/rendez-vous-avec-x</span></a></h5>
<h5><a href="https://spookedpodcast.org/"><span style="font-weight: 400;">https://spookedpodcast.org/</span></a></h5>
<h5><a href="https://www.youtube.com/channel/UCYovIdNq6WAZDRf93KVaa6Q"><span style="font-weight: 400;">https://www.youtube.com/channel/UCYovIdNq6WAZDRf93KVaa6Q</span></a></h5>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Marie Chevalot – Directrice de plateau et comédienne, par Clémentine Faure</title>
		<link>https://lesfemmessaniment.fr/marie-chevalot/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[CHATEL Thibaut]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 Aug 2024 20:03:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>&#160; &#160; Marie Chevalot *** &#160; “J’ai la chance inouïe d’exercer mon métier passion et d’incarner toutes ces femmes que je ne suis pas, mais que je suis un peu&#8230;&#160;<a href="https://lesfemmessaniment.fr/marie-chevalot/" rel="bookmark">Tout lire<span class="screen-reader-text">Marie Chevalot – Directrice de plateau et comédienne, par Clémentine Faure</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-6080 aligncenter" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/08/thumbnail_image0-734x1024.jpg" alt="thumbnail_image0" width="734" height="1024" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/08/thumbnail_image0-734x1024.jpg 734w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/08/thumbnail_image0-387x540.jpg 387w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/08/thumbnail_image0-843x1177.jpg 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/08/thumbnail_image0-284x396.jpg 284w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/08/thumbnail_image0.jpg 1920w" sizes="auto, (max-width: 734px) 100vw, 734px" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><i><span style="font-weight: 400;">Marie Chevalot</span></i></p>
<p style="text-align: center;">***</p>
<p>&nbsp;</p>
<h2 style="text-align: center;"><i><span style="font-weight: 400;">“J’ai la chance inouïe d’exercer mon métier passion et d’incarner toutes ces femmes que je ne suis pas, mais que je suis un peu quand même.”</span></i></h2>
<p style="text-align: center;"><span style="font-weight: 400;"> </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Après avoir reporté notre rencontre à cause d’une grippe fatidique, j’ai fini par réussir à rencontrer Marie Chevalot à la fin de l’année dernière. Une belle rencontre pour clore l’année ! Marie est une femme inspirante, honnête et travailleuse. Alors que je trouvais le milieu des comédien.nes bien mystérieux, elle m’a aidée à y voir plus clair en me racontant son parcours. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Marie a su très vite ce qui la passionnait et ce qu’elle voulait faire de sa vie : jouer et embrasser une carrière artistique. Elle a découvert cela par un prisme pour le moins original. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Marie grandit à Paris et à 11 ans, déménage à la campagne. Elle y pratique l&#8217;équitation de manière intensive au point de participer à 12 ans à son 1er spectacle, sur la place du village avec une troupe de cavaliers et de voltigeurs. </span><span style="font-weight: 400;">“</span><i><span style="font-weight: 400;">C’était tellement novateur que 2000 personnes se sont déplacées pour voir le spectacle. C’est à ce moment que j’ai eu la révélation.” </span></i><span style="font-weight: 400;">Cette première rencontre avec un public de la sorte est pour elle un choc et c’est à ce moment que Marie a su ce qu’elle voulait faire : </span><i><span style="font-weight: 400;">comédienne.</span></i><span style="font-weight: 400;"> Elle a vite eu conscience que les chevaux allaient rester quelque chose de spécial, mais plus comme un « à côté ». </span></p>
<p>Soutenue par ses parents, Marie finit sa scolarité dans son village et le BAC en poche, à 18 ans tout juste, elle décide de quitter sa campagne pour monter à Paris avec ses rêves plein la tête.</p>
<p><span style="font-weight: 400;">Elle trouve une école et commence ses premiers vrais cours de théâtre professionnels à </span><b>l’école Tania Balachova</b><span style="font-weight: 400;">. Et là, pas de chance, à peine les trois premiers mois passés, Vera Gregh sa professeure annonce la fermeture de l’école. Marie se retrouve alors à Paris sans école ni cours à suivre. Mais elle ne se laisse pas abattre, persévère et s’inscrit dans une autre école, pas encore très connue: </span><b>les enfants terribles.  </b></p>
<p>&nbsp;</p>
<h2><i><span style="font-weight: 400;">“Et là, ça a été un choc: c’était génial. Alors que j’avais l’habitude de n’avoir que 13 heures de cours par semaine, je suis passée à un vrai suivi, avec des cours de 10h à 22h du lundi au vendredi et des répétitions le weekend. C’était du boulot, mais c’était formidable</span></i><span style="font-weight: 400;">. </span><i><span style="font-weight: 400;">Cette période a été fructueuse tant au niveau des rencontres que de l’apprentissage de la comédie. Ça a été une super aventure.”</span></i></h2>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400;">Elle y reste 2 ans.” </span><i><span style="font-weight: 400;">C’était vraiment l’apprentissage de l’art de la comédie.</span></i> <i><span style="font-weight: 400;">Un peu comme quelqu’un qui va dans un conservatoire pour jouer d’un instrument. D’abord, il apprend à s’en servir et ensuite il rencontre son style et se met vraiment à</span></i> <i><span style="font-weight: 400;">s’épanouir. “</span></i></p>
<p>Et à partir du moment où Marie sent qu’elle est prête à quitter l’école pour travailler, tout s’enchaîne. Comme elle me le dit si bien, le hasard fait parfois bien les choses. Elle rencontre par son entourage des comédiens prêts à lui faire découvrir le milieu du doublage. Elle les  accompagne en studio et observe comment s’y déroule un enregistrement. Elle reste en observation pendant presque 3 mois. Puis, un jour, un directeur de plateau lui propose de faire un petit rôle d’ambiance. Marie, un peu tremblotante, va à la barre et double ce personnage. Satisfait par la performance de sa comédienne, le directeur de plateau lui propose alors de revenir au studio la semaine suivante pour faire des ambiances et petits rôles.</p>
<p><span style="font-weight: 400;">Petit à petit, on lui propose de plus en plus de rôles, de passages au studio. Et un jour, Marie se met à recevoir des appels de gens qu’elle ne connaît pas. Ça y est : </span><i><span style="font-weight: 400;">ça marche</span></i><span style="font-weight: 400;">! Son nom commence à circuler. Rapidement, elle se met à travailler sur des projets très divers, autant de la fiction live que du jeu vidéo que de l’animation, de l’audiodescription ou du documentaire. Et, de fil en aiguille, on lui offre la possibilité de faire de la direction artistique, chose qu’elle se plaît aussi à faire aujourd’hui. </span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h2><i><span style="font-weight: 400;">“Mon corps de métier, c’est surtout d’être comédienne, mais je dirige de plus en plus aussi. C’est vrai que j’aime beaucoup ça, j’ai toujours aimé la direction d’acteurs.” </span></i><span style="font-weight: 400;">Un enthousiasme qui date de l’époque de l’école des Enfants Terribles.“</span><i><span style="font-weight: 400;">En sortant de l&#8217;école, le plus facile était de monter des projets, parce qu’on était plusieurs à avoir la même formation. C’était facile. Il suffisait que l’un d’entre nous mette sa casquette de metteur en scène et c’était parti.”  </span></i></h2>
<p>&nbsp;</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-6079 aligncenter" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/08/thumbnail_image1-992x1024.jpg" alt="thumbnail_image1" width="992" height="1024" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/08/thumbnail_image1-992x1024.jpg 992w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/08/thumbnail_image1-523x540.jpg 523w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/08/thumbnail_image1-843x870.jpg 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/08/thumbnail_image1-284x293.jpg 284w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/08/thumbnail_image1.jpg 1920w" sizes="auto, (max-width: 992px) 100vw, 992px" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><i><span style="font-weight: 400;">Marie Chevalot</span></i></p>
<p style="text-align: center;">***</p>
<p><span style="font-weight: 400;">Marie se compare un peu à une musicienne. Comme elle a la chance de jouer tous les jours (ou presque), cela lui permet de pratiquer, de s&#8217;entraîner, de se concentrer et se mettre dans les rôles très rapidement. Parce que pour un comédien qui fait du doublage, c’est l’immédiateté qui prime, il faut qu’elle soit dans le rôle tout de suite sans perdre de temps. </span></p>
<p><i><span style="font-weight: 400;">“Ce qui est très intéressant dans le métier de comédienne quand on fait du doublage, c’est de réussir à jouer et à être sincère avec autant de contraintes imposées. Ma propre expérience de doublage m’a beaucoup aidée, aussi bien en studio que sur scène, pour être dirigée par un metteur en scène ou un réalisateur.” </span></i></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Marie reconnaît que beaucoup de comédien.nes de télévision ou de cinéma ne voient pas toujours d’un bon œil les comédien.nes de doublage. C’est comme ça qu’on les appelle et qu’on les catégorise. Elle n’est pas d’accord avec cette dénomination. Pour elle, on est comédie.ne ou on ne l’est pas. Et quand on l’est, il est simplement possible d’avoir plusieurs casquettes. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les comédien.nes qui font du doublage ne savent, la plupart du temps, pas pour quel rôle on va les appeler. Cela leur demande donc une grande adaptabilité, mais aussi une forte disponibilité émotionnelle et intellectuelle. Parce que oui, il est possible dans la même journée pour Marie, de jouer une psychopathe le matin et une femme ayant subie des violences l’après-midi. “</span><i><span style="font-weight: 400;">C’est super intéressant. Au bout d’un moment, c’est comme si les connexions se faisaient directement dans ta mémoire émotionnelle. Instinctivement, tu sais exactement où aller chercher, avec évidemment l’aide et la direction de ton directeur artistique et de l’ingénieur du son. On parle beaucoup des comédien.nes, mais en vrai, l’équipe entière est primordiale pour que le travail soit de qualité”. </span></i></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Certains rôles peuvent être plus difficiles que d’autres. Mais c’est ce qui est bien en doublage. “</span><i><span style="font-weight: 400;">Une autre super particularité du doublage, c’est la plus grande ouverture à des rôles très divers.</span></i><span style="font-weight: 400;"> C</span><i><span style="font-weight: 400;">ela paraît évident, mais il me semblait important de le souligner”</span></i><span style="font-weight: 400;">.  Comme on ne la voit pas quand elle joue, elle a la chance de jouer des rôles très divers. Grâce à sa voix, qui ne fait pas trop vieille et qui est un peu dans les médiums, elle peut correspondre à une palette d’âge et de physionomie assez large. Elle peut facilement moduler sa voix pour jouer autant une petite fille dans de l’animation pour enfants que la femme d’un Redneck. </span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h2><i><span style="font-weight: 400;">“En animation, dans le même épisode, il est possible que je joue la petite fille, puis la sorcière et la maman de la copine du personnage principal. Cela permet d’avoir toute une panoplie de personnages, c’est une expérience très riche et que je trouve absolument formidable. “</span></i></h2>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour Marie, peu importe le support (fiction live ou animation), la recette pour que cela fonctionne, c’est la sincérité. Pour elle, c’est ce qui lui permet d’être au plus proche de la vérité et au service du projet. “</span><i><span style="font-weight: 400;">À mon sens, ça ne se travaille pas. Ce qui se travaille, ce sont toutes les techniques qui te permettent d’être à l’aise pour, justement, réussir à faire éclore cette sincérité et la mettre au service du projet. Mais évidemment ce n’est pas facile. Il faut oser être sincère, ne pas se cacher en fabriquant et montrer sa vulnérabilité parfois.”</span></i></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Marie vise la sincérité pour défendre ses personnages (peu importe le personnage) quand elle est en studio. Mais quand sa journée est terminée, elle parvient à fermer la porte et à passer à autre chose. Quand elle sent qu’un rôle a du mal à se détacher d’elle, elle sait qu’elle peut compter sur ses proches pour se retrouver.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">À la fin de notre entretien, j’ai demandé  à Marie de me raconter une expérience récente qui l’avait marquée. Elle m’a parlé du doublage dans une fiction live (</span><i><span style="font-weight: 400;">Love and</span></i> <i><span style="font-weight: 400;">Death </span></i><span style="font-weight: 400;">sur Canal +). Elle avait été bouleversée par le personnage qu’elle devait incarner. Ce qu’elle trouve beau dans son métier, c’est de réussir à trouver une part d’humanité dans chacun des rôles qu’elle doit jouer en trouvant par exemple de la bienveillance au fond de soi pour quelqu’un qui a pu commettre l’irréparable. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">J’ai découvert au fil de notre discussion que faire du doublage avait été pendant le Covid un métier beaucoup plus solitaire que ce que j’avais pu imaginer. En effet, Marie me racontait qu’à cette période, il n’était pas rare qu’elle soit toute seule à la barre accompagnée de sa directrice artistique et de l’ingénieur du son. Heureusement, aujourd’hui, tout est en train de se rééquilibrer et “</span><i><span style="font-weight: 400;">on retrouve avec bonheur les plateaux à plusieurs”. </span></i><span style="font-weight: 400;">Elle s’est plu à me dire qu’elle était sûrement un peu de la vieille école et qu’elle aimait travailler avec d’autres comédien·nes, tant pour l’énergie que cela procure que pour le partage et l’ambiance. En fait, Marie a gardé son premier amour pour le travail de groupe et le partage avec ses collaborateur·rices. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour conclure notre rencontre, j’ai demandé à Marie si elle avait un dernier sujet duquel elle avait envie qu’on discute. Sans hésitation, elle a évoqué l’intelligence artificielle. Bien que nous ne soyons pas de grandes spécialistes de l’I.A., nous avons aimé en discuter pendant un long moment. Sans vouloir sombrer dans la paranoïa et la peur, c’est un sujet qui l’inquiète et qu’elle suit de près. “</span><i><span style="font-weight: 400;">Je ne sais pas quand, mais l’intelligence artificielle risque de finir par remplacer les comédiens.nes.” </span></i><span style="font-weight: 400;">Nous nous sommes dit que l’audiodescription serait sans doute une des premières disciplines à être remplacée par l’intelligence artificielle. </span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h2><i><span style="font-weight: 400;">“Le problème, c’est qu’on va au fur et à mesure, supprimer l’humanité si on supprime le souffle des personnages, en remplaçant les comédiens.nes par des machines. Et même si aujourd’hui, artistiquement, on se dit que ce n’est pas possible, il semble évident qu’un grand nombre de personnes va finir par l’accepter simplement à cause de l&#8217;argument économique »</span></i></h2>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400;">En effet, ce sera beaucoup plus intéressant pour les productions de faire appel à une machine et de supprimer un grand nombre de postes pour obtenir (selon eux) le même résultat. </span><span style="font-weight: 400;">Mais est-ce que cela n’engendrera pas une forme de déshumanisation et un appauvrissement de la culture et de l’art… ?</span><span style="font-weight: 400;"> </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Reste à espérer que des mesures seront prises au niveau gouvernemental pour protéger les artistes, la création mais aussi et surtout la culture.  </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">J’ai été absolument ravie de rencontrer Marie et qu’elle me fasse découvrir son monde et son parcours. Débordante de joie de vivre, de passion et d’entrain, Marie est une comédienne en or qui mériterait que tout le monde croise son chemin. </span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;">***</p>
<p style="text-align: center;">
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		<title>Charlie Belin – Réalisatrice, par Joëlle Oosterlinck</title>
		<link>https://lesfemmessaniment.fr/charlie-belin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[CHATEL Thibaut]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 08 Jul 2024 14:24:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>&#160; *** &#160; Dans « Drôles d’oiseaux », le dernier court-métrage de Charlie Belin, Elie, l’héroïne, retrouve le Pic vert de ses crayons, la hulotte de son magazine, les oiseaux de l’encyclopédie,&#8230;&#160;<a href="https://lesfemmessaniment.fr/charlie-belin/" rel="bookmark">Tout lire<span class="screen-reader-text">Charlie Belin – Réalisatrice, par Joëlle Oosterlinck</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-6012 aligncenter" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/07/charlie.jpg" alt="charlie" width="1000" height="1000" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/07/charlie.jpg 1000w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/07/charlie-150x150.jpg 150w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/07/charlie-540x540.jpg 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/07/charlie-240x240.jpg 240w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/07/charlie-843x843.jpg 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/07/charlie-285x285.jpg 285w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/07/charlie-284x284.jpg 284w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;">***</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400;">Dans </span><i><span style="font-weight: 400;">« Drôles d’oiseaux »</span></i><span style="font-weight: 400;">, le dernier court-métrage de Charlie Belin, Elie, l’héroïne, retrouve le Pic vert de ses crayons, la hulotte de son magazine, les oiseaux de l’encyclopédie, bref, la poésie de ses dessins et de ses livres, dans la vraie vie. Moi, je retrouve la poésie de la vie dans les films de Charlie Belin. Pas de hasard : les petits gestes, les mots en apparence anodins, les objets du quotidien, c’est ce qui l’émeut. </span><i><span style="font-weight: 400;">« Je n’ai pour l’instant pas envie d’écrire une histoire avec un flux d’actions et des nœuds dramatiques tendus. Ça ne me fait pas vibrer »</span></i><span style="font-weight: 400;">. Son récent gros coup de cœur :</span><i><span style="font-weight: 400;"> « Perfect Days »</span></i><span style="font-weight: 400;"> de Wim Wenders.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-6029 aligncenter" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/07/Capture-d’écran-2024-07-06-à-20.13.52-1024x573.png" alt="Capture d’écran 2024-07-06 à 20.13.52" width="1024" height="573" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/07/Capture-d’écran-2024-07-06-à-20.13.52-1024x573.png 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/07/Capture-d’écran-2024-07-06-à-20.13.52-540x302.png 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/07/Capture-d’écran-2024-07-06-à-20.13.52-843x472.png 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/07/Capture-d’écran-2024-07-06-à-20.13.52-284x159.png 284w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><i>Charlie Belin </i><i>© </i></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400;">Charlie Belin puise ses histoires, ses dialogues, ses images, dans ce qu’elle voit, lit et entend. Tout est très documenté, tout est très documentaire. Un genre qu’elle affectionne tout particulièrement. Au point d’avoir suivi une formation à Lussas. Rien d’étonnant donc à ce que tous les films qu’elle a réalisés avant </span><i><span style="font-weight: 400;">« Drôles d’oiseaux » </span></i><span style="font-weight: 400;">soient construits sur une base sonore documentaire enregistrée en prise de son direct.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><i><span style="font-weight: 400;"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-6015 aligncenter" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/07/02-Tournage_Louna-Charlie-540x405.jpg" alt="02-Tournage_Louna-Charlie" width="540" height="405" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/07/02-Tournage_Louna-Charlie-540x405.jpg 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/07/02-Tournage_Louna-Charlie-843x632.jpg 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/07/02-Tournage_Louna-Charlie-284x213.jpg 284w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/07/02-Tournage_Louna-Charlie.jpg 960w" sizes="auto, (max-width: 540px) 100vw, 540px" /></span></i></p>
<p style="text-align: center;"><i><span style="font-weight: 400;">Charlie en tournage avec Louna qui joue le rôle d’Elie</span></i></p>
<p style="text-align: center;">***</p>
<p><i><span style="font-weight: 400;">« La Pao »</span></i><span style="font-weight: 400;">, son premier film réalisé alors qu’elle est étudiante à l’EMCA, ou encore « </span><i><span style="font-weight: 400;">Blanquette »</span></i><span style="font-weight: 400;">, son film de fin d’études à La Poudrière, témoignent de ce socle issu du réel. Pour le premier, elle a posé son micro dans une pâtisserie algérienne grenobloise, et pour le second, elle a enregistré pas moins de 6 repas de famille pour n’en former plus qu’un. Des bruits du quotidien et des dialogues qui immergent le spectateur dans une ambiance, un décor. On entend le thé à la menthe couler et on y est dans cette pâtisserie, comme on se sent invité à partager la blanquette familiale quand s’ouvre la cocotte. On est là, à table, on entend des phrases qu’on a déjà entendues, ces phrases qui ne disent presque rien et qui disent tout. Le grand-père qui demande « tu l’as mis sur deux finalement ou tu l’as laissé sur 3 ? », « parce que je vois que ça n’a pas brûlé cette fois-ci », ou ce type un brin ivre qui chante par-dessus la musique de la pâtisserie, un peu faux, et c’est ça qui fait tout le charme.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-6030 aligncenter" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/07/DROLES-D-OISEAUX_25-1-1024x576.png" alt="DROLES D OISEAUX_25" width="1024" height="576" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/07/DROLES-D-OISEAUX_25-1-1024x576.png 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/07/DROLES-D-OISEAUX_25-1-540x304.png 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/07/DROLES-D-OISEAUX_25-1-843x474.png 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/07/DROLES-D-OISEAUX_25-1-284x160.png 284w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/07/DROLES-D-OISEAUX_25-1.png 1919w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><i>Charlie Belin </i><i>© </i></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour </span><i><span style="font-weight: 400;">« Drôles d’oiseaux »,</span></i><span style="font-weight: 400;"> Charlie Belin a choisi de franchir le pas de la fiction. « Une porte s’est ouverte, un nouveau champ des possibles ». Pendant ses études à La Poudrière, elle a le sentiment « </span><i><span style="font-weight: 400;">d’être passé à côté de quelque chose</span></i><span style="font-weight: 400;"> ». Alors qu’on les invitait à écrire de la fiction, elle a préféré emprunter d’autres chemins, et dit s’être rendu compte tardivement qu’on </span><i><span style="font-weight: 400;">« peut s’affranchir du réel pour raconter autre chose »</span></i><span style="font-weight: 400;">. L’idée de ce premier film de fiction naît après avoir écouté un épisode de la série documentaire radio « Les Pieds sur terre » d’Inès Leraud. Un frère et une sœur y racontent leur enfance et leur adolescence sur l’île de Souzay, un lieu sauvage près de Saumur. Les lapins qui grimpent sur la barque dans le film, c’est un de ses souvenirs à lui. Mais Charlie Belin veut en savoir plus, en voir plus, en entendre plus. Alors elle y va sur cette île. C’est le père du garçon qui témoigne à la radio qui jouera le rôle du pêcheur. Et c’est quatre générations, du petit-fils au grand-père, qui assisteront à la projection du film sur l’île. Une histoire de famille. Car oui, Charlie Belin est très histoire de famille. Son film est monté par sa sœur Billie. </span><i><span style="font-weight: 400;">« Blanquette »</span></i><span style="font-weight: 400;"> sort tout droit de l’immeuble où cohabitaient joyeusement plusieurs de ses tantes et de ses cousines. Elie est en partie inspirée par une petite cousine farouche, toujours à quatre pattes à observer la nature. Et est incarnée, vocalement parlant, par la fille de son amie du collège. Elle évoque la mafia comme les Malaussène. C’est la famille, au sens élargi du terme. Ceux qui en font partie, ceux qui l’intègrent.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-6027 aligncenter" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/07/DROLES-D-OISEAUX_08-1-1024x576.png" alt="DROLES D OISEAUX_08" width="1024" height="576" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/07/DROLES-D-OISEAUX_08-1-1024x576.png 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/07/DROLES-D-OISEAUX_08-1-540x304.png 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/07/DROLES-D-OISEAUX_08-1-843x474.png 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/07/DROLES-D-OISEAUX_08-1-284x160.png 284w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/07/DROLES-D-OISEAUX_08-1.png 1918w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><i>Charlie Belin </i><i>© </i></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Parmi les nouveaux arrivants, Mariannick Bellot à qui elle demande de co-écrire le film </span><i><span style="font-weight: 400;">« Drôles d’oiseaux »</span></i><span style="font-weight: 400;">. D’elle, Charlie Belin dit qu’elle a une « double casquette », celle de scénariste de fiction et de documentaire. Elle a de l’expérience, là où elle a le sentiment de « tout juste sortir du nid ». Et puis, elles ont cet amour du son en commun. Quand elle la sollicite, Charlie a déjà une idée très précise : celle d’une petite fille qui part seule sur une île rendre un livre à la bibliothécaire du CDI. Avec Mariannick Bellot, elle va beaucoup travailler sur les personnages, et notamment sur celui d’Elie. « </span><i><span style="font-weight: 400;">Au départ, c’était une enfant atteinte du syndrome d’Asperger : j’ai écouté des émissions, et aussi lu beaucoup de livres là-dessus</span></i><span style="font-weight: 400;"> ». La scène du début vient d’ailleurs elle aussi d’une émission de radio. Elie est allongée dans la cour, tout le monde joue autour, et elle, elle regarde la lumière qui filtre à travers les feuilles. En travaillant avec sa co-scénariste, le personnage évolue. C’est une petite fille légèrement à côté, une fille rêveuse, férue d’ornithologie, et qui pense migration des cigognes quand on lui parle d’aventure. A la hauteur de l’aventure qu’elle va vivre. C’est-à-dire une aventure époustouflante, à flanc de nature, et surtout une aventure possible. C’est partir seule, embarquer avec quelqu’un qu’on connaît à peine, c’est un rapace qui frôle l’eau à grande vitesse et pêche un poisson, c’est un orage qui éclate, c’est traverser un champ de taureaux… C’est une aventure à laquelle on peut tous s’identifier, même s’il faut du courage…  Une amie lui a dit qu’elle voyait en Elie un personnage féministe ordinaire, dans le sens où cette petite fille a vraiment du cran, de la personnalité, mais qu’elle n’a pas les attributs d’un super héros. Charlie Belin a aimé ce point de vue. Une héroïne ordinaire, portée par une équipe très féminine, et elle, une réalisatrice qui a longtemps eu le syndrome de l’imposteur &#8211; les remarques misogynes aidant – à qui, avec </span><i><span style="font-weight: 400;">« Drôles d’oiseaux »</span></i><span style="font-weight: 400;">, on confiait pour la première fois un film professionnel avec un vrai budget.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-6038 aligncenter" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/07/Drôles-d_oiseaux_07-1150x0-c-default-1140170355-1024x576.jpg" alt="Drôles-d_oiseaux_07-1150x0-c-default-1140170355" width="1024" height="576" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/07/Drôles-d_oiseaux_07-1150x0-c-default-1140170355-1024x576.jpg 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/07/Drôles-d_oiseaux_07-1150x0-c-default-1140170355-540x304.jpg 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/07/Drôles-d_oiseaux_07-1150x0-c-default-1140170355-843x474.jpg 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/07/Drôles-d_oiseaux_07-1150x0-c-default-1140170355-284x160.jpg 284w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/07/Drôles-d_oiseaux_07-1150x0-c-default-1140170355.jpg 1150w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></p>
<p style="text-align: center;"><i>Charlie Belin </i><i>© </i></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le travail sur le scénario avec Mariannick Bellot a aussi porté sur le « sensoriel ». Et c’est vrai, cette nature qu’elle affectionne tant, on la sent. Le bruit du vent, le vol des oiseaux, l’odeur de l’orage… tout comme les scènes de classe d’ailleurs. Quand Elie choisit un crayon de couleur, on le sent rouler sous ses doigts, comme on sent la tranche des livres qu’elle parcourt du même geste. Là aussi, Charlie Belin a squatté le cours de français d’une classe de collège pour observer, croquer ces gestes ordinaires ; et une résidence à l’Abbaye de Fontevraud, située non loin de l’île de Souzay, lui a permis d’y passer du temps pour sentir le paysage. </span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le travail graphique, lui, s’est d’abord fait seul. </span><i><span style="font-weight: 400;">« J’ai fait plein de petits croquis »</span></i><span style="font-weight: 400;">. </span><i><span style="font-weight: 400;">« J’avais pour référence les dessins de Sempé, de Quentin Blake et des dessinateurs des années 30 que j’aime beaucoup et l’idée de retrouver un esprit 2D tradi »</span></i><span style="font-weight: 400;">. C’est après, avec Charles Nogier, son compagnon, qu’elle fait ses recherches couleurs. La teinte sera aquarelle, les décors parfois esquissés et pourtant très présents, les images simples, atemporelles et poétiques. C’est le nid en haut d’un poteau électrique, c’est la queue d’un chat qui disparaît dans les hautes herbes…</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400;">Au final, « </span><i><span style="font-weight: 400;">Drôles d’oiseaux </span></i><span style="font-weight: 400;">» est « </span><i><span style="font-weight: 400;">à la croisée des chemins </span></i><span style="font-weight: 400;">». Tout y est faux, mais tout y est vrai. Même la dame du CDI lui a été inspirée par l’autrice Marie-Aude Murail. Pré-adolescente, Charlie Belin dévorait ses livres – elle affectionne la littérature et a un temps hésité à se lancer en prépa littéraire plutôt qu’en dessin – quand une rencontre a été organisée dans son collège. Une rencontre marquante. Comme celle d’Elie avec cette bibliothécaire qui semble la comprendre.</span></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-6032 aligncenter" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/07/classe-collège-1-1024x576.jpg" alt="classe-collège" width="1024" height="576" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/07/classe-collège-1-1024x576.jpg 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/07/classe-collège-1-540x304.jpg 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/07/classe-collège-1-843x474.jpg 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/07/classe-collège-1-284x160.jpg 284w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></p>
<p style="text-align: center;"><i>Charlie Belin </i><i>© </i></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400;">A l’avenir, Charlie Belin a encore envie d’explorer, le vrai vrai comme le vrai faux. Elle a un projet de long métrage de fiction, mais aussi de court-métrage documentaire et de série hybride. Et ne serait pas contre travailler avec Elise Vray (véridique), une documentariste, et surtout une rencontre. Car c’est comme ça que naissent ces films, de rencontres.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;">************************************************************************************************</p>
<p><b>Filmographie</b></p>
<p><i><span style="font-weight: 400;"><strong>« Drôles d’oiseaux »</strong><br />
</span></i><span style="font-weight: 400;">Réalisé dans le cadre d’un appel à projets de France Télévision, 26 minutes, 2021</span></p>
<p><i><span style="font-weight: 400;"><strong>« Le coin »</strong><br />
</span></i><span style="font-weight: 400;">Adaptation d&#8217;un poème d&#8217;Apollinaire pour la collection</span><i><span style="font-weight: 400;"> « En sortant de l&#8217;école »</span></i></p>
<p><strong><i>« Blanquette »</i></strong><i><span style="font-weight: 400;"><br />
</span></i><span style="font-weight: 400;">Film de fin d&#8217;études de la Poudrière, 4 minutes, 2015 </span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><strong><i>« Casse-pied » </i></strong><i><span style="font-weight: 400;"><br />
</span></i><span style="font-weight: 400;">Les espoirs de l’animation, Canal J 2015</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Film de commande d’une minute pour les 4-6 ans &#8211; Thème « moi et les autres, une curieuse découverte. »</span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><strong><i>« Du monde au balcon »</i></strong><i><span style="font-weight: 400;"><br />
</span></i><span style="font-weight: 400;">Exercice de 30 secondes en partenariat avec la comédie de Valence sur le thème «(no) sex, (no) city» réalisé en 3 semaines à partir d’une bande son imposée, 2014</span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><strong><i>« La baraka » </i></strong><i><span style="font-weight: 400;"><br />
</span></i><span style="font-weight: 400;">Plan séquence d’une minute sur le thème « fenêtre sur le futur », 2014</span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><strong><i>« La Paô »</i></strong><i><span style="font-weight: 400;"><br />
</span></i><span style="font-weight: 400;">Film de fin d’étude de L’EMCA, 9 minutes, 2013</span></p>
<p><i><span style="font-weight: 400;"><strong>« Sans lui »</strong><br />
</span></i><span style="font-weight: 400;">Exercice d&#8217;animation documentaire réalisé à l&#8217;EMCA en partenariat avec le Créadoc </span></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Vergine Keaton – Réalisatrice, par Cheyenne Canaud-Wallays</title>
		<link>https://lesfemmessaniment.fr/vergine-keaton/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[CHATEL Thibaut]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 May 2024 20:18:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://lesfemmessaniment.fr/?p=5979</guid>

					<description><![CDATA[<p>&#160; &#160; Virginie Keaton – Crédit photo ©  *** &#160; Dans ce portrait pour les femmes s&#8217;animent, je pars à la rencontre de Vergine Keaton. Artiste multiprimée, elle est réalisatrice de films&#8230;&#160;<a href="https://lesfemmessaniment.fr/vergine-keaton/" rel="bookmark">Tout lire<span class="screen-reader-text">Vergine Keaton – Réalisatrice, par Cheyenne Canaud-Wallays</span></a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-5983 aligncenter" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/05/vergine_keaton_2-360x540.jpg" alt="vergine_keaton_2" width="360" height="540" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/05/vergine_keaton_2-360x540.jpg 360w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/05/vergine_keaton_2-284x426.jpg 284w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/05/vergine_keaton_2.jpg 591w" sizes="auto, (max-width: 360px) 100vw, 360px" /></p>
<p style="text-align: center;"><i>Virginie Keaton – Crédit photo </i><i>© </i></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-weight: 400;">***</span></p>
<audio class="wp-audio-shortcode" id="audio-5979-1" preload="none" style="width: 100%;" controls="controls"><source type="audio/mpeg" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2026/01/Portrait_VIRGINE-KEATON-1761299303123.mp3?_=1" /><a href="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2026/01/Portrait_VIRGINE-KEATON-1761299303123.mp3">https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2026/01/Portrait_VIRGINE-KEATON-1761299303123.mp3</a></audio>
<p>&nbsp;</p>
<p><i><span style="font-weight: 400;">Dans ce portrait pour les femmes s&#8217;animent, je pars à la rencontre de Vergine Keaton. Artiste multiprimée, elle est réalisatrice de films d&#8217;animation et dans cette discussion, elle va nous parler de son entrée dans l&#8217;art, de son travail bien sûr, de son engagement au sein de la SRF, la société des réalisateurs de films et de sa vision sur la place des femmes dans le monde du cinéma.</span></i></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Vergine Keaton est réalisatrice de films d&#8217;animation. Son travail oscille entre des projets plutôt de cinéma, du court-métrage cinéma et des projets plutôt d&#8217;installation dans les arts visuels, des projets qui peuvent être présentés en galerie, dans des centres d&#8217;art ou dans des installations extérieures. En tout cas, Virginie aime travailler plusieurs formats autour de l&#8217;animation et qui permettent de travailler des narrations ou des mises en place qui sont différentes.</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-weight: 400;">***<br />
</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><span style="font-weight: 400;">CHEYENNE</span><span style="font-weight: 400;"> :  Vergine Keaton alors ça vient d&#8217;où? </span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><span style="font-weight: 400;">VERGINE</span><span style="font-weight: 400;"> : Vergine Keaton c&#8217;est un nom qui est arrivé lorsque j&#8217;ai réalisé mon premier film, « </span><i><span style="font-weight: 400;">Je criais contre la vie, ou pour elle</span></i><span style="font-weight: 400;"> » en 2009 et à cet âge là j&#8217;avais quand même vingt-huit ans, j&#8217;étais graphiste et illustratrice indépendante, je signais mon travail de mon nom civil qui est Violaine Tatéossian et j&#8217;avais envie de faire une différence. Mon travail personnel de création et un travail de commande pour ne pas qu&#8217;on ait l&#8217;impression que je fasse tout et n&#8217;importe quoi.</span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><span style="font-weight: 400;">Donc c&#8217;est venu de là. Et Vergine en fait, c&#8217;est mon prénom arménien. Je m&#8217;appelle Violaine Vergine officiellement et Keaton, c&#8217;était par rapport à Buster Keaton. C&#8217;est mes amis qui m&#8217;appelaient comme ça parce qu&#8217;ils me trouvaient inadapté au quotidien. Et en même temps, ça m&#8217;allait bien parce que Keaton, c&#8217;est un corps qui ne cesse de se frotter à l&#8217;environnement et à ne pas arriver à y rentrer dedans et à se confronter à ça. Je trouvais que c&#8217;était une esthétique qui me convenait aussi assez bien dans mon travail.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><span style="font-weight: 400;">C</span><span style="font-weight: 400;"> : Ton travail, il est très varié. Tu fais des films, tu fais aussi des clips, des installations</span><span style="font-weight: 400;"> : E</span><span style="font-weight: 400;">st-ce que l&#8217;art, ça a toujours été une évidence ?</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">V</span><span style="font-weight: 400;"> : Alors je ne dirais pas que l&#8217;art était une évidence parce que c&#8217;était quelque chose qui était éloigné de mon milieu familial. Donc il était dur de se projeter dans ça. Mais j&#8217;ai toujours eu le goût de vouloir raconter des histoires, en tout cas assez petites. Je crois que je voulais être écrivain, puis j&#8217;ai voulu faire du théâtre et puis après je me suis dirigée plus du côté de l&#8217;image fixe.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">J&#8217;ai fait des études de graphisme, donc c&#8217;était l&#8217;illustration, le graphisme, la peinture et je suis arrivée très tardivement au cinéma parce que je ne le connaissais pas en fait, tout simplement. Et j&#8217;ai découvert le cinéma à dix huit ans en allant faire mes études en ville. Et je crois que c&#8217;est à cet endroit là où je me suis dit : en fait, il y a de l&#8217;image, il y a de la narration et j&#8217;ai envie de raconter des images dans le temps.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400;"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-5989 aligncenter" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/05/3c.jpg" alt="3c" width="709" height="399" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/05/3c.jpg 709w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/05/3c-540x304.jpg 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/05/3c-284x160.jpg 284w" sizes="auto, (max-width: 709px) 100vw, 709px" /></span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-weight: 400;"><i>Virginie Keaton </i><i>© </i> </span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><span style="font-weight: 400;">C</span><span style="font-weight: 400;"> : Justement tes images elles sont très singulières. Pour tes films, tu collectes des documents, des gravures, tu les numérises, tu recomposes, tu animes : Qu&#8217;est ce qui t&#8217;inspires ? </span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><span style="font-weight: 400;">V</span><span style="font-weight: 400;"> : Je crois que la matière première en fait, c&#8217;est l&#8217;image. Avant de me poser la question d&#8217;être artiste ou de ce que j&#8217;allais faire exactement, je crois que j&#8217;avais toujours une fascination de l&#8217;image, c&#8217;est à dire que face à une image, il y a quelque chose qui nous est raconté et on ne sait pas exactement quoi, mais ça peut nous toucher dans des endroits très profonds sans qu&#8217;on sache pourquoi. Et moi je travaille à partir d&#8217;images qui sont souvent populaires ou classique, qui ne sont pas forcément définissables comme étant faites de la main de tel ou tel artiste et qui pourtant ont construit un imaginaire commun, en tout cas pour nous, Européens. Comme dans le mythe ou dans les contes où on a l&#8217;impression que c&#8217;est une histoire très simple qui nous est racontée, qu&#8217;il n&#8217;y a pas beaucoup d&#8217;enjeux, que c&#8217;est une petite narration. Et pourtant on y revient sans arrêt. On a besoin de se faire raconter, on a besoin de les réécrire sans arrêt, parce qu&#8217;on a cette espèce d&#8217;intuition que derrière cette simplicité, il y a une espèce de profondeur qui nous raconterait quelque chose de beaucoup plus secret, qui serait la révélation de ce que c&#8217;est qu&#8217;être humain.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Et du coup, c&#8217;est un peu ce lien là que j&#8217;ai à ces images qui sont toutes faites, qui paraissent être rien, qui paraissent aller de soi et qu&#8217;on peut toujours ouvrir, ré triper, rechercher. Et à l&#8217;intérieur, on y trouve une espèce de secret ou de </span><span style="font-weight: 400;">mystère qu&#8217;on peut redéployer sans arrêt.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-5994 aligncenter" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/05/Tigre_GD_1.jpg" alt="Tigre_GD_1" width="709" height="399" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/05/Tigre_GD_1.jpg 709w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/05/Tigre_GD_1-540x304.jpg 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/05/Tigre_GD_1-284x160.jpg 284w" sizes="auto, (max-width: 709px) 100vw, 709px" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><i>Virginie Keaton </i><i>© </i></p>
<p><span style="font-weight: 400;">C</span><span style="font-weight: 400;"> : </span><span style="font-weight: 400;">Dans tes projets, la musique me paraît toujours très présente : Quelle est sa place dans ton travail ?</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">V : </span><span style="font-weight: 400;">Le lien que j&#8217;ai avec la musique, c&#8217;est une espèce d&#8217;immédiateté : Quand on écoute une musique on a des émotions qui se créent, qui sont parfois très fortes, mais qu&#8217;on n&#8217;interroge pas. On accepte de se laisser porter par quelque chose. Et comme je n&#8217;ai pas appris l&#8217;écriture cinématographique j&#8217;écoute beaucoup de musique quand j&#8217;écris parce que j&#8217;ai l&#8217;impression que ce que je ne sais pas définir, je le trouve dans la musique. Pas d&#8217;un point de vue illustratif, c&#8217;est à dire ce n&#8217;est pas « </span><i><span style="font-weight: 400;">Tiens, je vais écouter cette musique et je vais la coller à mon image pour lui donner cette tonalité..</span></i><span style="font-weight: 400;"> » Mais c&#8217;est plutôt de dire quelle émotion je voudrais qu&#8217;il ressorte. C&#8217;est cette émotion que je ressens là maintenant que je veux.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Et puis il y a déjà du rythme. Il y a déjà des choses justement qui font que la répétition va prendre du sens, parce que c&#8217;est la cinquième fois que tout d&#8217;un coup ça explose ou des choses comme ça. Donc c&#8217;est des constructions assez intuitives qui m&#8217;accompagnent dans l&#8217;écriture en général.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">C </span><span style="font-weight: 400;">: Alors dans tes films, il n&#8217;y a jamais d&#8217;êtres humains. Est ce qu&#8217;il y a une raison à ça ? </span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><span style="font-weight: 400;">V : </span><span style="font-weight: 400;">Alors naturellement, je dirais qu’il n&#8217;y a pas d&#8217;humain parce que j&#8217;ai un lien très fort à la campagne (je viens de la campagne). J’ai toujours trouvé un intérêt très fort dans la dans la roche, dans la nature, dans les animaux, dans des choses qu&#8217;on ne regarde pas.</span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><span style="font-weight: 400;">Aussi, parce que ce qui m&#8217;intéressait dans l&#8217;animation c&#8217;était d&#8217;aller décentrer son regard, d&#8217;aller chercher des choses qui normalement figurent dans le second plan, dans l&#8217;anecdote ou dans le décor. Et qu&#8217;en fait moi, c&#8217;est ça que j&#8217;ai envie d&#8217;aller regarder.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L&#8217;animation permet aussi d’aller atteindre des échelles qui se situent hors de l&#8217;échelle humaine. Ce que ne peut pas faire la caméra par exemple. On peut aller chercher non seulement hors d&#8217;une temporalité humaine, mais hors d&#8217;une vision humaine, l&#8217;infiniment petit, l&#8217;infiniment grand, etc.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Donc c&#8217;est parce que l&#8217;animation à cette capacité à décomposer de manière systématique le temps et le mouvement qu&#8217;on peut aussi aller chercher dans des registres qui sont autres. Et ce décentrement-là, il m&#8217;intéresse énormément. </span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><span style="font-weight: 400;">C</span><span style="font-weight: 400;"> : Est-ce que tu joues un peu avec ça sur le projet sur lequel tu travailles actuellement ? Pour resituer, tu réalises en ce moment ton premier long métrage. C&#8217;est l&#8217;histoire d&#8217;une bataille qui se déroule sur une journée. C&#8217;est ça? </span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><span style="font-weight: 400;">V : </span><span style="font-weight: 400;">Ouai alors là pour le coup je suis vraiment dans un temps et un espace qui est très humain. Mais en fait, pour moi, c&#8217;est la même chose. C&#8217;est à dire que quand je viens déconstruire une montagne pour voir comment elle s&#8217;organise, quand je viens travailler avec des chiens, des cerfs et des oiseaux qui se courent les uns après les autres ce qui m&#8217;intéresse en soi, c&#8217;est comment des entités a priori opposées ou contradictoires, ou en tout cas différentes, s&#8217;organisent entre elles pour créer un monde qui est pris dans un même mouvement. Grosso modo, c&#8217;est ça l&#8217;histoire dans tous mes films. </span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><span style="font-weight: 400;">Et là c&#8217;est la même chose, mais dans le lieu d&#8217;une bataille.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">C&#8217;est à dire qu’une bataille, c&#8217;est un espace unique, un temps unique avec toutes les catégories sociales qui sont présentées et qui doit faire une action absolument absurde. Et comment, au milieu de ce temps-là, de cette action-là, chacun va réagir et va s&#8217;organiser.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400;"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-5986 aligncenter" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/05/22-1024x605.jpg" alt="22" width="1024" height="605" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/05/22-1024x605.jpg 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/05/22-540x319.jpg 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/05/22-843x498.jpg 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/05/22-284x168.jpg 284w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/05/22.jpg 1240w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></span></p>
<p style="text-align: center;"><i>Virginie Keaton </i><i>© </i></p>
<p><span style="font-weight: 400;">C</span><span style="font-weight: 400;"> : D&#8217;accord. Et qu&#8217;est ce qui t&#8217;a inspiré pour cette idée de long métrage ?</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">V : </span><span style="font-weight: 400;">C&#8217;est vraiment par hasard. Parce que le milieu de la bataille, du médiéval et des chevaliers, a priori, c&#8217;est très loin de mon univers. Si on m&#8217;avait dit il y a quelques années que je ferai un film sur une bataille avec des chevaliers, j&#8217;aurais dit « </span><i><span style="font-weight: 400;">mais non, pas du tout »</span></i><span style="font-weight: 400;">.</span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><span style="font-weight: 400;">J’étais assez étonnée moi-même. En fait, je suis tombée sur un livre de Jean Giono et il a écrit un livre qui s&#8217;appelle « </span><i><span style="font-weight: 400;">Le désastre de Pavie</span></i><span style="font-weight: 400;"> », qui est en fait un essai historique sur une bataille en particulier, qui a eu lieu en mille cinq cent vingt cinq entre François Ier et Charles Quint en Italie.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Il décortique toute cette bataille dans sa mécanique et aussi dans ses dimensions politiques. Et c&#8217;est là où j&#8217;ai trouvé que c&#8217;était assez fantastique. Parce que justement, c&#8217;était à un moment où de manière exacerbée se jouaient toutes les relations humaines dans un moment très particulier, qui est ce lieu de la bataille, avec, encore une fois, toutes les fonctions sociales qui sont présentées.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En fait, mon film c&#8217;est un film sur le pouvoir. C&#8217;est de dire : Qui a quelque chose à gagner dans cette bataille ? C&#8217;est une poignée de personnes qui s&#8217;appellent des chevaliers qui ont un titre de naissance, c&#8217;est à dire que ils n&#8217;ont rien fait pour avoir cette importance. On a décidé que de fait, par leur naissance, c&#8217;était les gens les plus importants du monde et eux-mêmes en sont convaincus, quelle que soit la vérité. Quoi qui se passe devant leurs yeux, ils ont raison contre tout le monde et pour ça ils embarquent tout un tas de gens qui eux, non seulement n&#8217;ont rien à gagner, mais en plus ne sont pas du tout équipés. Donc vont mourir éventuellement. On embarque tout le monde dans cette histoire et on essaie de faire croire que ça a du sens parce que ça a une valeur pour la France, pour la nation. Evidemment que ce film il est politique et il a des échos avec des choses qui se passent aujourd&#8217;hui sur ce désir de pouvoir, sur une élite qui est parfois incompétente ou inconséquente et qui embarque tout le monde en faisant croire qu&#8217;il y a une mission plus large dont en fait ils seront les seuls bénéficiaires. Et comment est-ce qu&#8217;on sacrifie de la chair à canon qu&#8217;on estime être moins humaine, moins valable que soi ? </span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-5987 aligncenter" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/05/8-1024x605.jpg" alt="8" width="1024" height="605" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/05/8-1024x605.jpg 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/05/8-540x319.jpg 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/05/8-843x498.jpg 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/05/8-284x168.jpg 284w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/05/8.jpg 1240w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-5996 aligncenter" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/05/23-1-1024x605.jpg" alt="23" width="1024" height="605" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/05/23-1-1024x605.jpg 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/05/23-1-540x319.jpg 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/05/23-1-843x498.jpg 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/05/23-1-284x168.jpg 284w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/05/23-1.jpg 1240w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></p>
<p style="text-align: center;"><i>Virginie Keaton </i><i>© </i></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400;">C</span><span style="font-weight: 400;"> : On va s&#8217;éloigner un peu du côté artistique :  </span><span style="font-weight: 400;">En 2020 tu co-présides la SRF, la Société des réalisateurs de films, est-ce que tu peux nous parler de cet engagement </span><span style="font-weight: 400;">? </span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><span style="font-weight: 400;">V :</span><span style="font-weight: 400;"> La SRF c&#8217;est un collectif de cinéastes qui a été créé en soixante-huit par les gens de la nouvelle vague. C&#8217;est vraiment un lieu de réalisateurs plutôt indépendant, plutôt auteur. Mais le spectre est très large. Il y a aussi bien des gens comme Klapisch, Bertrand Bonello, Jacques Audiard, qui font partie de la SRF que des personnes comme moi qui ont un cinéma de court métrage expérimental par exemple. La question principale qui nous anime, c&#8217;est comment on fait du cinéma indépendant, c&#8217;est à dire qui raconte des récits particuliers, singuliers et comment on continue à avoir la possibilité de les produire, de les diffuser, de les montrer et comment on conserve cette pluralité du cinéma.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Mon désir d&#8217;abord, ça a été de d&#8217;aller dans une association qui parlait du cinéma en général, parce que il me semblait qu’en animation, on avait du mal à se placer du côté du cinéma et que le cinéma avait du mal à le considérer comme étant à sa hauteur. Evidemment, c&#8217;est hyper important qu&#8217;il y ait des assos comme l’AFCA, comme les Femmes s&#8217;Animent, ou comme l&#8217;AGRAF qui parle de cinéma d&#8217;animation en particulier, mais je me disais qu&#8217;il fallait aussi aller dans le cinéma en disant je viens parler de cinéma et pas d&#8217;animation. Ca me paraissait hyper important de se placer à cet endroit-là. Et donc l&#8217;idée c&#8217;était de monter un une délégation d&#8217;animation à la SRF. Aujourd&#8217;hui, c&#8217;est Agnès Patron qui est qui s&#8217;occupe de cette délégation. Donc petit à petit on a monté un groupe et je pense que c&#8217;est hyper intéressant de se dire attention, on fait de l&#8217;animation, mais notre désir premier, c&#8217;est de faire du cinéma comme tout le monde. Et par contre en effet, on a besoin d&#8217;expliquer qu&#8217;il y a une spécificité, ne serait-ce que dans la fabrication de l&#8217;animation. Parfois il y a des critères au CNC ou dans les régions qui ne prennent pas en compte cette spécificité et du coup, on a du mal à avancer à certains endroits parce qu&#8217;on doit subir des critères qui n&#8217;ont pas été faits pour nous, ça n&#8217;a pas été fait contre nous mais si on ne fait pas remonter l&#8217;info de la particularité de notre travail, on ne peut pas réajuster. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">C </span><span style="font-weight: 400;">: Toi comment tu perçois le milieu du cinéma : est-ce que c&#8217;est un milieu qui est genré ? sexiste ?</span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><span style="font-weight: 400;">V : </span><span style="font-weight: 400;">Alors le monde du cinéma est forcément sexiste comme l&#8217;est la société d&#8217;une manière générale, et il l&#8217;est peut-être encore plus à certains endroits parce que c&#8217;est un lieu de pouvoir, le cinéma. C&#8217;est un lieu qui est sexiste et qui est genré à l&#8217;image de la société. Il s&#8217;agit d&#8217;être attentif. Judith Godrèche le dit très bien, le problème c&#8217;est que le cinéma délivre des récits et des imaginaires qui deviennent ensuite communs à chacun. Donc c&#8217;est d&#8217;autant plus dangereux qu&#8217;ils soient sexistes parce qu’ensuite, on se met à croire que les jeunes femmes aiment les hommes plus âgés, même si certaines peuvent les aimer, il n&#8217;y a pas de souci avec cette idée là, mais tout d&#8217;un coup, on construit un imaginaire général, quelque chose qu&#8217;on croit être une vérité.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Mais l&#8217;expérience du film d&#8217;animation et du film je pense que c&#8217;est un peu différent parce que justement, il n&#8217;y a pas d&#8217;acteur, il n&#8217;y a pas d&#8217;actrice. Peut être je me trompe, mais j&#8217;ai l&#8217;impression que la hiérarchie ne fonctionne pas tout à fait de la même manière dans les films d&#8217;animation parce que même quand on est réalisateur-ice, on est un quelqu&#8217;un-e qui travaille aussi, qui est besogneux, qui travaille de manière laborieuse avec ses équipes.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Donc j&#8217;ai l&#8217;impression que la hiérarchie dans les équipes d&#8217;animation est moins violente ou marquée que sur un plateau de tournage.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400;"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-6006 aligncenter" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/05/VQEI_7-1-1024x466.jpg" alt="VQEI_7" width="1024" height="466" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/05/VQEI_7-1-1024x466.jpg 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/05/VQEI_7-1-540x246.jpg 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/05/VQEI_7-1-843x383.jpg 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/05/VQEI_7-1-284x129.jpg 284w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/05/VQEI_7-1.jpg 1594w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></span></p>
<p style="text-align: center;"><i>Virginie Keaton </i><i>© </i></p>
<p><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><span style="font-weight: 400;">C : </span><span style="font-weight: 400;">Et toi est-ce que t&#8217;as déjà eu le sentiment d&#8217;être bridée ou dévalorisée dans ton travail et ou dans tes opportunités parce que t&#8217;es une femme? </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">V : </span><span style="font-weight: 400;">Alors déjà, je pense que la première chose qui vient plutôt me brider ou me dévaloriser c&#8217;est qu’avant même d&#8217;avoir atteint le statut d&#8217;être une femme, c&#8217;est que je fais des films expérimentaux et sans parole. Donc on n&#8217;a même pas le temps de me dire « </span><i><span style="font-weight: 400;">Vous êtes sûr que vous allez y arriver ? Vous êtes une femme » </span></i><span style="font-weight: 400;">qu’on est d&#8217;abord à « </span><i><span style="font-weight: 400;">Vous êtes sûr que vous allez y arriver à animer des montagnes qui racontent rien pendant dix minutes ? </span></i><span style="font-weight: 400;">». Donc c&#8217;est une première barrière à passer. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Par contre, il y a deux choses qui me viennent en tête, c&#8217;est que déjà en animation, si on regarde le court métrage quel que soit le genre du court métrage, que ce soit des films très grand public ou que ce soit plus expérimental il y a beaucoup, beaucoup de femmes qui sont réalisatrices de courts métrages. Et puis quand on passe au long métrage d&#8217;animation, il n&#8217;y a quasiment plus de femmes. Donc oui, il y a quand même une limite : c&#8217;est quand il y a de l&#8217;argent. Dès que ça devient sérieux, ils se disent  « </span><i><span style="font-weight: 400;">est-ce qu&#8217;elle aura les épaules</span></i><span style="font-weight: 400;"> ». </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L&#8217;autre chose, c&#8217;est que je pense qu&#8217;on est beaucoup de femmes à se dévaloriser nous-même. Même si j&#8217;ai l&#8217;impression d&#8217;être féministe et que je n&#8217;ai pas attendu toutes ces choses pour me poser ces questions-là, je me rends compte que je dois me battre contre moi même de temps en temps. Quand je suis en présence d&#8217;hommes, même s&#8217;ils ne sont pas autoritaires, même s&#8217;ils ne vont pas forcément m&#8217;imposer quelque chose si un homme me dit que je devrais faire autrement, je vais y accorder plus d&#8217;importance en me disant « </span><i><span style="font-weight: 400;">sans doute je me trompe, il doit mieux savoir que moi</span></i><span style="font-weight: 400;"> » et donc ça, c&#8217;est des choses qu&#8217;on doit déconstruire. </span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><span style="font-weight: 400;">Je pense qu&#8217;il y a aussi beaucoup de femmes qui ne font pas des films non pas parce qu&#8217;elles n&#8217;en ont pas les capacités, mais aussi parce qu&#8217;elles n&#8217;y vont pas.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les femmes se sentent souvent moins légitimes à oser faire quelque chose. Donc ça, c&#8217;est des choses aussi qu&#8217;il faut qu&#8217;on arrive collectivement changer. </span><span style="font-weight: 400;">C : </span><span style="font-weight: 400;">Ouais, mais en tout cas, je trouve que ça bouge quand même pas mal dans ce sens là, dans les discussions et avec les différents groupes et collectifs qui se créent, ça participe à faire évoluer les discours, les mentalités, c&#8217;est assez encourageant, je trouve. </span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><span style="font-weight: 400;">V : </span><span style="font-weight: 400;">Moi je trouve ça hyper encourageant. Tu vois par exemple j&#8217;enseigne aux Arts déco. Les étudiantes que j&#8217;ai, elles m&#8217;impressionnent. Moi, ça me rassure sur l&#8217;avenir en fait, parce qu’elles sont beaucoup plus combatives qu&#8217;on n&#8217;a pu l&#8217;être, même si, encore une fois, on ne s&#8217;en rendait pas compte. C&#8217;est à dire que, à mon avis, il y avait une espèce d&#8217;acceptation malgré nous et inconsciente de se dire qu&#8217;on était peut-être moins à la hauteur, quoi. Sans preuve particulière tu vois, mais on arrivait à se laisser croire ça. </span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><span style="font-weight: 400;">C </span><span style="font-weight: 400;">: Parce qu&#8217;on avait peut-être moins de modèles aussi ? </span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><span style="font-weight: 400;">V : </span><span style="font-weight: 400;">Oui bien sûr. Puis c&#8217;est dur de venir déconstruire tout ça dans sa tête. En effet quand t&#8217;as pas de modèle, c&#8217;est dur de te projeter dans quelque chose qui n&#8217;existe pas. Mais je pense que c&#8217;est des choses qui vont évoluer très fortement, très rapidement.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">C : </span><span style="font-weight: 400;">Et alors quels conseils toi tu donnerais à une jeune femme qui voudrait devenir réalisatrice ou rentrer dans le milieu de la création ? </span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><span style="font-weight: 400;">V : </span><span style="font-weight: 400;">Alors je ne sais pas si je pourrais donner des conseils, parce qu&#8217;en plus, je ne sais pas si je suis un exemple mais je crois qu&#8217;il faut qu&#8217;on soit tous un peu punk, punk dans le sens d’aller là où a priori, on ne doit pas aller. Il y a toutes les raisons du monde de ne pas faire un film parce que ça fait peur, parce qu’on ne sait pas si ça va marcher, si on en a la capacité ou si on est légitime.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Je pense qu’il faut essayer de se dire « </span><i><span style="font-weight: 400;">J&#8217;y vais</span></i><span style="font-weight: 400;"> » et le pire du pire qui puisse arriver c&#8217;est que ça ne marche pas ou que ça ne soit pas fou. Il faut faire et ce n&#8217;est pas grave de rater certaines choses parce qu&#8217;on en fera d&#8217;autres derrière. Mais il faut faire, il faut faire sans peur et sans reproche. Comme le chevalier Bayard, même si on ne l&#8217;aime pas lui.</span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><span style="font-weight: 400;">C : </span><span style="font-weight: 400;">Merci beaucoup Vergine !</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-5998 aligncenter" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/05/timesquare-2-1024x683.jpg" alt="timesquare" width="1024" height="683" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/05/timesquare-2-1024x683.jpg 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/05/timesquare-2-540x360.jpg 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/05/timesquare-2-843x563.jpg 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/05/timesquare-2-284x190.jpg 284w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><i>Virginie Keaton </i><i>© </i></p>
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		<item>
		<title>Annick Teninge &#038; Laurent Pouvaret – La Poudrière, par Sophie Caron</title>
		<link>https://lesfemmessaniment.fr/annick-teninge-laurent-pouvaret-poudriere/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[CHATEL Thibaut]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Apr 2024 16:23:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>&#160; Annick Teninge par © François Bertin &#160; &#8212; Annick Teninge dirige l’école de cinéma d’animation La Poudrière, à Valence dans la Drôme depuis 20 ans et Laurent Pouvaret encadre&#8230;&#160;<a href="https://lesfemmessaniment.fr/annick-teninge-laurent-pouvaret-poudriere/" rel="bookmark">Tout lire<span class="screen-reader-text">Annick Teninge &#038; Laurent Pouvaret – La Poudrière, par Sophie Caron</span></a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-5958 aligncenter" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/04/François-Bertin-Dessin-Annick-Francois-3-2-442x540.jpg" alt="François Bertin-Dessin Annick Francois 3" width="442" height="540" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/04/François-Bertin-Dessin-Annick-Francois-3-2-442x540.jpg 442w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/04/François-Bertin-Dessin-Annick-Francois-3-2-838x1024.jpg 838w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/04/François-Bertin-Dessin-Annick-Francois-3-2-843x1030.jpg 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/04/François-Bertin-Dessin-Annick-Francois-3-2-284x347.jpg 284w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/04/François-Bertin-Dessin-Annick-Francois-3-2.jpg 967w" sizes="auto, (max-width: 442px) 100vw, 442px" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><em>Annick Teninge</em> par<br />
© François Bertin</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;">&#8212;</p>
<p><span style="font-weight: 400;">Annick Teninge dirige l’école de cinéma d’animation La Poudrière, à Valence dans la Drôme depuis 20 ans et Laurent Pouvaret encadre en tant que directeur des études la formation des étudiants depuis l’origine en 2000.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Quand nous avons proposé à Annick de l&#8217;interviewer pour la série de portraits de l&#8217;association &#8220;Les Femmes s&#8217;Animent&#8221;, elle a tout de suite suggéré que l’interview se fasse avec Laurent car leur travail à la Poudrière est indissociable : les 23 promotions de réalisatrices et réalisateurs sorties de l’école en témoignent, c’est un duo de choc !</span></p>
<p style="text-align: center;">&#8212;</p>
<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-5959 aligncenter" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/04/Dessin-Reza-1-1-1-540x372.jpg" alt="Dessin Reza 1-1" width="540" height="372" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/04/Dessin-Reza-1-1-1-540x372.jpg 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/04/Dessin-Reza-1-1-1-1024x705.jpg 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/04/Dessin-Reza-1-1-1-843x581.jpg 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/04/Dessin-Reza-1-1-1-284x196.jpg 284w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/04/Dessin-Reza-1-1-1.jpg 1167w" sizes="auto, (max-width: 540px) 100vw, 540px" /></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-weight: 400;"><em>Laurent Pouvaret</em> par<br />
</span><span style="font-weight: 400;">© Reza Riahi</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h4><b><i>Sophie Caron (S:) Pouvez-vous décrire La Poudrière juste en quelques lignes ? … et vos parcours ?</i></b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;"><em>Annick (A:)</em> L’École propose une spécialisation en réalisation de films d’animation. C’est une </span><span style="font-weight: 400;">école de cinéma qui permet de concevoir et de réaliser des films d’animation. </span><span style="font-weight: 400;">Elle s’adresse à des personnes qui ont déjà</span> <span style="font-weight: 400;">des bases techniques en animation, et une certaine maturité; ce que demande le métier de réalisateur ou de réalisatrice. Il n’y a pas de prérequis en termes de diplômes. Ce qui compte, c’est la personnalité artistique et la motivation.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;"><em>Laurent (L:)</em> J’avais travaillé 10 ans chez Folimage et j’étais en résidence à la Casa Velázquez en tant qu’artiste réalisateur quand Jacque-Rémy Girerd m’a appelé pour me parler de son projet de créer une vraie école de cinéma d’animation, sur le mode du compagnonnage. J’ai tout de suite accepté car c’était ce qui m’avait manqué quand j’étais moi-même sorti de l’école. Une école qui permettrait d’expérimenter tous les aspects de la réalisation, y compris le montage, la direction d’acteurs…. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">A : Au départ, je ne pensais pas forcément travailler dans le secteur de l’animation. J’étais intéressée par la culture et par l’international. J’ai découvert l’animation à Annecy où j’ai été adjointe au directeur du Festival. J’ai eu la chance d’arriver au moment où le festival se préparait à célébrer ses 30 ans avec les plus grands auteurs d’animation. J’ai pu découvrir des auteurs et des réalisations extraordinaires (Yuri Norstein, Igor Kovalyov, Koji Yamamura, Paul Driessen, Phil Mulloy, …) qui ont forgé ma culture de l’animation ; quel plaisir de s’initier à l’animation au travers de ces œuvres ! </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Quand je suis partie aux USA pour travailler pour Animation World Network, site ressource pour l’animation, au tout début d’Internet, j’ai découvert un autre aspect de l’animation, une autre façon d’aborder les films. C’était bien d’avoir les deux visions.  </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L’École existait depuis deux ans quand, grâce à Jacques-Rémy Girerd, j’ai rencontré Isabelle Ilzière, première directrice de l’école, et Laurent… et ça fait 23 ans ! </span></p>
<h4></h4>
<h4><b><i>S: Et tu t’es mise à faire de la production </i></b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">A : Oui, la production des films d’étudiant.es et aussi leur diffusion. Mais ce qui m’a plus dès le début, c’était cette idée de </span><span style="font-weight: 400;">« compagnonnage » et de transmission. </span></p>
<h4></h4>
<h4><b><i>S Et tous les deux, comment travaillez-vous ensemble ?</i></b></h4>
<p>L : C’est très simple, Annick trouve l’argent et moi je le dépense !</p>
<p><span style="font-weight: 400;">A : Oui c’est vrai, je trouve les moyens de rendre cette école accessible financièrement, avec une diversité sociale et culturelle…</span> <span style="font-weight: 400;"> </span><span style="font-weight: 400;">Avec Laurent, on travaille ensemble sur toutes les grandes étapes : du recrutement jusqu’au film de fin d’études. Laurent conçoit le programme pédagogique et accompagne les étudiant.es au quotidien ; et moi, j’ai un regard plus extérieur, celui du premier spectateur !</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-5955 aligncenter" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/04/Capture-d’écran-2024-04-29-à-18.44.28-1-1024x612.png" alt="Capture d’écran 2024-04-29 à 18.44.28" width="1024" height="612" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/04/Capture-d’écran-2024-04-29-à-18.44.28-1-1024x612.png 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/04/Capture-d’écran-2024-04-29-à-18.44.28-1-540x323.png 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/04/Capture-d’écran-2024-04-29-à-18.44.28-1-843x504.png 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/04/Capture-d’écran-2024-04-29-à-18.44.28-1-284x170.png 284w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-weight: 400;">© Mohammad Babakoohi</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<h4><b><i>S : Vous êtes très complémentaires et complices ! </i></b></h4>
<p>L : L’enseignement repose aussi sur l’intervention d’intervenant.es professionnel.les extérieur.es, nous en avons plus de 80 par an, c’est l’équivalent d’un temps plein. Ils interviennent sur tous les métiers : storyboardeur.se, réalisateur-ice, monteur.se, compositeur.rice, producteur-ice, éditeur-ice, diffuseur… et ça permet d’avoir des points de vue très différents.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h4><b><i>S : Est-ce que vous pensez que La Poudrière est spéciale et pourquoi ? </i></b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">L :  Les étudiant.es vont progressivement prendre conscience de toutes les dimensions d’un film d’animation, une vision globale qu’ils n’avaient pas forcément avant car chacun arrive avec un bagage assez spécialisé. Certes, il y a de l’artistique mais ils.elles doivent aussi prendre conscience de la responsabilité du réalisateur en termes financiers et de gestion d’équipe, et vis à vis du public.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">A : Les nombreux exercices et les projets, toujours réalisés dans un cadre donné, représentent de multiples occasions pour se tester et pour s’aguerrir, et sont sources de création. Ils.elles expérimentent plein de choses différentes, pensent et écrivent des projets en ayant toujours en tête de comment les mettre en scène. La charge de travail est importante, il faut qu’il y ait une exigence dans chaque étape du film. Cela leur permet d’acquérir un socle de savoir-faire sur lequel ils.elles pourront s’appuyer lors de leurs futures réalisations ; et aussi de comprendre le rôle de chacun dans une équipe. C’est essentiel pour diriger un film. </span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-5965 aligncenter" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/04/Dessin-Reza-4-1.jpg" alt="Dessin Reza 4-1" width="804" height="591" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/04/Dessin-Reza-4-1.jpg 804w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/04/Dessin-Reza-4-1-540x397.jpg 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/04/Dessin-Reza-4-1-546x400.jpg 546w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/04/Dessin-Reza-4-1-284x209.jpg 284w" sizes="auto, (max-width: 804px) 100vw, 804px" /></p>
<p style="text-align: center;">© Reza Riahi</p>
<h4></h4>
<h4><b><i>S : Avez-vous beaucoup changé votre façon d’enseigner depuis 20 ans ? </i></b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">L : Il n’y a pas tant de choses qui changent si ce n’est l’éventail de professionnel.les qui interviennent. Au départ, on voulait tout faire et tout proposer. Ça partait sans doute un peu dans tous les sens. Je dirais que l’on a trouvé notre équilibre en 2005-2006, avec la promo 6 : on a alors compris à la fois comment aborder plus en profondeur la narration et les moyens de la traduire visuellement. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">A : On a aussi développé les exercices autour de la série au fil des années ; au début, les étudiant.es ne s’intéressaient qu’aux courts métrages, maintenant ils.elles se rendent compte que la série ouvre un vaste champ de possibles, y compris quand c’est une adaptation, avec une grande créativité dans la combinaison des personnages et des situations. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Aujourd’hui, l’École est très internationale, avec chaque année des étudiant-es qui viennent du monde entier, ça crée forcément une grande richesse et une forte émulation.  </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L : on a fait aussi émerger beaucoup de talents féminins. Mais déjà la promo 4 était essentiellement composée de filles. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">A :  Il n’existe pas de « quota », la parité et même plus, s’est toujours faite assez naturellement, mais ce n’est pas ce que l’on regarde en premier. </span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h4><b><i>S : Pouvez- vous nous parler du recrutement ?<br />
</i></b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">A : On reçoit une centaine de dossiers C’est un long processus, qui s’étale sur deux mois et des professionnel.les extérieur.es participent à la phase finale et aux entretiens avec les candidat.es présélectionné.es </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L : C’est le moment clé, où l’on a un vrai échange. </span></p>
<p>A: Évidemment, on n’a pas toujours la même sensibilité artistique. Mais le plus important, c’est de découvrir une personnalité, et de mesurer si la personne en face de nous a vraiment envie de faire cette école en particulier. Ce n’est pas toujours facile à percevoir&#8230;</p>
<p><span style="font-weight: 400;">L : On regarde si les candidat.es ont vraiment envie de réaliser, s’ils.elles prennent la mesure de ce que cela veut dire de réaliser en animation. Ils ou elles n’en ont pas toujours conscience ! C’est un métier très engageant, il faut aussi avoir envie de communiquer et de « diriger » une équipe, alors que jusqu’ici, ils ou elles ont souvent eu des parcours assez « solitaires ». Parfois certain-nes se rendent compte qu’ils.elles veulent juste rester animateur.ice ! </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L’école est à la fois professionnalisante et expérimentale. Je me rappelle une étudiante qui m’avait dit : </span><i><span style="font-weight: 400;">« J’ai été choquée le jour de la rentrée d’apprendre ce qu’était vraiment le métier de réalisateur »</span></i><span style="font-weight: 400;">  </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">A :  Les intervenant.es aussi leur parlent des contraintes : il faut être capable d’ajuster son projet artistique par rapport à un cadre de production… </span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h4><b><i>S : Vous recrutez des étudiant.es mais aussi toute une promo ? </i></b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">L : oui tout à fait, une promo, ça se bâtit. Au moment des entretiens, on essaie aussi de voir ce que chaque personne peut apporter au groupe, de créer une synergie entre eux. </span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-5966 aligncenter" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/04/full-house1-1024x362.jpg" alt="full house1" width="1024" height="362" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/04/full-house1-1024x362.jpg 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/04/full-house1-540x191.jpg 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/04/full-house1-843x298.jpg 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/04/full-house1-284x100.jpg 284w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" />©  Katia Mikheeva</p>
<h4><b><i>S : C’est un vrai talent de dénicher des talents ! </i></b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">A : on doit rester vigilants : on s’adresse souvent à des gens qui ont déjà un parcours : Est-ce qu’ils sont dans une démarche d’apprentissage ? Avec une forme d’humilité ?  De sincérité ? Au fil des années, on a appris à les décrypter un peu mieux, mais ça reste toujours une aventure. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ce que l’on souhaite, c’est offrir cette opportunité que représentent ces deux années d’études à la Poudrière à la bonne personne, au bon moment. </span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h4><b><i>S : quelle évolution notez-vous dans chez les étudiant.es que vous rencontrez et que vous recrutez ? </i></b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">L : Quand on a commencé, il existait peut-être 3, 4 écoles dans notre secteur ; depuis, ça s’est multiplié. Aujourd’hui, nos étudiant.es ont des parcours de formation très poussés, on a plus d’autodidactes. Ils.elles arrivent avec un parcours souvent très « pensé » et « planifié » : </span><i><span style="font-weight: 400;">j’ai fait ça, puis ça pour venir à la Poudrière ensuite… </span></i></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ils.elles sont très au fait des dernières techniques, des logiciels, de ce qui se fait… et c’est bien, car on peut rester centrés sur les enjeux de réalisation, et renforcer certains aspects comme la direction d’acteur par exemple. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">A : Je suis frappée par l’évolution de la culture de l’animation : aujourd’hui, c’est impossible de connaître tout ce qui se fait en animation, c’est tellement riche et cosmopolite… c’est une masse que les étudiant-es ne peuvent pas appréhender dans sa totalité. Il n’y a pas de culture commune. Que leur montrer en priorité ? On leur parle de « nos » classiques dans le court métrage, et même si aujourd’hui, ils.elles sont plus tourné.es vers les séries et les longs métrages, ils.elles sont ravi.es de découvrir tout cela. </span><span style="font-weight: 400;">Et on les emmène chaque semaine au cinéma ou au théâtre. Récemment, ils.elles ont adoré “Les feuilles mortes” de Kaurimaski. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Après 23 promotions, ils.elles ont aussi l’exemple « des ancien.nes » qui reviennent en tant qu’intervenant.es comme Osman Cerfon, Pauline Pinson, Benjamin Renner, Rémi Chayé… Les ancien.nes connaissent bien le rythme de l’école, tout ce par quoi les étudiant.es passent, il y a un réel attachement à l’école. </span></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-5968 aligncenter" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/04/Benjamin-Renner.jpg" alt="Benjamin Renner" width="960" height="960" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/04/Benjamin-Renner.jpg 960w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/04/Benjamin-Renner-150x150.jpg 150w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/04/Benjamin-Renner-540x540.jpg 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/04/Benjamin-Renner-240x240.jpg 240w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/04/Benjamin-Renner-843x843.jpg 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/04/Benjamin-Renner-285x285.jpg 285w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/04/Benjamin-Renner-284x284.jpg 284w" sizes="auto, (max-width: 960px) 100vw, 960px" /></p>
<p style="text-align: center;">© Benjamin Renner</p>
<h4><b><i>S : On sent toujours la même énergie et la même passion chez vous deux ! </i></b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">A : Oui. Je trouve que ce concept d’école est toujours aussi génial aujourd’hui même si ce n’est pas facile tous les jours : nouvelles normes, financements à trouver etc. Mais ça nous renforce dans notre « militantisme », pour nous, ce type d’école doit exister !  Et on a une très forte reconnaissance professionnelle, c’est très encourageant et ça donne de la force pour continuer à convaincre. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L :  oui c’est une chance incroyable de côtoyer des étudiant-es et de les voir évoluer, ça apporte une énergie. En plus, l’école est située dans un cadre exceptionnel, et à proximité des festivals d’Annecy et Clermont Ferrand…</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h4><b><i>S : Et je ne peux pas terminer sans vous poser une question sur la place des femmes dans l’animation, la Poudrière a été précurseuse ! </i></b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">A : On est centré sur la personnalité artistique et dès le début, les femmes qui sont passées par La Poudrière ont su défendre leurs projets, avec parfois des envies de raconter différemment. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L : Plusieurs de nos étudiantes « des débuts » ont réalisé des séries pour la télévision : Chloé Miller avec « Angelo la débrouille », Emilie Sengelin avec « Ariol », Pauline Pinson et Dewy Noiry avec « Michel » ….  </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">A : C’est vrai que les filles ont percé assez tôt dans la série. Aujourd’hui, elles abordent des sujets différents comme la sororité avec une manière qui leur est propre, c’est souvent plus vivant que revendicatif. Ou alors des sujets du quotidien…</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-weight: 400;">—&#8212;&#8212;&#8212;</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La Poudrière est devenue en 20 ans une sorte de « graal » pour celles et ceux qui souhaitent travailler dans le secteur de l’animation mais elle garde son côté simple, artisanal et authentique, c’est sans doute sa plus grande réussite et la personnalité d’Annick et Laurent n’y est pas étrangère. </span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-5956 aligncenter" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/04/Dessin-15-ans-Charlie-1-1024x576.jpg" alt="Dessin-15 ans-Charlie 1" width="1024" height="576" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/04/Dessin-15-ans-Charlie-1-1024x576.jpg 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/04/Dessin-15-ans-Charlie-1-540x304.jpg 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/04/Dessin-15-ans-Charlie-1-843x474.jpg 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/04/Dessin-15-ans-Charlie-1-284x160.jpg 284w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></p>
<p style="text-align: center;"> © Charlie Belin</p>
<p>&nbsp;</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Stéphanie Clément – Réalisatrice, par Delphine Nicolini</title>
		<link>https://lesfemmessaniment.fr/stephanie-clement-realisatrice/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[CHATEL Thibaut]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Mar 2024 12:02:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Ressources]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>&#160; &#160; *** Au lendemain de la cérémonie des Oscars 2024, nous vous proposons le portrait de Stéphanie Clément. En lice pour la catégorie court-métrage d&#8217;Animation du prestigieux festival, cette réalisatrice&#8230;&#160;<a href="https://lesfemmessaniment.fr/stephanie-clement-realisatrice/" rel="bookmark">Tout lire<span class="screen-reader-text">Stéphanie Clément – Réalisatrice, par Delphine Nicolini</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-5818" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/03/Stephanie_Clement-Photo.jpg" alt="Stephanie_Clement-Photo" width="678" height="678" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/03/Stephanie_Clement-Photo.jpg 678w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/03/Stephanie_Clement-Photo-150x150.jpg 150w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/03/Stephanie_Clement-Photo-540x540.jpg 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/03/Stephanie_Clement-Photo-240x240.jpg 240w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/03/Stephanie_Clement-Photo-285x285.jpg 285w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/03/Stephanie_Clement-Photo-284x284.jpg 284w" sizes="auto, (max-width: 678px) 100vw, 678px" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;">***</p>
<p>Au lendemain de la cérémonie des Oscars 2024, nous vous proposons le portrait de Stéphanie Clément. En lice pour la catégorie court-métrage d&#8217;Animation du prestigieux festival, cette réalisatrice française sort de son grand chelem de prix et de nominations sans la fameuse statuette. Qu&#8217;à cela ne tienne! Aujourd&#8217;hui, Stéphanie revient avec LFA sur son parcours ainsi que sur ses très beaux projets à venir !</p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les oscars ? Vous avez bien dit les Oscars ? </span><span style="font-weight: 400;">Pour un premier court-métrage professionnel, quelle reconnaissance !<br />
</span><span style="font-weight: 400;">Quand je rencontre Stéphanie Clément, elle se prépare pour partir à Los Angeles et n’en revient toujours pas, même si “Pachyderme” a enchaîné les sélections et les récompenses. </span>Nous nous retrouvons dans un café, son café comme elle dit. Elle me prévient qu’elle n’est pas à l’aise avec les mots et pourtant, je découvre une jeune femme qui se livre et me raconte sa vie en riant !</p>
<p style="text-align: center;">***</p>
<p><span style="font-weight: 400;">Petite, Stéphanie dessinait beaucoup. Plutôt solitaire, </span><span style="font-weight: 400;">les dessins lui permettaient de rendre réel le monde imaginaire dans lequel elle se réfugiait souvent. </span>Au collège, sa prof d’arts plastiques, Madame Cadillac, repère son appétence pour le dessin et la pousse dans cette voie. Stéphanie suit alors un atelier le mercredi matin avec elle, découvre de nombreuses techniques et se sent l’envie d’aller plus loin. Madame Cadillac réussit à convaincre ses parents de l’envoyer à Marseille en internat pour passer un Bac Arts appliqués. Pour cette famille très soudée, il n&#8217;est pas simple de la laisser partir. Mais à Istres, où ils vivent, aucun lycée ne propose cet enseignement-là.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400;">Au lycée, elle dessine. Beaucoup. Elle écrit aussi des histoires, des mini-bandes dessinées. Pour ses études, elle hésite entre deux voies: le stylisme pour créer des costumes d’Opéra ou l&#8217;animation où elle pourrait continuer à  raconter des histoires.  Alors, avec des camarades de classe, elle passe et réussit le concours de Supinfocom à Arles. Pourquoi Arles ? “</span><i><span style="font-weight: 400;">Parce que ce n’était pas trop loin d’Istres et que je pouvais rentrer régulièrement voir ma famille”</span></i><span style="font-weight: 400;">, dit-elle en rigolant.</span></p>
<p style="text-align: center;">***</p>
<h2><i><span style="font-weight: 400;">« C’est à Supinfocom que j&#8217;ai vraiment commencé à toucher du doigt ce que j&#8217;aimais. »</span></i><span style="font-weight: 400;"> </span></h2>
<p><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><span style="font-weight: 400;">Elle y réalise « </span><i><span style="font-weight: 400;">Anonyme</span></i><span style="font-weight: 400;"> », un court-métrage d’1 minute sur le thème imposé de la danse. Stéphanie n&#8217;est pas ravie du sujet. Elle a un passif avec la danse et n’a donc pas a priori grand chose à en dire: elle n&#8217;a pas aimé en faire étant petite &#8211; elle aurait préféré apprendre le Karaté comme Jackie Chan ! –<br />
</span><span style="font-weight: 400;">Mais le thème est imposé ! Elle décide alors de s’inspirer de l’artiste sculpteur Hans Bellmer et de ses poupées, à la fois monstrueuses et sexualisées, pour faire un film sur la violence conjugale au travers de la danse.</span></p>
<p><i><span style="font-weight: 400;">Anonyme </span></i><span style="font-weight: 400;">montre la danse de deux automates, un homme et une femme, deux pantins. L&#8217;homme domine et la femme qui se laisse complètement aller. Et au fur et à mesure, le dominant enlève des morceaux du corps de l’autre, une main, un bras, une jambe. La femme automate finit en morceaux, démembrée, et l’homme automate la jette en bas de l&#8217;escalier.<br />
</span><i><span style="font-weight: 400;">“C’est avec ce film que j’ai trouvé mon médium. J’ai compris que ce qui se passe dans mon ventre, je ne suis pas obligée de le raconter avec des mots, je peux le transmettre par l’animation.</span></i></p>
<p><i><span style="font-weight: 400;">&#8220;J’ai été totalement soutenue par mes professeurs. Ils ont compris mon envie de parler de la violence domestique et conjugale et m’ont encouragée à continuer à explorer ces thèmes, même si cela me promettait un chemin un peu difficile, puisque ça n&#8217;allait pas être les sujets les plus vendeurs et les plus commerciaux du monde.”</span></i></p>
<p style="text-align: center;">***</p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour son film de fin d’études, Stéphanie continue dans la même voie avec “</span><i><span style="font-weight: 400;">Dans l&#8217;ombre”</span></i><span style="font-weight: 400;">, une libre réécriture du conte de Barbe Bleue, un livre qu’elle lisait quand elle était petite et dans lequel des choses l’interpellaient. </span><span style="font-weight: 400;">Comme les films de fin d’étude se font en groupe, il lui faut convaincre d’autres élèves de s’attaquer à ce sujet. Pas facile de leur faire comprendre la nécessité et l’importance du projet, mais elle y parvient ! </span></p>
<p>Dans une des versions du conte, Barbe Bleue choisit la plus jeune fille du village. Mais jusqu&#8217;à quel point la plus jeune ? Stéphanie décide que ce sera une toute petite fille et ce film lui permet de commencer à parler d’abus sur mineurs, d&#8217;emprise et d&#8217;enfermement. Cette petite fille est vraiment toute petite. Elle vit dans un monde qui n’est pas fait pour elle car il n’est pas à sa taille mais à la taille de l’ogre qui l’enferme dans sa maison. Tout est bleu parce que tout est son univers à lui. Et elle, c&#8217;est une petite tâche d&#8217;une autre couleur, une petite tâche jaune. Elle est prisonnière et essaie de sortir mais le cauchemar se répète sans cesse.</p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le film repose sur beaucoup d’images symboliques. Ainsi, quand la petite fille soulève sa jupe, elle ne voit pas ses jambes mais son lit à baldaquin. Puis, dans la récurrence du cauchemar, c’est la main de l&#8217;ogre qui sort du lit à baldaquin et qui la recouvre avant qu&#8217;elle finisse écrasée dans sa main. </span><span style="font-weight: 400;">Encore une fois, Stéphanie continue à explorer comment dialoguer par l&#8217;image, sans mots. Et quand on regarde cette image, on a tout simplement mal au ventre.</span></p>
<p><i><span style="font-weight: 400;">“Dans l’ombre” </span></i><span style="font-weight: 400;">fait sa petite vie dans les festivals et est acheté par Canal +. Un bon début !</span></p>
<p style="text-align: center;">***</p>
<p><i><span style="font-weight: 400;">“A l’époque, j’ai lu un article sur un blog qui parlait de mon film et qui s’intitulait « quand Dutroux rencontre Perrault ». Au moins, le sujet est passé. Mais ça m&#8217;a marqué. L’auteur comprenait ma démarche mais ne voyait malheureusement pas bien comment est-ce que cela pouvait réellement aider la situation. Je ne sais pas si cela peut aider, mais si mes films permettent de faire prendre conscience du monde dans lequel nous vivons, c’est déjà bien.”</span></i></p>
<p>Après ses études, jetée dans le grand bain, Stéphanie ne sait pas trop comment s’y prendre pour trouver du travail. <span style="font-weight: 400;">En attendant, elle se plonge dans un projet personnel « </span><i><span style="font-weight: 400;">La petite vampire au creux de verre</span></i><span style="font-weight: 400;"> », un projet transmédia, à la fois dans l&#8217;édition et l&#8217;animation.</span></p>
<p><i><span style="font-weight: 400;">“Dans ce projet, j&#8217;utilisais la figure du vampire pour parler de la répétition dans la maltraitance, puisque la victime d’un vampire devient vampire, qui fait une victime qui devient vampire etc… l’idée était d’explorer comment est-ce qu&#8217;on transmet ce trauma ? “ </span></i>C’est l’histoire d’une petite fille vampire qui regarde des enfants jouer dans une cour d’école et qui aimerait bien passer dans la lumière pour les atteindre. Mais elle est bloquée puisqu&#8217;en tant que vampire, elle doit rester dans l&#8217;ombre&#8230; Elle est obligée de vivre dans un entre-soi clanique.</p>
<p><span style="font-weight: 400;">Son projet est sélectionné au Festival des Scénaristes et lors du pitch, elle retrouve d’anciens professeurs, dont Marc Rius, fondateur et producteur de la société </span><i><span style="font-weight: 400;">Tu Nous ZA Pas Vus</span></i><span style="font-weight: 400;">. Marc a toujours soutenu Stéphanie pendant ses études et encouragé dans son exploration de la narration par l’image. </span><span style="font-weight: 400;">Il lui propose une collaboration; il est très intéressé par le thème traité dans «</span><i><span style="font-weight: 400;"> la petite vampire</span></i><span style="font-weight: 400;"> » mais n’est pas à l’aise avec la figure trop folklorique du vampire. Ils décident alors de partir sur un autre projet, “</span><i><span style="font-weight: 400;">Pachyderme</span></i><span style="font-weight: 400;">”. Marc écrit, Stéphanie crée l’univers graphique et réalise. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">“</span><i><span style="font-weight: 400;">Travailler avec Marc m&#8217;a beaucoup aidée. Avec les vampires, je n’étais pas ancrée dans la réalité, je ne mettais pas le problème dans un univers quotidien. Je posais un frein, un mur qu’il a enlevé en plaçant le film dans le sud de la France, dans la classe moyenne, dans une vraie réalité. &#8220;</span></i></p>
<p style="text-align: center;">***</p>
<h2><i><span style="font-weight: 400;">«</span></i><i><span style="font-weight: 400;"> Il a écrit, on a échangé, j’ai dessiné. </span></i><i><span style="font-weight: 400;">»</span></i><span style="font-weight: 400;"> </span></h2>
<p><i><span style="font-weight: 400;">&#8220;(Avec Marc Rius) Nous voulions faire avant tout un film visuel. J’avais conçu quelques années auparavant une image qui nous a beaucoup inspirée, celle d’une petite fille en maillot de bain flottant dans une étendue d&#8217;eau sombre composée d&#8217;une multitude de mains. Je cherchais comment représenter le souvenir refoulé, et le mouvement de ces mains introduisent un trouble. Cherchent-elles à remonter ce souvenir à la surface, ou à le replonger plus profondément encore ? </span></i></p>
<p><i><span style="font-weight: 400;">Pour Pachyderme, j&#8217;ai repris cette image en pensant au tableau “Ophélia” (du peintre britannique, John Everett Millais) où l’on voit Ophélia, un des personnage d’Hamlet, flottant dans l’eau sans que l’on sache si elle est morte ou tout simplement endormie.“ </span></i>Quelques années plus tard, le film sort, fait le tour des festivals et le voilà maintenant nommé aux Oscars!</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-large wp-image-5820" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/03/01_-Stéphanie-Clément-_-Pachyderme-_-Recherches-graphiques-_-Louise-flottante-1-1024x547.jpg" alt="01_ Stéphanie Clément _ Pachyderme _ Recherches graphiques _ Louise flottante" width="1024" height="547" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/03/01_-Stéphanie-Clément-_-Pachyderme-_-Recherches-graphiques-_-Louise-flottante-1-1024x547.jpg 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/03/01_-Stéphanie-Clément-_-Pachyderme-_-Recherches-graphiques-_-Louise-flottante-1-540x288.jpg 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/03/01_-Stéphanie-Clément-_-Pachyderme-_-Recherches-graphiques-_-Louise-flottante-1-843x450.jpg 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/03/01_-Stéphanie-Clément-_-Pachyderme-_-Recherches-graphiques-_-Louise-flottante-1-284x152.jpg 284w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;">***</p>
<p><span style="font-weight: 400;">Aujourd’hui, Stéphanie travaille sur deux projets. D’un côté, un roman graphique sans dialogues qui parle de l’isolement affectif et la difficulté à trouver ses marques. De l’autre, une série documentaire, </span><i><span style="font-weight: 400;">Bêtes d’histoires</span></i><span style="font-weight: 400;">, produite par Little Big Story, sur la relation souvent violente entre l’homme et l’animal, dans l’histoire. Après 5 ans quasi en solitaire sur son court-métrage, Stéphanie est contente de travailler sur une série en équipe. Ça la repose finalement. </span></p>
<p><i><span style="font-weight: 400;">“Pachyderme”, “Anonyme,” “Dans l&#8217;ombre”,</span></i><span style="font-weight: 400;"> le roman graphique ! Des histoires et des films sans mots sur des sujets complexes et violents. Avec toujours le même fil rouge : la violence intrafamiliale, la violence infligée aux femmes, aux enfants, l’emprise, l’enfermement.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Une amie lui a un jour demandé pourquoi elle “s’infligeait” ce type de thèmes</span><i><span style="font-weight: 400;">. “Je parle de choses qui ne sont pas forcément personnelles mais dont je suis témoin quotidiennement et qui me choquent et me bouleversent. Si je dois passer des années sur un projet, il faut que ce soit un sujet qui me tient vraiment à cœur.” </span></i></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;">***</p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les films de Stéphanie Clément sont magnifiques, ils explorent des sujets durs, éprouvants, mais des sujets indispensables et dont il faut parler, pour tenter de laisser derrière nous un monde meilleur&#8221;. </span></p>
<p>Madame Cadillac avait vu juste!</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Cet article <a href="https://lesfemmessaniment.fr/stephanie-clement-realisatrice/">Stéphanie Clément – Réalisatrice, par Delphine Nicolini</a> est apparu en premier sur <a href="https://lesfemmessaniment.fr">Les Femmes s&#039;Animent</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Mathilde Bédouet – Réalisatrice, par Marine Tuloup</title>
		<link>https://lesfemmessaniment.fr/mathilde-bedouet-realisatrice/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[CHATEL Thibaut]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 19 Feb 2024 14:09:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Ressources]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://lesfemmessaniment.fr/?p=5802</guid>

					<description><![CDATA[<p>&#160; &#160; Mathilde Bédouet &#8211; Crédit photo © Pierre Landais *** J’ai plongé dans “Eté 96” comme dans un album de famille, de ceux que j’ai feuilletés mille fois et&#8230;&#160;<a href="https://lesfemmessaniment.fr/mathilde-bedouet-realisatrice/" rel="bookmark">Tout lire<span class="screen-reader-text">Mathilde Bédouet – Réalisatrice, par Marine Tuloup</span></a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-medium wp-image-5803" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/02/1_ETE96_MathildeBédouet_photo-540x360.jpg" alt="1_ETE96_MathildeBédouet_photo" width="540" height="360" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/02/1_ETE96_MathildeBédouet_photo-540x360.jpg 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/02/1_ETE96_MathildeBédouet_photo-1024x683.jpg 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/02/1_ETE96_MathildeBédouet_photo-843x562.jpg 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/02/1_ETE96_MathildeBédouet_photo-284x189.jpg 284w" sizes="auto, (max-width: 540px) 100vw, 540px" /></p>
<p style="text-align: center;"><i><span style="font-weight: 400;">Mathilde Bédouet &#8211; Crédit photo </span></i><i><span style="font-weight: 400;">© Pierre Landais</span></i></p>
<p style="text-align: center;">***</p>
<p>J’ai plongé dans “Eté 96” comme dans un album de famille, de ceux que j’ai feuilletés mille fois et dont les photos jaunies se décollent désormais derrière leur film plastique. J’y ai retrouvé le goût du sel sur la peau, du sable qui gratte, de la légèreté, des peurs enfouies et des histoires de famille. Ce court métrage de Mathilde Bédouet, entièrement réalisé en rotoscopie sur papier, aux crayons de couleur, est un véritable sésame vers les sensations de l’enfance.</p>
<p><span style="font-weight: 400;"> “</span><i><span style="font-weight: 400;">Comme tous les enfants, j’ai toujours beaucoup dessiné. Je m&#8217;ennuyais pas mal, et pour passer le temps, je dessinais. J’adorais ça !  …je partais dans des trucs, je racontais des histoires, j’écrivais des bds…Et je n’ai jamais vraiment arrêté”.  </span></i><span style="font-weight: 400;">Sa mère, ayant repéré cette appétence, lui laisse toujours à disposition “</span><i><span style="font-weight: 400;"> des crayons sur la table</span></i><span style="font-weight: 400;">”. Mathilde est donc arrivée à l’animation par le dessin….</span></p>
<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-5805" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/02/2_ÉTÉ96_Img_2.jpg" alt="2_ÉTÉ96_Img_2" width="1920" height="1080" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/02/2_ÉTÉ96_Img_2.jpg 1920w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/02/2_ÉTÉ96_Img_2-540x304.jpg 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/02/2_ÉTÉ96_Img_2-1024x576.jpg 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/02/2_ÉTÉ96_Img_2-843x474.jpg 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/02/2_ÉTÉ96_Img_2-284x160.jpg 284w" sizes="auto, (max-width: 1920px) 100vw, 1920px" /></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-weight: 400;">Eté 96 </span><i><span style="font-weight: 400;">© </span></i><span style="font-weight: 400;">L&#8217;heure d&#8217;été &#8211; Tita B productions -2023</span></p>
<p style="text-align: center;">***</p>
<p style="text-align: left;"><span style="font-weight: 400;">Au lycée, elle prend l’option arts plastiques et suit avec ferveur et dévotion des cours de dessin le soir, deux fois par semaine dans lesquels elle apprend les bases du dessin académique. Son bac en poche, elle tente avec succès le concours de l’école Olivier de Serres. </span><i><span style="font-weight: 400;">“Je crois que ça a été une de mes plus belles années, parce que d’un coup, tu rencontres tes pairs, des gens qui… font les mêmes trucs que toi!…Tu passes tes journées à faire des croquis, tu dessines en permanence, dans une constante effervescence!” </span></i></p>
<p><span style="font-weight: 400;">A la fin de sa première année, Mathilde est reçue aux Arts déco (ENSAD). Elle y entre dans l’idée de devenir animatrice et prend conscience, au fur et à mesure de ces cinq années, de son envie d’écrire des histoires et réaliser des films.</span><i><span style="font-weight: 400;"> </span></i></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Mathilde tente également le concours des Gobelins. </span><i><span style="font-weight: 400;">“C’est une école extrêmement technique, il faut vraiment être un dieu ou une déesse du dessin pour y entrer…”</span></i><span style="font-weight: 400;"> . Elle n’est pas reçue mais arrive première sur la liste d’attente. Personne, à son grand désespoir, ne se désistera..</span><i><span style="font-weight: 400;">.</span></i></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Elle termine son cursus aux Art décos, toujours un peu taraudée par cette question de la technique</span> <i><span style="font-weight: 400;">“ A un certain moment, j’ai eu l’impression qu’on ne nous formait pas assez sur le plan technique. J’ai réalisé plus tard qu</span></i><i><span style="font-weight: 400;">e c&#8217;est finalement ce qui m’a obligé à me débrouiller, et à trouver mon propre style. </span></i></p>
<p><span style="font-weight: 400;">A la sortie de l’ENSAD s’ouvre une période de doute. Elle est officiellement réalisatrice et doit mettre le pied à l’étrier, mais pas simple de rentrer dans le circuit. Elle propose un projet pour la collection ”En sortant de l’école” mais son projet n’est pas retenu. </span><i><span style="font-weight: 400;">“ Je me suis retrouvée seule chez moi pendant 6 mois, c’était vertigineux. J’ai fini par me décider à monter un atelier de freelances avec des copines des Arts déco pour retrouver l&#8217;énergie collective qui me manquait. Ça a été génial, on s’est mutuellement beaucoup épaulées, conseillées notamment sur l’aspect administratif, pour les devis, pour la relation clients, Parce qu&#8217;au début, c’est vraiment difficile de comprendre comment fonctionner…tu te fais complètement marcher dessus !!”.</span></i><span style="font-weight: 400;">  </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En parallèle, Mathilde est embauchée en CDI par une société qui produit des films de commande. Elle réalise une trentaine de films, expérimente des techniques variées. Elle y fait ses armes pendant trois ans, affinant son savoir-faire et mûrissant son envie de projets plus personnels. C’est dans ce cadre qu’elle réalise son premier clip en rotoscopie, pour le groupe Gush, </span><a href="https://www.youtube.com/watch?v=RZb6RMKDV3Q"><span style="font-weight: 400;">“Everybody&#8217;s god ”</span></a><span style="font-weight: 400;">. </span></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-medium wp-image-5806" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/02/3_gush_groupe-540x351.jpg" alt="3_gush_groupe" width="540" height="351" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/02/3_gush_groupe-540x351.jpg 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/02/3_gush_groupe-1024x666.jpg 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/02/3_gush_groupe-843x548.jpg 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/02/3_gush_groupe-284x185.jpg 284w" sizes="auto, (max-width: 540px) 100vw, 540px" /></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-weight: 400;">***</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">C’est une véritable révélation. </span><i><span style="font-weight: 400;">“J’ai répondu à un appel à projet, Je me suis intéressée au groupe et j’ai eu envie de les dessiner. Jusqu’ici, j’avais beaucoup travaillé en animation traditionnelle mais plus cartoon, ce qui était assez laborieux pour moi. J’ai proposé un dessin noir et blanc, très graphique. Ils ont tout de suite accroché avec l’idée d’être représentés en dessin animé.  Et moi, j’ai découvert le bonheur de la rotoscopie: la justesse des mouvements, le dessin réaliste, c&#8217;est vraiment un truc de sensibilité à fleur de peau comme…. Comme de la porcelaine!! Un effet réaliste mais avec un truc en plus, un truc hyper gracieux !”.</span></i></p>
<p>Mathilde prend alors son courage à deux mains, reprend son indépendance et continue sa route en tant qu’intermittente du spectacle. Elle compte mener à bien ses propres projets tout en continuant à travailler pour d’autres. Elle est désormais représentée par Eddy production et réalise, pour eux, des publicités et des clips. Mathilde est très à l’aise avec l’idée de naviguer entre ses propres projets et des films de commandes. C’est d’une part financièrement nécessaire, mais cela lui permet aussi de prendre le temps de travailler ses projets au long-court, d’assumer le temps de fabrication que lui impose la technique qu’elle a choisie.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-5807" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/02/4_Capture-d’écran-2024-02-12-à-10.03.30.png" alt="4_Capture d’écran 2024-02-12 à 10.03.30" width="2834" height="1926" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/02/4_Capture-d’écran-2024-02-12-à-10.03.30.png 2834w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/02/4_Capture-d’écran-2024-02-12-à-10.03.30-540x367.png 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/02/4_Capture-d’écran-2024-02-12-à-10.03.30-1024x696.png 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/02/4_Capture-d’écran-2024-02-12-à-10.03.30-843x573.png 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/02/4_Capture-d’écran-2024-02-12-à-10.03.30-284x193.png 284w" sizes="auto, (max-width: 2834px) 100vw, 2834px" /></p>
<p style="text-align: center;">***</p>
<p><span style="font-weight: 400;">Peu après la réalisation du clip de Gush, par l&#8217;intermédiaire de son frère qui organise un festival de musique, elle est contactée par Fastlane, un groupe de rap qui cherche une réalisatrice pour leur clip. Elle réalise donc </span><a href="https://www.facebook.com/fastlanesmusic/videos/fastlanes-all-i-knew/409548202930220/"><span style="font-weight: 400;">“All I knew”</span></a><span style="font-weight: 400;">, cette fois ci au crayon de couleur. Elle passe 5 mois sur le film qu’elle anime seule, de manière très artisanale. Les conditions financières ne sont certes pas idéales mais Mathilde adore le clip, la liberté qu’offre ce format.</span><i><span style="font-weight: 400;"> “ Tu n’es pas forcément obligée de raconter une histoire, ça peut être juste des impressions, des sensations”. </span></i><span style="font-weight: 400;">Mais des histoires, Mathilde a envie d’en raconter. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Sensible au romanesque du cinéma d’Eric Rohmer dans sa jeunesse, elle est plus récemment marquée par celui de Guillaume Brac, réalisateur entre autres de “</span><i><span style="font-weight: 400;">L’’île au trésor” </span></i><span style="font-weight: 400;">ou plus récemment ”</span><i><span style="font-weight: 400;">A l’abordage</span></i><span style="font-weight: 400;">”. Elle admire la beauté et l’immédiateté de ses personnages, leur justesse et leur sensibilité à fleur de peau.</span><i><span style="font-weight: 400;"> “Mes premières inspirations viennent sans doute du cinéma en prise de vue réelle. Même si j’ai grandi avec Disney et Miyazaki, j’ai mis plus de temps à m’ouvrir à l’animation, c’est venu plus tard pendant mes études et dans les festivals, avec les court métrages.</span></i></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-large wp-image-5808" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/02/5_Affiche_ETE96_DEF_verticale-724x1024.jpg" alt="5_Affiche_ETE96_DEF_verticale" width="724" height="1024" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/02/5_Affiche_ETE96_DEF_verticale-724x1024.jpg 724w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/02/5_Affiche_ETE96_DEF_verticale-382x540.jpg 382w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/02/5_Affiche_ETE96_DEF_verticale-843x1192.jpg 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/02/5_Affiche_ETE96_DEF_verticale-284x402.jpg 284w" sizes="auto, (max-width: 724px) 100vw, 724px" /></p>
<p style="text-align: center;">***</p>
<p><span style="font-weight: 400;">C’est en redécouvrant des films de famille dans la cave de son père que Mathilde a l’idée de “</span><i><span style="font-weight: 400;">commencer à bidouiller un truc</span></i><span style="font-weight: 400;">”</span><span style="font-weight: 400;">.</span> <i><span style="font-weight: 400;">“J’y ai redécouvert l’île Calott à Carentec, où nous avons passé tant de vacances. On nous voit gambader tranquilles, pendant que les parents boivent des coups en faisant un pique-nique. J’ai souvenir de beaucoup de joie là-bas, d’une immense liberté et en même temps, le souvenir d’histoires un peu sombres aussi</span></i> <i><span style="font-weight: 400;">”. </span></i><span style="font-weight: 400;">Ces rushes, réminiscences de l’histoire familiale, lui donnent envie de se lancer sur un projet documentaire. Une investigation sur le souvenir, pour confronter les différents points de vue. Elle commence alors à monter ces images retrouvées, tourne aussi de nouvelles images et interviewe ses proches.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Mathilde ne parvient pas tout de suite à trouver la ligne du film. Explorer un sujet aussi intime n’est pas une mince affaire. Son amie d’enfance, Ninon Chapuis, qui vient de créer sa société de production (</span><i><span style="font-weight: 400;">L’heure d’été</span></i><span style="font-weight: 400;">), l’encourage et lui propose de produire le film. De fil en aiguille, le projet se précise, le film se transforme. Mathilde décide d’ajouter des séquences en animation, pour finalement décider de le réaliser entièrement en rotoscopie. Elle écrit le scénario avec son père, Arnaud Bédouet, dont le point de vue est précieux pour reconstruire, redessiner les traces du passé. </span><i><span style="font-weight: 400;">“On a extrapolé une histoire sur la base de nos souvenirs respectifs : souvenir d’enfant pour moi et souvenir d’adulte pour lui. Il a forcé le trait à des endroits que je n’aurais pas forcément imaginé ou osé. La scène de l’engueulade entre les parents par exemple. Il a mis directement les pieds dans le plat et l’a poussé assez loin.  Au départ je comptais juste l’évoquer en sous-texte, mais en fait, lui, il a assumé</span></i><span style="font-weight: 400;">.”</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les scènes sont tournées avec des comédiens, sur la base de cadrage repérés dans les rushes des films de famille. C’est la première véritable expérience de tournage en prise de vue réelle pour Mathilde. “</span><i><span style="font-weight: 400;">J’ai eu la chance de pouvoir compter sur une super équipe, majoritairement féminine (!), et ça c&#8217;était génial ! &#8211; Sur le tournage, ma première assistante, Marie Fouché, a fait preuve d’une grande fermeté et d’une immense bienveillance. </span></i><span style="font-weight: 400;">” </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Sur le plateau, pour Mathilde, tout est nouveau. Elle en oublie de dire “action” comme elle s’amuse à le raconter.  La direction d’acteur est un exercice complexe</span><i><span style="font-weight: 400;">, « J’étais très “sur le plan”. Je savais dire quand ce n’était pas juste, mais ce n&#8217;était pas simple de l’expliquer pour diriger les comédien·nes dans la bonne direction. Pour cela il faut chercher en soi-même, trouver les mots, les bonnes images, savoir être un peu acteur·rice soi-même sans doute ! Ça demande beaucoup de ressources</span></i><span style="font-weight: 400;">!”.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour les décors du film, elle fait appel à </span><a href="https://www.instagram.com/fleur_pinsard/?hl=fr"><span style="font-weight: 400;">Fleur Pinsard</span></a><span style="font-weight: 400;"> dont elle admire le travail. “</span><i><span style="font-weight: 400;">Je ne suis pas à l’aise avec les décors, et comme Fleur travaille aussi avec des crayons de couleurs, on a fait quelques tests qui ont tout de suite très bien fonctionné ! Ses décors sont sublimes,  ….grâce à eux, j’arrive à regarder le film sans trop subir”</span></i><span style="font-weight: 400;">. Mathilde a en effet beaucoup de mal à regarder son travail à posteriori. Impossible de voir ses films avec distance, elle est immédiatement assaillie par le doute. Les festivals sont, à cet égard, très salvateurs</span><i><span style="font-weight: 400;"> “Le regard et le retour du public en festival permet de s’assurer qu’on a fait un film intelligible. C’est assez apaisant, ça calme les doutes”</span></i></p>
<p style="text-align: center;">***</p>
<p><a href="https://floramolinie.fr/"><span style="font-weight: 400;">Flora Molinié</span></a><span style="font-weight: 400;"> vient également lui prêter main forte pour animer les personnages, ainsi que Marta Gennari et Jérémie Cousin qui travaillent à distance en Bretagne. Mathilde échange des cartons entiers de feuilles de papier avec les animateur·rices, que le co-producteur du film, Simon Ingelaere (Tita B productions), transporte en voiture entre Paris et la Bretagne. Le film compte 8 dessins par seconde de film, soit environ 5500 dessins (et des centaines de crayons de couleur !)&#8230;</span> <span style="font-weight: 400;">“</span><i><span style="font-weight: 400;">C&#8217;était évidemment flippant pour moi d&#8217;envoyer mes cartons…. On se faisait des retours par messages interposés, ils m&#8217;envoyaient des photos de leurs dessins que je commentais comme je pouvais. Ça a été un peu laborieux mais ils ont été géniaux et franchement, on a réussi à bien se comprendre malgré la distance. J’ai aussi eu la chance de pouvoir compter sur deux super stagiaires des Arts déco, Michaela Mindru et Charlotte Annereau.” </span></i><span style="font-weight: 400;">Mathilde confie enfin le compositing du film à Quentin Letoux, un copain de longue date, également des Arts déco</span><i><span style="font-weight: 400;"> “il a fait un boulot de dingue, il a fallu tout inventer !!”. </span></i></p>
<p>La production du film a bénéficié de nombreux soutiens: Bourse Lagardère, Bourse Beaumarchais, Aide à la production de la Région Bretagne, l’Aide avant réalisation etc.. Terminé début 2023, il voyage depuis dans de nombreux festivals en France (Côté Court, Trouville, Brest, Aix-en Provence, etc..), à l’étranger (DOK Leipzig, Anibar, Animatou, Imaginaria, Linoleum, etc) et vient d’être sélectionné aux Césars 2024.</p>
<p><span style="font-weight: 400;">Mathilde développe à présent son nouveau projet, “</span><i><span style="font-weight: 400;">Dernier printemps</span></i><span style="font-weight: 400;">”, un court métrage qu’elle réalisera à l’aide du même procédé. “</span><i><span style="font-weight: 400;">L’histoire d’une bande d’ami·es pris·es dans le feu des premières expériences de l’adolescence. Et de tout ce qu’elles contiennent de beau, et de terrible.”</span></i></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour Mathilde,</span><i><span style="font-weight: 400;"> “par son côté naïf, par la liberté qu’elle offre dans la mise en scène, l’animation permet d’aller droit au but, d’aller plus vite au cœur, de convoquer des sensations sur lesquelles on ne peut pas forcément mettre des mots. On est à la fois à distance du sujet mais plongé dans le réel… Par exemple, à chaque fois que je vois “Pépé le morse” de Lucrèce Andréa, je fonds en larmes,&#8230; ça sonne tellement juste !”.  </span></i><span style="font-weight: 400;">Le cinéma de Mathilde Bédouet est de cette veine, un cinéma sensible et à fleur de peau, qui sonne juste, et dont on ressort apaisé. </span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><i><span style="font-weight: 400;">************************************************************************************************</span></i></p>
<p><b>Sa Filmographie:</b></p>
<p><i><span style="font-weight: 400;"><strong>Eté 96</strong>  </span></i><a href="https://l.instagram.com/?u=https%3A%2F%2Fwww.france.tv%2Ffilms%2F5543025-ete-96.html&amp;e=AT1jgctO4OFX2Cr-xG7Tofm0j3X5cq7-Gnk4jADePXL3mEKsW0K3NrdjKg4TbR_GBStWAZMDJBBxUqBS3uZN2ApebQJO1QB9fRmnRV0"><i><span style="font-weight: 400;">www.france.tv/films/5543025-ete-96.html</span></i></a></p>
<p><i><span style="font-weight: 400;"><strong>Everybody’s god &#8211; Gush</strong> </span></i><a href="https://www.youtube.com/watch?v=RZb6RMKDV3Q"><i><span style="font-weight: 400;">https://www.youtube.com/watch?v=RZb6RMKDV3Q</span></i></a></p>
<p><strong><i>Fastlane &#8211; All I knew </i></strong><a href="https://www.facebook.com/fastlanesmusic/videos/fastlanes-all-i-knew/409548202930220/"><i><span style="font-weight: 400;">https://www.facebook.com/fastlanesmusic/videos/fastlanes-all-i-knew/409548202930220/</span></i></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400;"><strong>Son Site internet: </strong></span><i><span style="font-weight: 400;"> </span></i><a href="https://www.eddyanimation.tv/content/directors/138/mathilde-bn-douet/35"><i><span style="font-weight: 400;">https://www.eddyanimation.tv/content/directors/138/mathilde-bn-douet/35</span></i></a></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Julie Daravan Chea – Réalisatrice, par Marine Tuloup</title>
		<link>https://lesfemmessaniment.fr/julie-daravan-chea-realisatrice-dessinatrice-de-bande-dessinee-marine-tuloup/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[CHATEL Thibaut]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 Dec 2023 11:47:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classifié(e)]]></category>
		<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Ressources]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>© Photo: Boulomsouk Svadphaiphane &#160; La réalisatrice Julie Daravan Chea, membre active du Collectif “Décolonisons l&#8217;animation” &#8211; DELAN*** , a proposé et présenté cet automne à Arles, une soirée de&#8230;&#160;<a href="https://lesfemmessaniment.fr/julie-daravan-chea-realisatrice-dessinatrice-de-bande-dessinee-marine-tuloup/" rel="bookmark">Tout lire<span class="screen-reader-text">Julie Daravan Chea – Réalisatrice, par Marine Tuloup</span></a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter wp-image-5764" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/12/f845d699-1e8e-4a4e-a1e7-051eb800d805.jpg" alt="f845d699-1e8e-4a4e-a1e7-051eb800d805" width="392" height="514" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/12/f845d699-1e8e-4a4e-a1e7-051eb800d805.jpg 775w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/12/f845d699-1e8e-4a4e-a1e7-051eb800d805-412x540.jpg 412w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/12/f845d699-1e8e-4a4e-a1e7-051eb800d805-284x373.jpg 284w" sizes="auto, (max-width: 392px) 100vw, 392px" /></p>
<p style="text-align: center;"><i><span style="font-weight: 400;">© Photo: Boulomsouk Svadphaiphane</span></i></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400;">La réalisatrice Julie Daravan Chea, membre active du </span><i><span style="font-weight: 400;">Collectif “Décolonisons l&#8217;animation” &#8211; DELAN*** </span></i><span style="font-weight: 400;">, a proposé et présenté cet automne à Arles, une soirée de projection de courts métrages d’animation sur les thèmes de l’inclusivité, du racisme, du genre ou encore de l&#8217;impact du colonialisme, parmi lesquels figurait son court métrage </span><a href="https://www.folimage.fr/fr/films/ton-francais-est-parfait-238.htm"><span style="font-weight: 400;">“</span><i><span style="font-weight: 400;">Ton français est parfait</span></i><span style="font-weight: 400;">”</span></a><span style="font-weight: 400;">. La soirée était organisée par la</span><i><span style="font-weight: 400;"> résidence </span></i><span style="font-weight: 400;">Do not Disturb</span> <span style="font-weight: 400;">et le collectif DELAN. Julie Daravan Chea milite au sein de DELAN pour un cinéma plus inclusif pour les personnes racisées et les minorités de genre. </span><br />
<span style="font-weight: 400;">Diplômée en 2020 de l’école de la Poudrière, Julie est aussi autrice de bande dessinée. Comme elle aime à le rappeler, “</span><i><span style="font-weight: 400;">on n’est pas obligé de choisir entre la bd et l’animation!”</span></i></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-weight: 400;">***</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400;"> Julie Daravan Chea a grandi dans une famille nombreuse, aux Mureaux, où ses parents, d’origine cambodgienne, se sont établis à leur arrivée en France. “ </span><i><span style="font-weight: 400;">Avec mes frères et sœurs, &#8211; on était 5 enfants à la maison !- on se racontait des histoires, et je suis arrivée au dessin comme ça…par les histoires</span></i><span style="font-weight: 400;">”. Elle s&#8217;intéresse assez tôt à la bande dessinée et au manga, et décide d’intégrer le </span><a href="https://lyc-claudel-vaureal.ac-versailles.fr/"><span style="font-weight: 400;">lycée d’art appliqués</span></a><span style="font-weight: 400;"> de Vauréal pour y passer son bac. “</span><i><span style="font-weight: 400;">Au cours d’une journée portes ouvertes des écoles d’art, j’ai découvert qu’on pouvait faire du dessin et de l’animation son métier!!”. </span></i><span style="font-weight: 400;">Julie est issue d’un milieu modeste. Sa mère est sans emploi et son père ouvrier chez Peugeot. Jusqu’ici l&#8217;animation c’était, pour elle, les classiques de Disney, Miyazaki, Chihiro…mais pas un métier?! </span><i><span style="font-weight: 400;">“La découverte des DMA (diplômes des métiers d’arts) a été une révélation pour moi</span></i><span style="font-weight: 400;">”.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La bande dessinée n’étant pas réputée pour ses retombées financières, Julie s’oriente après son bac vers l’animation et postule à l’</span><a href="https://www.atelierdesevres.com/studio-superieur-animation"><span style="font-weight: 400;">école Estienne en DMA Animation 3D</span></a><span style="font-weight: 400;">. Pendant les deux ans de cette formation, elle se trouve, à son grand désarroi, face à un cursus très technique, dans lequel elle ne se sent pas très à l’aise. </span><i><span style="font-weight: 400;"> “Ce que je voulais, moi, c’était raconter des histoires. Ne connaissant pas bien la différence entre la 2D et la 3D, je n’ai pas imaginé que je m’embarquais dans des études aussi techniques</span></i><span style="font-weight: 400;">”.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">A l’issue de ces deux ans, elle décide d’embrayer avec une </span><a href="https://ecole-lycee-renoir-paris.fr/formations/formation-complementaire-non-diplomate-bande-dessinees/"><span style="font-weight: 400;">formation complémentaire non diplômante à l’école Renoir </span></a><span style="font-weight: 400;"> (FCND). </span><i><span style="font-weight: 400;">“J’ai retrouvé le dessin et j’ai pu enfin me lâcher en termes d’écriture</span></i><span style="font-weight: 400;">”. Son projet de fin d’études, “</span><i><span style="font-weight: 400;">La colline de madame Penh” </span></i><span style="font-weight: 400;">est inspiré de l&#8217;histoire de ses parents, de leur rencontre à leur arrivée en France en tant que réfugiés de guerre, après le génocide orchestré par les Khmers rouges au Cambodge.</span><i><span style="font-weight: 400;">“Ma mère vient de la campagne et a arrêté l’école à 13 ans.  Mon père, chinois d’origine Teochew, vient plutôt “de la grande ville”. Je voulais parler de l’immigration cambodgienne de leurs deux points de vue”</span></i><span style="font-weight: 400;">.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter wp-image-5766" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/12/La-colline-de-Mme-Penh_GLENAT.jpg" alt="La colline de Mme Penh_GLENAT" width="726" height="1014" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/12/La-colline-de-Mme-Penh_GLENAT.jpg 1565w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/12/La-colline-de-Mme-Penh_GLENAT-387x540.jpg 387w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/12/La-colline-de-Mme-Penh_GLENAT-733x1024.jpg 733w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/12/La-colline-de-Mme-Penh_GLENAT-843x1178.jpg 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/12/La-colline-de-Mme-Penh_GLENAT-284x397.jpg 284w" sizes="auto, (max-width: 726px) 100vw, 726px" /></p>
<p style="text-align: center;"><i><span style="font-weight: 400;">« La colline de Mme Penh » de Julie Daravan Chea </span></i></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400;">Avec ce projet, Julie remporte le concours jeune talent de la fondation Glénat pour son projet de bande dessinée. Cette bourse lui permet de s’attaquer au storyboard du premier tome et de par</span><span style="font-weight: 400;">tir un mois au Cambodge en repérages. Mais elle réalise progressivement que le projet est trop lourd pour elle, et décide, en accord avec son éditeur, de le mettre de côté pour un temps. </span><i><span style="font-weight: 400;">“J’ai adoré ce projet, mais je me suis aperçue que je n’étais pas prête. Cela remuait beaucoup trop de choses pour ma famille. Mais je l’ai encore en tête. Je crois qu&#8217;à ce moment-là, je n’avais pas les épaules assez larges pour le porter. On manque de films qui racontent notre vécu. Denis Do, qui est de la génération de mon grand frère, a réussi avec Funan à aborder ce sujet et à le rendre accessible. Pour le moment, je me sens davantage prête à parler des cambodgiens d’aujourd’hui en France et de leur double culture.” </span></i></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pendant le FCND, elle fait un stage d’un mois auprès de </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pozla"><span style="font-weight: 400;">Pozla</span></a><span style="font-weight: 400;">, auteur de la BD </span><i><span style="font-weight: 400;">Monkey business</span></i><span style="font-weight: 400;">, et l’assiste pour la mise en couleur d’un de ses albums. Il lui raconte ses études aux gobelins et son passage à la BD. </span><i><span style="font-weight: 400;">“Grâce à lui j’ai réalisé qu’il n’y avait pas d’incompatibilité entre l’animation et la Bande dessinée. J’étais jusqu’ici tiraillée entre deux mondes. Il m’a encouragée à faire les études qui me tentaient, aidée à surmonter le traumatisme de la 3D (rires). Il m’a super bien accueillie. J’ai eu de la chance, car pour beaucoup de mes connaissances, leur stage en BD n’a pas été une expérience heureuse. C’est un travail très solitaire et si le stage se passe mal, cela  peut être compliqué</span></i><span style="font-weight: 400;">.”</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Julie est ensuite admise à </span><a href="https://www.angouleme-emca.fr/"><span style="font-weight: 400;">l’EMCA</span></a><span style="font-weight: 400;">, à Angoulême. Elle s’y sent très à l’aise, libre de tester des choses en animation 2D: animation traditionnelle, tv paint, toonboom. Un vrai bonheur. “</span><i><span style="font-weight: 400;">Expérimenter des techniques, travailler en équipe, j’ai adoré! J’ai fait de belles rencontres: Ninon Bernard notamment. On a travaillé dans une sorte de fusion. On a réalisé ensemble POP UP, un film sur les achats compulsifs”</span></i><span style="font-weight: 400;">.</span></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-5767" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/12/popup_NINONBERNARD.jpg" alt="popup_NINONBERNARD" width="1920" height="1080" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/12/popup_NINONBERNARD.jpg 1920w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/12/popup_NINONBERNARD-540x304.jpg 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/12/popup_NINONBERNARD-1024x576.jpg 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/12/popup_NINONBERNARD-843x474.jpg 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/12/popup_NINONBERNARD-284x160.jpg 284w" sizes="auto, (max-width: 1920px) 100vw, 1920px" /></p>
<p style="text-align: center;"><i><span style="font-weight: 400;">« Pop up » de Ninon Bernard et Julie Daravan Chea »</span></i></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400;">Financièrement, c’est plus compliqué. “</span><i><span style="font-weight: 400;">L’EMCA est une école sous contrat qui coûte environ 6000 euros par an. Heureusement, j’avais économisé grâce aux différentes bourses auxquelles j’avais eu accès jusque là. Étudiante à Paris, j’avais bénéficié d’aides de la part du CROUS ou d’associations aidant les jeunes de banlieue”. </span></i><span style="font-weight: 400;">Julie doit malgré tout travailler en parallèle de ses études pour payer son loyer. Elle est embauchée en tant que surveillante au musée d&#8217;Angoulême et postule à un service civique dans le cadre duquel elle obtient un poste auprès de l’UDAF, l’Union des associations de Charente. “</span><i><span style="font-weight: 400;">J’y ai beaucoup appris.  J&#8217;étais chargée de la communication visuelle de chaque association de l’UDAF. J’ai dû créer une quinzaine de logos.”</span></i><span style="font-weight: 400;"> Elle découvre de nombreuses associations: club de confiture, théâtre, aide aux personnes âgées …. Elle y rencontre des gens qu’elle n’aurait jamais rencontrés ailleurs. “</span><i><span style="font-weight: 400;">Ça m&#8217;a donné envie de travailler avec des associations. J’ai été touchée par la solidarité dont j’ai été témoin, la bienveillance envers les autres. Ça m&#8217;a sorti du microcosme du milieu étudiant de l’anim</span></i><span style="font-weight: 400;">”. Elle travaille le weekend et ne prend jamais de vacances. </span><i><span style="font-weight: 400;">“Pendant l’été, j’ai aussi été main d&#8217;œuvre pour l&#8217;association REMPART qui œuvrait à restaurer des chapelles. Bref, j’ai fait pas mal de petits boulots!”. </span></i></p>
<p><span style="font-weight: 400;">A la fin de sa deuxième année à L’EMCA, Julie répond à un appel à projet pour la collection </span><i><span style="font-weight: 400;">“En sortant de l’école”</span></i><span style="font-weight: 400;">. Son projet est retenu mais…. elle y renonce! Elle vient d’être reçue au concours d’entrée de la prestigieuse </span><a href="https://www.poudriere.eu/fr"><span style="font-weight: 400;">école de la </span><b>Poudrière</b></a><span style="font-weight: 400;"> à Valence</span><i><span style="font-weight: 400;">. </span></i><span style="font-weight: 400;">Elle quitte l’EMCA, dont elle ne sera donc pas diplômée puisque le cursus de l’EMCA se déroule sur trois années. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En partance pour Valence, elle recense et candidate à toutes les aides auxquelles elle pourrait prétendre. La </span><a href="https://www.etudierendromeardeche.fr/fr/financer-ses-etudes/bourses-d-etudes-et-prets/prets-verses-par-la-fondation-darnaud-316340.kjsp"><span style="font-weight: 400;">fondation DARNAUD </span></a><span style="font-weight: 400;"> lui octroie un prêt de 3500 euros remboursable sans condition de temps. “</span><i><span style="font-weight: 400;">J’ai remboursé en un an après la Poudrière . C’est grâce à mon expérience auprès de l’UDAF que j’ai connu ce programme.. Dans ces écoles (EMCA, Poudrière), il y a beaucoup de jeunes issus de milieux favorisés. Il y a peu de jeunes issus de banlieue car les études coûtent trop cher </span></i><i><span style="font-weight: 400;">et il </span></i><i><span style="font-weight: 400;">faut être sacrément tenace pour chercher des sources de financement. Ça demande du temps et de l&#8217;investissement administratif. Mais ça vaut le coup, et j’ai pu mener les études que j’ai voulu grâce à ces leviers.” </span></i><span style="font-weight: 400;">Elle trouve aussi, dès son arrivée, un petit boulot au théâtre de Valence. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">De ses études à la Poudrière, Julie dit que c’est </span><i><span style="font-weight: 400;">une formation intense et  complète. « C’était très solitaire mais j’ai réalisé de nombreux petits films:  j’ai la sensation d&#8217;avoir condensé 10 ans d’études en deux ans. Tu passes ta vie à faire des films!! J’ai pu tout tester, à la fois mes capacités techniques et mon écriture, mais aussi justes des choses que j’avais envie de faire. Avant, j’étais très entravée par la technique, je voulais impressionner les gens formellement. Me focaliser sur la technique m’empêchait de me concentrer sur l’essentiel: communiquer une histoire qui marche et qui est juste, qui résonne pour le public. Qu’importe la technique pourvu que  tu sois sincère.</span></i></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour répondre au concours “Les espoirs de l’animation” proposé par Canal J, sur le thème </span><i><span style="font-weight: 400;">“Et si j&#8217;avais un super pouvoir </span></i><span style="font-weight: 400;">?</span><span style="font-weight: 400;">”</span><span style="font-weight: 400;">, Juli co-réalise</span><a href="https://www.poudriere.eu/fr/galerie/a-tes-souhaits"> <i><span style="font-weight: 400;">“à tes souhaits</span></i><span style="font-weight: 400;">”</span></a><span style="font-weight: 400;">, un court métrage de fiction initialement conçu comme un film documentaire. “ </span><i><span style="font-weight: 400;">Avec Maša Avramović, ma co-réalisatrice, on a interrogé et enregistré une enfant, sur un mode documentaire. Mais au montage, on n’a pas trouvé l’angle. Et on voulait éviter d&#8217;être trop illustratives.“ </span></i><span style="font-weight: 400;">Elle n’a pas le temps d’explorer le sujet comme elle aurait aimé le faire, par manque de temps. Mais le film devient finalement une fiction très inventive</span><i><span style="font-weight: 400;"> : “Une petite fille, malade, s&#8217;ennuie dans sa chambre. Mais elle découvre que lorsqu&#8217;elle éternue, ses souhaits se réalisent “.</span></i><span style="font-weight: 400;"> Julie adore la fiction, forcer le trait sur ce qu’elle a envie de partager. L’école lui offre tout le loisir d’expérimenter son champ de prédilection.</span></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-5758" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/12/atesouhaits.jpg" alt="atesouhaits" width="1920" height="1080" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/12/atesouhaits.jpg 1920w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/12/atesouhaits-540x304.jpg 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/12/atesouhaits-1024x576.jpg 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/12/atesouhaits-843x474.jpg 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/12/atesouhaits-284x160.jpg 284w" sizes="auto, (max-width: 1920px) 100vw, 1920px" /></p>
<p style="text-align: center;"><i><span style="font-weight: 400;">“A tes souhaits” de Julie Daravan Chea</span></i></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400;">La Poudrière  lui a offert une grande liberté, notamment dans la réécriture  de ses  projets. Après l’enregistrement des voix de </span><i><span style="font-weight: 400;">“Ton français est parfait”, </span></i><span style="font-weight: 400;">elle reprend par exemple l’animation de son personnage pour coller à la justesse du jeu de la comédienne qui a changé bon nombre de ses dialogues. </span><i><span style="font-weight: 400;">“A la Poudriere, qu’importe l’étape, on se donne toujours le droit de changer pour que le film soit solide, pour que ça marche. On te donne une grande confiance, c’est une formation très libre même si on a beaucoup de deadlines. A toi de trouver des solutions</span></i><span style="font-weight: 400;">. </span><i><span style="font-weight: 400;">A notre arrivée, Laurent Pouvaret s’est adressé à la promo en nous disant “vous allez faire plein de films. Mais ce qui nous importe vraiment, c’est ce que vous allez faire plus tard”.</span></i> <i><span style="font-weight: 400;">Ça m&#8217;a inquiétée et libérée à la fois!”</span></i></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pendant l’écriture de “</span><i><span style="font-weight: 400;">Ton français est parfait</span></i><span style="font-weight: 400;">”, Matthieu Marin Garcia présente Kelsi Phung, Co-fondateur.ice du collectif DELAN, à Julie .”</span><i><span style="font-weight: 400;">Sans DELAN , je n’aurais jamais pu avoir autant de contact auprès de ma communauté pour trouver les bonnes comédiennes</span></i><span style="font-weight: 400;">.” Les statistiques évoquées par le collectif DELAN lui parlent immédiatement. </span><i><span style="font-weight: 400;">“Cela a politisé mon discours. J’ai envie de faire se rejoindre l’intime et l’universel. Travailler sur des projets plus représentatifs de moi-même. des projets qui mettent en scène des asiatiques français.&#8221;</span></i></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-5770" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/12/Tonfrançaisestparfait_02.jpg" alt="Tonfrançaisestparfait_02" width="2126" height="1181" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/12/Tonfrançaisestparfait_02.jpg 2126w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/12/Tonfrançaisestparfait_02-540x300.jpg 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/12/Tonfrançaisestparfait_02-1024x569.jpg 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/12/Tonfrançaisestparfait_02-843x468.jpg 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/12/Tonfrançaisestparfait_02-284x158.jpg 284w" sizes="auto, (max-width: 2126px) 100vw, 2126px" /></p>
<p style="text-align: center;"><i><span style="font-weight: 400;">« Ton français est parfait » de Julie Daravan Chea</span></i></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-weight: 400;">***</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Depuis la Poudrière, Julie alterne entre la réalisation, l’animation sur des projets qu’elle ne réalise pas et la BD.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Elle a travaillé en tant que technicienne sur plusieurs projets: layout designer sur  «Ana Filoute» chez Folimage, animatrice 2D sur le pilote de la série «Cloudy»  chez Miyu, animatrice 2D/Layout chez Foliascope sur </span><span style="font-weight: 400;">le projet Music Queens.  En ce moment, elle travaille sur le court métrage de Haruna Kishi “Petit Tanuki ”d&#8217;abord en tant qu&#8217;animatrice puis coloriste-clean. Ce court métrage fait partie des 5 films qui composent “</span><i><span style="font-weight: 400;">Le Noël des animau</span></i><span style="font-weight: 400;">x”, un long-métrage produit par les Valseurs.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Côté réalisation, depuis la Poudrière , Julie a réalisé “</span><a href="https://www.unifrance.org/film/56945/abri"><b><i>Abri</i></b></a><span style="font-weight: 400;">”, un film pour la collection “En sortant de l’école” (elle y est revenue !!) produit par tant mieux prod. Le film a reçu le prix Zebrino à Berlin, “Best Poetry Film for children, youth and young adults” du ZEBRA Poetry Film Festival. Il a été sélectionné en compétition pour le </span><a href="https://www.premiersplans.org/festival/"><span style="font-weight: 400;">festival 1ers plans d’Anger</span></a> <span style="font-weight: 400;">2024. </span></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-5757" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/12/ABRI_02.jpg" alt="ABRI_02" width="2000" height="1125" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/12/ABRI_02.jpg 2000w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/12/ABRI_02-540x304.jpg 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/12/ABRI_02-1024x576.jpg 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/12/ABRI_02-843x474.jpg 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/12/ABRI_02-284x160.jpg 284w" sizes="auto, (max-width: 2000px) 100vw, 2000px" /></p>
<p style="text-align: center;"><i><span style="font-weight: 400;">« Abri », de Julie Daravan Chea</span></i></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Dans la foulée, elle a aussi réalisé un “Shortcut” Arte, c&#8217;est-à dire un film court introduisant la diffusion sur Arte du film «Sans toit ni loi» d’Agnès Varda.</span></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-5768" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/12/shortcut_agnesvarda.png" alt="shortcut_agnesvarda" width="1920" height="1080" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/12/shortcut_agnesvarda.png 1920w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/12/shortcut_agnesvarda-540x304.png 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/12/shortcut_agnesvarda-1024x576.png 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/12/shortcut_agnesvarda-843x474.png 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/12/shortcut_agnesvarda-284x160.png 284w" sizes="auto, (max-width: 1920px) 100vw, 1920px" /></p>
<p style="text-align: center;"><i><span style="font-weight: 400;">« Shortcut Arte- Sans toit, ni loi», de Julie Daravan Chea</span></i></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400;">Elle travaille en ce moment sur un nouveau court métrage de 15 minutes: “</span><i><span style="font-weight: 400;">Chiche</span></i><b><i>!</i></b><span style="font-weight: 400;">” produit par les Armateurs. Ce projet a bénéficié cette année de plusieurs résidences: “</span><i><span style="font-weight: 400;">Projectiles</span></i><span style="font-weight: 400;">” à Saint Laurent Le minier,  “</span><i><span style="font-weight: 400;">The open workshop</span></i><span style="font-weight: 400;">” au Danemark, et enfin “</span><i><span style="font-weight: 400;">Do not disturb</span></i><span style="font-weight: 400;">” à Arles. Le film met en scène deux collégiennes qui jouent à </span><i><span style="font-weight: 400;">chiche/pas chiche</span></i><span style="font-weight: 400;">. </span><i><span style="font-weight: 400;">“Ce film s’inspire d’une perquisition de police particulièrement brutale que j’ai vécue à 11 ans, dans mon appartement, dans la nuit du 4 octobre 2006 aux Mureaux. Dans la Cité des Musiciens, une centaine de policiers intervient suite aux échauffourées qui ont eu lieu la veille entre jeunes et forces de l’ordre et plonge plusieurs familles en état de choc. Pour garder une trace de cet évènement, j’ai imaginé les personnages de Yacine et Eva qui, à travers le jeu du chiche, affrontent certaines de leurs pires peurs : celle de l’autorité policière pour Yacine, celle du sentiment amoureux pour Eva. Quand leur jeu dégénère, elles se retranchent dans le giron familial où elles trouvent du réconfort. Après la violence injustifiée de l’opération de police, leur amitié et leur force joyeuse leur permettront de faire face à leur dispute et au traumatisme. Grâce à ce film, je veux montrer que les violences policières touchent aussi les femmes et les enfants tout en rendant visibles des communautés souvent invisibilisées dans le cinéma français. Notamment la communauté asiatique dont je fais partie. J’aborde aussi la question de l’intime et la difficulté à vivre son homosexualité en banlieue. Je tiens aussi à représenter la banlieue de manière chaleureuse et joyeuse, un endroit où on se sent “chez soi” même après un événement dramatique.”</span></i><span style="font-weight: 400;"> </span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-5761" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/12/chiche_02.jpg" alt="chiche_02" width="1920" height="1080" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/12/chiche_02.jpg 1920w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/12/chiche_02-540x304.jpg 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/12/chiche_02-1024x576.jpg 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/12/chiche_02-843x474.jpg 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/12/chiche_02-284x160.jpg 284w" sizes="auto, (max-width: 1920px) 100vw, 1920px" /></p>
<p style="text-align: center;"><i><span style="font-weight: 400;">“Chiche” de Julie Daravan Chea</span></i></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400;">En parallèle, Julie travaille sur un nouveau projet de BD. Il s’agit du premier roman graphique de Grace Ly (co-animatrice avec Rokhaya Diallo du </span><a href="https://www.binge.audio/podcast/kiffetarace"><span style="font-weight: 400;">podcast Kiffe ta race</span></a><span style="font-weight: 400;">). </span><i><span style="font-weight: 400;">“Grace m’a contactée après avoir vu “Ton français est parfait”. Elle m’a proposé de travailler avec elle sur la représentation des personnes asiatiques en France. Dans “Faire de vagues”, une ado de 14 ans part pour la première fois en vacances en Bretagne dans une famille recomposée. Comment trouver sa place dans une nouvelle famille et comment faire face au racisme banalisé?”.</span></i></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-5765" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/12/fairedesvagues_recherches.jpg" alt="fairedesvagues_recherches" width="4724" height="3224" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/12/fairedesvagues_recherches.jpg 4724w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/12/fairedesvagues_recherches-540x369.jpg 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/12/fairedesvagues_recherches-1024x699.jpg 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/12/fairedesvagues_recherches-843x575.jpg 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/12/fairedesvagues_recherches-284x194.jpg 284w" sizes="auto, (max-width: 4724px) 100vw, 4724px" /></p>
<p style="text-align: center;"><i><span style="font-weight: 400;">“Faire des vagues”, de Julie Daravan Chea &#8211; Recherches</span></i></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-weight: 400;">************************************************************************************************</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400;">*** </span><b>Collectif Décolonisons l’animation (DELAN</b><span style="font-weight: 400;">): Fondé en 2019 à Annecy, le Collectif Décolonisons l’animation (DELAN) a été créé pour soutenir les personnes racisées et minorités de genre du cinéma d’animation et leur offrir un lieu de réunion en non-mixité, un safe space. Il compte à ce jour plus de 117 membres. DELAN organise des interventions au sein d’écoles et de festivals pour parler des problématiques de représentation dans le milieu du cinéma d’animation. Le collectif est aussi sollicité pour des consultations par des producteur·rices, des réalisateur·rices: des sensitivity readers, désigné·es par le collectif, peuvent aider à évaluer dans les projets la représentation des personnages racisés, éviter des stéréotypes racistes ou des représentations offensantes ou erronées.  DELAN travaille également à un recensement de tous les films d’animation (courts/ moyens/longs/unitaires) réalisés par des réalisateur·rices “concernés”, c&#8217;est-à-dire racisé·es ou appartenant à une minorité de genre. </span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><b>Filmographie:</b></p>
<p><b><i>“Abri”</i></b><span style="font-weight: 400;">, court métrage, Film de commande “En sortant de l’école”, Tant Mieux Prod 2023</span></p>
<p><a href="https://www.unifrance.org/film/56945/abri"><span style="font-weight: 400;">https://www.unifrance.org/film/56945/abri</span></a></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Prix Zebrino Audience Award for the Best Poetry Film for children</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><b><i>“Sans toit, ni loi”</i></b><span style="font-weight: 400;">, collection shortcurt pour Arte, Caïmans Production 2023</span></p>
<p><a href="https://www.arte.tv/fr/videos/117567-000-A/short-cuts-sans-toit-ni-loi-d-agnes-varda/"><span style="font-weight: 400;">Short cuts &#8211; &#8220;Sans toit, ni loi&#8221; d&#8217;Agnès Varda &#8211; Une animation de Julie Daravan Chea &#8211; Regarder l’émission complète | ARTE</span></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><b><i>“Ton Français est parfait”</i></b><span style="font-weight: 400;">, court métrage, film de fin d’étude de la Poudrière, 2020</span></p>
<p><a href="https://www.folimage.fr/fr/films/ton-francais-est-parfait-238.htm"><span style="font-weight: 400;">https://www.folimage.fr/fr/films/ton-francais-est-parfait-238.htm</span></a></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Prix «Lyf d’or de l’animation» au Festival Jeune de Lyon </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Special Mention, à Cinemira Festival (Budapest) </span></p>
<ul>
<li><span style="font-weight: 400;">Prix Benshi, Festival d’Angers</span></li>
</ul>
<p><span style="font-weight: 400;">Film distribué en salle par Gebekas en première partie du film «Vanille» de Guillaume Lorin</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><b>BD:</b></p>
<p><b><i>«Faire des vagues» </i></b><span style="font-weight: 400;">2023 Dessinatrice, écrit par Grace Ly Marabulles Edition, sortie 2025</span></p>
<p><b><i>«Secret Love Letter»</i></b><span style="font-weight: 400;"> 2023 Finaliste pour le prix Raymond Leblanc</span></p>
<p><b><i>«La colline de Mme Penh» </i></b><span style="font-weight: 400;">2017 Lauréate de la Fondation Jeunes Talents Glénat dans la catégorie bande dessinée</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>IG: @<a href="https://www.instagram.com/cheadaravan/"><b>cheadaravan</b></a></p>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Bénédicte Galup – Réalisatrice, par Christel Chabert</title>
		<link>https://lesfemmessaniment.fr/benedicte-galup-christel-chabert/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[CHATEL Thibaut]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Nov 2023 10:59:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Ressources]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://lesfemmessaniment.fr/?p=5726</guid>

					<description><![CDATA[<p>&#160;  © Christel Chabert &#8211; 2023 C’est à Valence, dans le studio de Parmi les lucioles, que je rencontre pour la première fois Bénédicte Galup. Je ne connais pas encore&#8230;&#160;<a href="https://lesfemmessaniment.fr/benedicte-galup-christel-chabert/" rel="bookmark">Tout lire<span class="screen-reader-text">Bénédicte Galup – Réalisatrice, par Christel Chabert</span></a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter wp-image-5731" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/11/B_Galup_Portrait_1.jpg" alt="B_Galup_Portrait_1" width="1004" height="565" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/11/B_Galup_Portrait_1.jpg 5472w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/11/B_Galup_Portrait_1-540x304.jpg 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/11/B_Galup_Portrait_1-1024x576.jpg 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/11/B_Galup_Portrait_1-843x474.jpg 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/11/B_Galup_Portrait_1-284x160.jpg 284w" sizes="auto, (max-width: 1004px) 100vw, 1004px" /></p>
<p style="text-align: center;"> <span style="font-weight: 400;">©</span><span style="font-weight: 400;"> Christel Chabert &#8211; 2023</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">C’est à Valence, dans le studio de </span><i><span style="font-weight: 400;">Parmi les lucioles</span></i><span style="font-weight: 400;">, que je rencontre pour la première fois Bénédicte Galup. Je ne connais pas encore son travail, ni sa carrière, mais je suis d’emblée conquise par cette femme solaire, qui me présente son équipe avec autant d’enthousiasme, qu’elle me parle du film en cours &#8211; « </span><i><span style="font-weight: 400;">Le grand voyage de Gouti »</span></i><span style="font-weight: 400;"> &#8211;  avec passion. Ma curiosité étant aiguisée, rendez-vous est pris pour faire plus ample connaissance, autour d’un bon petit plat. Maintenant, imaginez la scène : sous un ciel azur balayé par le mistral, la terrasse bondée d’un restaurant du centre-ville de Valence ; là, sous une pergola, deux femmes &#8211; la cinquantaine &#8211; conversent  avec animation et profusion de rires ; vous voilà maintenant prêt·e à découvrir celle que ses premiers collaborateurs ont d’emblée qualifié d’ « aventurière de l’animation ». « </span><i><span style="font-weight: 400;">C’est vrai que je vis chaque production comme une aventure : ce sont de nouvelles personnes, de nouveaux lieux, un nouvel univers graphique… Et pour aborder ce  « Nouveau monde », j’embarque à bord du navire, avec mes valises, et je largue les amarres.  Au début, je l’ai fait un peu par inconscience. Et puis le navire peut s’avérer être une galère ! </span></i><span style="font-weight: 400;">(Elle rit)</span><i><span style="font-weight: 400;"> Mais très vite, j’ai compris que chaque nouvelle opportunité constitue une véritable chance.» </span></i></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Si Paris est aujourd’hui son port d’attache, le cœur de Bénédicte bat pour  Montpellier où elle découvre ce qui deviendra son futur métier. « </span><i><span style="font-weight: 400;">C’est là que je suis entrée aux Beaux-Arts, après avoir obtenu un Bac D « Sciences de la nature ». Je ne me voyais pas devenir artiste, mais j’aime bricoler et tout ce qui est artistique. Dans les années 80, pendant mes premières années d’études, je me suis demandée où j’allais, et mes parents aussi, sans doute. Je ne me reconnaissais pas du tout dans le courant artistique du moment &#8211; le « Supports-Surfaces » &#8211; porté par mes professeurs : il fallait avoir un discours plus, qu’autre chose ; les œuvres &#8211; quelles qu’elles soient &#8211; n’avaient plus aucun message à délivrer par elle-même. </span></i><i><span style="font-weight: 400;">Ç</span></i><i><span style="font-weight: 400;">a fait rire tout le monde quand je raconte que l’on suspendait trois petits trucs sur un mur,  qu’on faisait une demi-heure de discours et que tout le monde faisait « Oh ! Ah ! »</span></i><span style="font-weight: 400;">. (Elle rit.) </span><i><span style="font-weight: 400;">Heureusement, il y avait une petite étoile qui veillait sur moi : alors que j’étais en fin d’études, deux techniciens de La Fabrique &#8211; la société de production de Jean-François Laguionie &#8211; sont venus animer un atelier aux Beaux-Arts. Ce réalisateur s’était installé, quelques années auparavant, dans le petit village de Saint-Laurent-le-Minier (30), pour créer La Fabrique, le studio dans lequel il a réalisé son premier long-métrage : « Gwen, le livre de sable ». De mon côté, j’avais acquis une première expérience dans l’animation, grâce à Pierre Azuelos, qui proposait des stages d’initiation dans les écoles et dans les MJC. Or, l’atelier de La Fabrique m’offrait la possibilité d’en savoir plus, avec la perspective de réaliser mon rêve, de mêler l’art et la technologie. Je précise qu’à l’époque, la technologie, c’était encore celle des caméras, des bancs-titres et de la pellicule. Or La Fabrique allait produire la série de Michel Ocelot en ombres chinoises : « Ciné-Si ». Elle avait besoin d’une « petite-main » pour faire un tas de choses et notamment pour préparer le travail des animateurs.</span></i><span style="font-weight: 400;"> »</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Bénédicte débarque donc à Saint-Laurent-le-Minier, dans un ancien atelier de bobinage de fil de soie transformé en studio. « </span><i><span style="font-weight: 400;">Il fallait être prête à vivre, dans ce village cévenol de 340 habitants… Et surtout dans ce fond de vallée ! C’était riant, l’été. Mais au cœur de l’hiver, le village n’a que trois heures de soleil par jour ! Pour y rester, comme disait Michel Ocelot, il fallait une grande vie intérieure. </span></i><span style="font-weight: 400;">» (Elle rit.) </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">On est en 1988. Bénédicte a 24 ans. Dans cette « Fabrique », la jeune femme comprend très vite qu’elle a trouvé son futur métier. Elle ne sait pas encore qu’elle vient de rencontrer sa famille de cinéma. « </span><i><span style="font-weight: 400;">L’animation, je l’ai apprise directement avec Michel Ocelot, dans l’esprit maître et apprentis : il y avait des choses à découper, des choses à peindre ; c’était minutieux et répétitif… Je me souviens que je faisais de la détection de voix sur une table 16mm,  pendant des heures, parce que Michel est quelqu’un de très précis sur la détection ; il tient absolument à ce que images et sons coïncident exactement, pour que le spectateur puisse lire sur les lèvres du personnage. Techniquement, la production était encore assez traditionnelle &#8211; c’était du celluloïd et une caméra &#8211; même si le studio s’était équipé des tout premiers ordinateurs du genre. Pour « Ciné-Si », en l’occurrence, c’était du papier découpé, animé sous caméra. Alors, nous, les jeunes, on apprenait tout sur le tas. Très peu avaient fait une école. En dehors des Gobelins, il y avait peu de formations possibles.</span></i><span style="font-weight: 400;"> </span><i><span style="font-weight: 400;">L’école, c’était là, à La Fabrique. Comme on y produisait tout sur place, il suffisait de monter d’un étage ou d’aller dans une autre pièce, pour voir une toute autre étape du travail. Aujourd’hui, dans les studios, c’est rarement le cas. Tout est compartimenté. On le voit avec le son, notamment : certains techniciens n’y ont accès que s’ils font un film eux-mêmes. Or le son, c’est vraiment un tiers du film </span></i><span style="font-weight: 400;">».</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Jusqu’à cinquante personnes vont et viennent dans le studio cévenol, dont un bon nombre de femmes. « </span><i><span style="font-weight: 400;">C’était aussi un univers où les femmes étaient les bienvenues. D’autant que Jean-François Laguionie avait un côté Pygmalion. Il en a notamment incité beaucoup à devenir réalisatrices ou scénaristes de films d’animation. Après quelques temps, il m’a dit : « La Fabrique est aussi là, pour toi ; il y a des tables, des crayons et du papier ; si tu as envie de dessiner et de faire un film, tu n’as qu’à t’installer ». Bien sûr, il disait la même chose aux hommes. Nombre de réalisateurs, réalisatrices et techniciens ont fait leurs armes dans ce studio. Mais cette attitude est d’autant plus remarquable, qu’à cette période, le monde du travail &#8211; et donc également celui du film d’animation &#8211; était encore très macho. Les « Animateurs avec un grand A » avaient fait de l’animation, la chasse gardée des hommes, les femmes n’étant bonnes qu’à faire de la trace et de la gouache. Et puis à La Fabrique, il n’y avait pas de métier plus noble qu’un autre car l’isolement du lieu rendait la polyvalence indispensable et obligatoire. Alors, non seulement c’était très formateur, mais ça t’apprenait à respecter tous les autres métiers parce que tu savais ce qu’il en coûte de faire telle ou telle chose </span></i><span style="font-weight: 400;">».</span></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-5733" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/11/2012-filmElephant_LaFabrique02.jpg" alt="2012-filmElephant_LaFabrique02" width="1024" height="768" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/11/2012-filmElephant_LaFabrique02.jpg 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/11/2012-filmElephant_LaFabrique02-540x405.jpg 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/11/2012-filmElephant_LaFabrique02-843x632.jpg 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/11/2012-filmElephant_LaFabrique02-284x213.jpg 284w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-weight: 400;">©</span><span style="font-weight: 400;"> La Fabrique &#8211; Bénédicte Galup &#8211; 2012</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour Bénédicte, cette polyvalence est une chance, tout comme l’opportunité que lui a donnée ce studio, d’avoir accès aux tout premiers ordinateurs et logiciels d’animation </span><i><span style="font-weight: 400;">(N.A.C., Atari, etc)</span></i><span style="font-weight: 400;">. « </span><i><span style="font-weight: 400;">C’est ce qui m’a permis de faire 35 années de carrière et à des postes très différents. </span></i><span style="font-weight: 400;">». Mais ce côté touche-à-tout correspond aussi à son tempérament. « </span><i><span style="font-weight: 400;">Dès que je sens que je suis en train de m’enfermer, il faut que je change. Chaque fois que j’ai senti qu’on me cataloguait dans un rôle, je suis partie vers une nouvelle aventure. Partie ailleurs, parfois dans d’autres pays pour apprendre de nouvelles choses, pour me confronter à d’autres caractères, à d’autres gens… C’est très enrichissant».</span></i></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Quand Michel Ocelot l’appelle, en 1993, pour lui proposer de venir travailler sur </span><i><span style="font-weight: 400;">Kirikou et la sorcière</span></i><span style="font-weight: 400;">, Bénédicte a 29 ans ; elle sent qu’est venu le temps de quitter le giron de La Fabrique, ses collaborateurs &#8211; devenus des amis &#8211; et sa chère Occitanie. « </span><i><span style="font-weight: 400;">J’étais quand même soufflée par la proposition de Michel. Et je me disais un peu que je quittais la proie pour l’ombre. Car Michel venait lui-même de traverser une période difficile. Mais c’était l’occasion de travailler avec lui, à nouveau, et sur un premier long-métrage. Il m’a donc envoyé le séquencier du film et ses premiers dessins. C’était déjà magnifique ! Et je me disais que ce serait une belle aventure. La suite me donnera raison ».</span></i></p>
<p style="text-align: left;"><span style="font-weight: 400;">Bénédicte largue donc, pour la première fois, les amarres et pose ses valises à Angoulême où le producteur, Didier Brunner, installe la fabrication du film. « </span><i><span style="font-weight: 400;">Il venait de créer Les Armateurs pour le produire. Il avait eu un véritable coup de foudre pour le projet !</span></i><span style="font-weight: 400;"> ». Là, elle va diriger le compositing pendant les deux ans et demi que dure sa fabrication. Puis l’aventure, avec Les </span><i><span style="font-weight: 400;">Armateurs,</span></i><span style="font-weight: 400;"> se poursuit à Paris, où elle occupe le poste d’assistante-réalisatrice sur la série </span><i><span style="font-weight: 400;">Belphégor,</span></i><span style="font-weight: 400;"> créée par Gérald Dupeyrot et réalisée par Jean-Christophe Roger. « </span><i><span style="font-weight: 400;">C’est là que je rencontre Frédéric Bézian, le directeur artistique, qui est aussi auteur de BD.</span></i><span style="font-weight: 400;">  </span><i><span style="font-weight: 400;">On s’est tellement bien entendu, que quelques années plus tard, on a fait ensemble  « La clé »,  un court-métrage de douze minutes pour TF1. Ça a été une expérience merveilleuse que j’aimerais renouveler. Il faut juste que je trouve la bonne idée</span></i><span style="font-weight: 400;"> ». Elle rit.</span></p>
<p style="text-align: left;"><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-5729" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/11/2008-LaCle_01.png" alt="2008-LaCle_01" width="768" height="576" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/11/2008-LaCle_01.png 768w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/11/2008-LaCle_01-540x405.png 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/11/2008-LaCle_01-284x213.png 284w" sizes="auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px" /></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En 2001, Bénédicte part au Canada superviser le compositing des </span><i><span style="font-weight: 400;">Triplettes de Belleville</span></i><span style="font-weight: 400;"> de Sylvain Chomet. « </span><i><span style="font-weight: 400;">On s’était connu à La Fabrique </span></i><span style="font-weight: 400;">». Au Québec, elle découvre un monde où la polyvalence n’est pas de mise : chaque technicien est assigné à une tâche précise, selon une méthode et des règles auxquelles il ne faut pas déroger. </span><i><span style="font-weight: 400;">« J’en ai défrisé quelques-uns ! </span></i><span style="font-weight: 400;">(Elle rit) </span><i><span style="font-weight: 400;">Mais c’était passionnant. Et ça parlait dans toutes les langues. Il y avait beaucoup à faire&#8230; Il fallait sans cesse trouver des solutions, comme de dérégler le scanner qui lissait à la perfection les traits, alors que Sylvain voulait, au contraire, qu’on garde son aspect « crayonné ». Je me revois en train de changer la ligne de code, avec un ami informaticien français, au bout du fil.</span></i><span style="font-weight: 400;"> (Elle rit)</span><i><span style="font-weight: 400;"> Par contre, les productions de long-métrage sont si intenses et je m’y investis tellement, que derrière, j’ai besoin de faire des breaks qui peuvent durer un an, comme après ce film </span></i><span style="font-weight: 400;">».</span></p>
<p style="text-align: left;"><span style="font-weight: 400;">Dans sa carrière, Bénédicte a toujours alterné les longs-métrages (</span><i><span style="font-weight: 400;">Adama, le monde des souffles, Ernest et Célestine</span></i><span style="font-weight: 400;">…) et les séries (</span><i><span style="font-weight: 400;">Ciné-Si, Belphégor, « Tchoupi</span></i><span style="font-weight: 400;">…), tantôt à la supervision du compositing, tantôt comme assistante de réalisation. « </span><i><span style="font-weight: 400;">Le long-métrage, c’est une course de fond. Tandis que la série, ça s’apparente plutôt à un sprint. Ce qui me plaît sur la série, c’est la déclinaison d’un univers, des personnages&#8230; Sur le long métrage, il y a d’autres enjeux et le plaisir de découvrir un auteur </span></i><span style="font-weight: 400;">».</span></p>
<p style="text-align: left;"><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter wp-image-5727" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/11/2005-beneteamCompoKietLBS_01.jpg" alt="2005-beneteamCompoKietLBS_01" width="864" height="648" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/11/2005-beneteamCompoKietLBS_01.jpg 2272w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/11/2005-beneteamCompoKietLBS_01-540x405.jpg 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/11/2005-beneteamCompoKietLBS_01-1024x768.jpg 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/11/2005-beneteamCompoKietLBS_01-843x632.jpg 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/11/2005-beneteamCompoKietLBS_01-284x213.jpg 284w" sizes="auto, (max-width: 864px) 100vw, 864px" /></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-weight: 400;">©</span><span style="font-weight: 400;">  Benedicte Galup &#8211;  2005</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Sur un court, comme sur un long, Bénédicte se retrouve souvent à la tête d’équipes très majoritairement masculines, qu’elle doit diriger. </span><i><span style="font-weight: 400;">« Être cheffe, ça n’a jamais été une fin en soi, mais il faut le faire. Alors j’assume. Et je me suis très vite donné une ligne de conduite, avec, pour principe, de parler avec franchise. Avec moi, il n’y a pas de lézard. Chacun sait ce qu’il va devoir faire et dans quelles conditions, et cela, sous la direction d’une femme. Chacun est libre d’accepter ou pas. En 2001, il y en a eu quelques uns pour qui ça a été insupportable d’être dirigé par une femme et ils ont quitté le studio ! Mais les mentalités évoluent… En 2005, en fin de production de «  Kirikou et les bêtes sauvages » que j’ai co-réalisé avec Michel Ocelot, j’ai eu une conversation intéressante avec quelques garçons de l’équipe. De leur propre aveu, cela avait été compliqué de travailler sous la direction d’une femme, parce qu’ils ne pouvaient pas réagir, avec moi, comme ils le faisaient d’habitude avec un homme, dans les moments de conflits : c’est-à-dire en « montant sur leurs ergots et en gueulant comme des putois », débordants de testostérone. </span></i><span style="font-weight: 400;">(Elle rit). </span><i><span style="font-weight: 400;">Avec moi et « mon sourire à la gomme », cela leur aurait paru saugrenu. Et plusieurs m’ont dit avoir dû réfléchir à un autre mode de fonctionnement. Je suis très fière de les avoir amenés à cette réflexion. En plus, ils semblaient avoir apprécié la sérénité qui en avait découlé. Après, la cheffe n’est pas invitée à tous les barbecues. Mais on s’en remet ». </span></i><span style="font-weight: 400;">Elle rit.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">De ses diverses expériences de « cheffe », Bénédicte retient surtout, qu’à chaque fois, elle a été un objet de curiosité. «</span><i><span style="font-weight: 400;"> Chez les mecs, tu sens qu’ils se demandent pourquoi tu es là, comment tu as fait pour en arriver là… Du côté des filles, c’est très différent : elles se disent « Ah bon, on peut faire ce métier-là, nous aussi ? </span></i><span style="font-weight: 400;">». </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La question de la confiance en soi et celle de la légitimité sont des problématiques pour un grand nombre de femmes. Jusqu’à </span><i><span style="font-weight: 400;">Kirikou et les bêtes sauvages,</span></i><span style="font-weight: 400;"> Bénédicte n’envisage pas de passer à la réalisation, malgré une toute première tentative à La Fabrique. </span><i><span style="font-weight: 400;">« Je m’étais lancée dans l’écriture et la réalisation d’un court-métrage. On a essayé de le présenter à une aide, mais ça n’a pas marché. Par contre, la démarche, je l’avais faite et j’étais allée jusqu’au bout.</span></i> <i><span style="font-weight: 400;">Plus que de devenir réalisatrice, ce qui me plaisait &#8211; et c’est toujours le cas aujourd’hui &#8211; c’était de faire un film avec les copains »</span></i><span style="font-weight: 400;">. </span></p>
<p style="text-align: left;"><span style="font-weight: 400;">Il faut donc que survienne ce coup de fil de Didier Brunner, en 2004 au cours duquel le producteur lui propose de co-réaliser </span><i><span style="font-weight: 400;">Kirikou et les bêtes sauvages </span></i><span style="font-weight: 400;">avec Michel Ocelot. « </span><i><span style="font-weight: 400;">Michel était en train de réaliser « Azur et Asmar » à Paris. Mais, pour des raisons de production, il fallait en même temps réaliser « Kirikou et les bêtes sauvages » à Angoulême. J’étais très surprise de cette proposition, même si Michel et moi étions des amis. Car le connaissant, j’imaginais bien que l’idée de déléguer une partie de son travail ne devait pas être une chose facile pour lui : il écrit ses scénarios tout seul ; il dessine lui-même ses story-boards ; il supervise la fabrication, au plus près… J’ai eu besoin de l’entendre de sa bouche. Alors je l’ai appelé et il m’a confirmé qu’il était prêt à partager. Il manquait encore deux histoires pour le film, qu’il n’avait pas eu le temps d’écrire. Nous avons donc fait un brainstorming et nous les avons ébauchées ensemble, dont une, à partir d’un pitch de Marine Locatelli.</span></i><span style="font-weight: 400;"> </span><i><span style="font-weight: 400;">Quant à cette co-réalisation, c’est bien plus tard que j’ai appris qu’elle avait d’abord été proposée à quelques messieurs, mais que ceux-ci avaient tous décliné l’offre </span></i><span style="font-weight: 400;">».</span></p>
<p style="text-align: left;"><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter wp-image-5728" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/11/2005-KietLBS_imageFilm_01.jpg" alt="2005-KietLBS_imageFilm_01" width="996" height="581" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/11/2005-KietLBS_imageFilm_01.jpg 1984w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/11/2005-KietLBS_imageFilm_01-540x315.jpg 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/11/2005-KietLBS_imageFilm_01-1024x597.jpg 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/11/2005-KietLBS_imageFilm_01-843x492.jpg 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/11/2005-KietLBS_imageFilm_01-284x166.jpg 284w" sizes="auto, (max-width: 996px) 100vw, 996px" /></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Cette co-réalisation était une première pour Michel Ocelot. « </span><i><span style="font-weight: 400;">Lui aussi, il était un peu inquiet. Mais je l’ai rassuré en lui disant que je ne ferai que du Kirikou et pas sans lui. En même temps, il fallait que je trouve ma place. Alors dans le film, il y a quelques petites entorses par rapport au style de Michel. Mais toutes petites ! </span></i><span style="font-weight: 400;">(Elle rit). </span><i><span style="font-weight: 400;">Ça s’est très bien passé, dans l’ensemble, même si certains moments ont mis à mal notre amitié. Et puis le film a fait un carton. Et je lui dois de merveilleux moments, comme la projection devant 2000 enfants à Cannes ou encore la tournée de promotion au Vietnam, dans laquelle on a pu embarquer une partie des techniciens vietnamiens. C’était très émouvant ».</span></i></p>
<p style="text-align: left;"><span style="font-weight: 400;">Aujourd’hui, c’est donc à Valence que Bénédicte a posé ses valises pour une nouvelle aventure avec le studio </span><i><span style="font-weight: 400;">Parmi les lucioles</span></i><span style="font-weight: 400;">. « </span><i><span style="font-weight: 400;">Tout est nouveau pour moi : le producteur, Jérôme Duc-Maugé, l’équipe, le format… Et c’est une comédie musicale ! Moi, qui aime le chant &#8211; j’ai fait partie d’une chorale &#8211; je me régale… </span></i><span style="font-weight: 400;">».  Et surtout, cette fois, Bénédicte réalise le film, seule. « « </span><i><span style="font-weight: 400;">Le grand voyage de Gouti », c’est ce que j’appelle un « projet de producteur », dans le sens où c’est Jérôme qui a eu l’idée d’adapter l’album pour enfants de Michel Bussy, illustrée par Peggy Nille, en une comédie musicale composée et interprétée par Olivia Ruiz. Quand il m’a contactée, il y avait un premier séquencier, mais il fallait encore écrire le scénario et toute la partie musicale. Avec Olivia Ruiz, on a dû relever le défi de faire avancer le récit uniquement à travers les paroles des chansons. Nous l’avons fait et nous avons eu beaucoup de plaisir à travailler ensemble. D’autant qu’on voulait faire passer les mêmes messages, à travers ce conte qui parle déjà de la nécessité de s’adapter et de s’entraider sur fond de crise climatique. Nous voulions aussi insister sur la nécessité de s’ouvrir à l’autre et de lui tendre la main ».</span></i></p>
<p style="text-align: left;"><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter wp-image-5730" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/11/2023_GVdeGouti_PLLF_01.jpg" alt="2023_GVdeGouti_PLLF_01" width="1138" height="640" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/11/2023_GVdeGouti_PLLF_01.jpg 1920w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/11/2023_GVdeGouti_PLLF_01-540x304.jpg 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/11/2023_GVdeGouti_PLLF_01-1024x576.jpg 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/11/2023_GVdeGouti_PLLF_01-843x474.jpg 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/11/2023_GVdeGouti_PLLF_01-284x160.jpg 284w" sizes="auto, (max-width: 1138px) 100vw, 1138px" /></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Comme sur </span><i><span style="font-weight: 400;">Kirikou et les bêtes sauvages</span></i><span style="font-weight: 400;">, Bénédicte s’est fondue dans le style graphique d’une autre artiste, l’illustratrice Peggy Nille. « </span><i><span style="font-weight: 400;">J’aime beaucoup son style à la fois naïf, foisonnant et très coloré qui évoque celui du Douanier Rousseau, mais aussi l’iconographie de l’Inde.</span></i><span style="font-weight: 400;"> </span><i><span style="font-weight: 400;">C’est un unitaire pour Canal +, mais on aimerait qu’il ait aussi une vie au cinéma, dans un programme de courts-métrages. Seulement avant, il faut le terminer</span></i><span style="font-weight: 400;">. </span><i><span style="font-weight: 400;">En tout cas, la fabrication se passe très bien. L’équipe est enthousiaste. Elle est composée de jeunes gens sortant de l’école Emile Cohl et de quelques anciens de la vieille école, comme moi. </span></i><span style="font-weight: 400;">(Elle rit) </span><i><span style="font-weight: 400;">Et signe des temps, elle est très féminine ! La parité, c’est aussi une volonté de Jérôme ».</span></i></p>
<p style="text-align: left;"><span style="font-weight: 400;">En réalisant un film seule, Bénédicte découvre aussi, pour la première fois, le plaisir de faire des choix, à toutes les étapes de sa fabrication. </span><i><span style="font-weight: 400;">« J’ai pu notamment accéder à toute la partie montage avec Sylvie Perrin Duc-Maugé. Sur « Kirikou et les bêtes sauvages », c’est Michel qui dirigeait le montage. Moi, je n’ai fait qu’y assister. Là, je prends toute la mesure de ce qu’impliquent les choix qui vont donner son souffle et son âme au film. Et puis, il y a tout ce merveilleux travail sur le son, ce son qui donne une telle dimension aux images. J’ai rencontré des « poètes » du son qui te parlent avec passion du chant des grillons, de ceux qui chantent le jour et d’autres, différents, qui chantent à la tombée de la nuit… C’est génial ! Et puis tu sens qu’avec tous ces talents, avec tous ces passionnés, le film va devenir une petite pépite ».</span></i></p>
<p style="text-align: left;"><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter wp-image-5732" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/11/B_Galup_Portrait_2.jpg" alt="B_Galup_Portrait_2" width="942" height="530" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/11/B_Galup_Portrait_2.jpg 5472w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/11/B_Galup_Portrait_2-540x304.jpg 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/11/B_Galup_Portrait_2-1024x576.jpg 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/11/B_Galup_Portrait_2-843x474.jpg 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/11/B_Galup_Portrait_2-284x160.jpg 284w" sizes="auto, (max-width: 942px) 100vw, 942px" /></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-weight: 400;">©</span><span style="font-weight: 400;"> Christel Chabert &#8211; 2023</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Et l’avenir ? Grâce au succès de </span><i><span style="font-weight: 400;">Kirikou et les bêtes sauvages</span></i><span style="font-weight: 400;">, Bénédicte confesse qu’elle peut désormais s’autoriser à choisir les projets sur lesquels elle travaille. « </span><i><span style="font-weight: 400;">Et j’ai la chance qu’il s’en présente de très beaux. J’ai essayé parfois d’en initier mais ça n’a pas marché, pour l’instant ! </span></i><span style="font-weight: 400;">(Elle rit).</span><i><span style="font-weight: 400;"> Et puis je me suis mise aussi à écrire des scénarios pour des grosses séries. J’avais envie de voir ce qu’impliquait ce type d’écriture, avec toutes les contraintes imposées par la licence. C’est un exercice qui n’est pas facile, mais qui est très intéressant. Je suis une grande curieuse, au fond ; je suis un brin exploratrice. Jean-Christophe Roger, le réalisateur de la série « Belphégor » avec qui j’ai travaillé, m’a dit un jour : « Toi, à chaque fois que tu fais une nouvelle production, on dirait que tu pars sur une nouvelle aventure. ». C’est vrai. Et j’ai eu beaucoup de chance. J’ai travaillé sur de très beaux films, avec des gens très différents, très intéressants, et qui, souvent, sont devenus des amis. J’ai connu des galères et des réussites… Et plein de beaux moments. J’espère que ça va être comme ça jusqu’au bout. Parce qu’il y a encore beaucoup de choses à découvrir et que j’ai encore beaucoup de choses à apprendre ». </span></i></p>
<p><span style="font-weight: 400;">C’est sur ces mots que conclut Bénédicte et sur un grand éclat de rire, comme il se doit. </span></p>
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		<title>Anita Doron – Réalisatrice, par Delphine Nicolini</title>
		<link>https://lesfemmessaniment.fr/anita-doron-delphine-nicolini/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[CHATEL Thibaut]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Oct 2023 13:19:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Ressources]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>&#160; &#160; J’ai connu Anita Doron en mars 2023 lors d’un atelier organisé au Ghana par le festival d’Annecy ; une rencontre évidente comme on en fait peu.  Talentueuse, passionnée,&#8230;&#160;<a href="https://lesfemmessaniment.fr/anita-doron-delphine-nicolini/" rel="bookmark">Tout lire<span class="screen-reader-text">Anita Doron – Réalisatrice, par Delphine Nicolini</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-5704" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/10/2019-anita-doron-FB-1200x630.png" alt="2019-anita-doron-FB-1200x630" width="1200" height="630" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/10/2019-anita-doron-FB-1200x630.png 1200w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/10/2019-anita-doron-FB-1200x630-540x284.png 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/10/2019-anita-doron-FB-1200x630-1024x538.png 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/10/2019-anita-doron-FB-1200x630-843x443.png 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/10/2019-anita-doron-FB-1200x630-284x149.png 284w" sizes="auto, (max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400;">J’ai connu Anita Doron en mars 2023 lors d’un atelier organisé au Ghana par le festival d’Annecy ; une rencontre évidente comme on en fait peu. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Talentueuse, passionnée, bienveillante mais aussi diseuse de bonne aventure, sa joie de vivre, son amour de l’image et de l’animation m’ont donné envie d’écrire son portrait. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400;">Anita Doron est entrée dans l’animation par la grande porte, en écrivant le scénario de </span><i><span style="font-weight: 400;">Parvana, une enfance en Afghanistan</span></i><span style="font-weight: 400;"> (</span><i><span style="font-weight: 400;">The Breadwinner</span></i><span style="font-weight: 400;">), réalisé par Nora Twomey. Un film dont on connaît le succès. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L’un des producteurs, qui connaissait son style, lui a demandé de d’adapter le livre en dessin animé. L’Afghanistan intéresse particulièrement Anita et sa rencontre avec Nora se révèle fatidique ; “</span><i><span style="font-weight: 400;">un vrai  match </span></i><span style="font-weight: 400;">” comme elle dit. Au-delà d’une amitié naissante, elles ont tout de suite senti qu’elles avaient le même film en tête et ensemble, ont conçu l’alchimie qui a donné le film. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Anita a fait de nombreuses recherches de son côté et travaillé avec un ami artiste afghan pour comprendre le contexte, la culture, le quotidien, la vie d’une famille en Afghanistan et surtout, comprendre Parvana, la petite héroïne du film. Car quel que soit le film sur lequel elle travaille, Anita a besoin de s’identifier et de rentrer en connexion avec son personnage, de sentir ses émotions pour pouvoir ensuite être capable de les écrire.</span></p>
<p><i><span style="font-weight: 400;">“Parvana, un hasard ? Non, le destin !</span></i><span style="font-weight: 400;"> “dit-elle. </span><i><span style="font-weight: 400;">« Parvana m’a permis de rentrer dans le monde du dessin animé et d’en tomber amoureuse. C’est un monde où les gens sont joyeux et n’ont rien perdu de leur enfance ; c’est mon monde » !</span></i></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le dessin a toujours accompagné Anita; petite, ado et encore aujourd’hui elle dessine ; ses plans, ses scènes, ses personnages. Le dessin n’est pas son métier mais elle a besoin d’un temps à elle en amont pour dessiner et préciser l’image qu’elle cherche. Ses films en prises de vues réelles ont d’ailleurs toujours été très visuels, tant du côté de l’image que de l’écriture, </span><i><span style="font-weight: 400;">“du réalisme magique” </span></i><span style="font-weight: 400;"> dit-elle.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L’un de ses premiers courts-métrages, </span><i><span style="font-weight: 400;">“Not a Fish Story”</span></i><span style="font-weight: 400;">, raconte l’histoire d’un homme à la retraite qui rêve de changer de vie et de devenir un poisson. Sa femme, tout d’abord vexée et blessée, finit par accepter et laisse faire son mari. Elle lui permet de vivre dans l’aquarium qu’il a construit et l’y rejoint même de temps en temps. L’homme se transforme progressivement en homme-poisson et sa femme accepte de finalement le relâcher dans un lac. Le réalisme magique est déjà là et l’animation pas très loin !</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">C’est d’ailleurs, entre autres, en voyant ce film que le producteur canadien de Parvana l’a contactée.</span></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-5714" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/10/the-lesser-blesses-avec-léquipe-et-apres-avoir-gagné-pour-best-writing.png" alt="the lesser blesses - avec l'équipe et apres avoir gagné pour best writing" width="2048" height="1376" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/10/the-lesser-blesses-avec-léquipe-et-apres-avoir-gagné-pour-best-writing.png 2048w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/10/the-lesser-blesses-avec-léquipe-et-apres-avoir-gagné-pour-best-writing-540x363.png 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/10/the-lesser-blesses-avec-léquipe-et-apres-avoir-gagné-pour-best-writing-1024x688.png 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/10/the-lesser-blesses-avec-léquipe-et-apres-avoir-gagné-pour-best-writing-843x566.png 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/10/the-lesser-blesses-avec-léquipe-et-apres-avoir-gagné-pour-best-writing-284x191.png 284w" sizes="auto, (max-width: 2048px) 100vw, 2048px" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400;">Aujourd’hui, les projets s&#8217;enchaînent, à la fois en prises de vues réelles et en animation. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Mais avant d’en arriver là, empruntons le même chemin qu’elle.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Anita Doron est née à Berehove en Ukraine, à la frontière de la Hongrie. La ville était quasiment hongroise ; elle est allée à l’école hongroise et d’ailleurs, Berehove a appartenu à l’Austro-Hongrie du temps de ses  grands-parents puis à l’Union Soviétique à la naissance de ses parents. On comprend son intérêt pour l’Afghanistan.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En 1990, ses parents comprennent qu’il n’y a pas ou plus d’avenir dans ce pays et ils décident de partir. Sa mère ne supporte plus l’antisémitisme ambiant: Jeune, elle n’a pas eu eu le droit de faire des études car elle était juive  (elle voulait étudier l’astrophysique). Elle n’a pas voulu que l’avenir de sa fille soit aussi entravé que le sien. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Elle part vivre </span><span style="font-weight: 400;"> Canada pendant 20 ans où elle fait ses études et démarre sa vie professionnelle. Aujourd’hui, elle vit en Bretagne dans un tout petit village qu’elle ne voudrait quitter pour rien au monde.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Au Canada, elle étudie le cinéma classique à l’université de Ryerson. L’un de ses professeurs prédit à ses élèves que seuls 1 ou 2% d’entre eux·elles deviendront réalisateur·ices. Anita a aujourd’hui accompli ce chemin.</span></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-5715" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/10/Screenshot-2023-10-13-151954.png" alt="Screenshot 2023-10-13 151954" width="536" height="1164" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400;">A l’époque, vu son caractère doux, bienveillant &#8211; féminin comme on lui disait &#8211; on lui propose d’intégrer la section « média » plutôt que la section cinéma, mais elle refuse . « </span><i><span style="font-weight: 400;">Je ne voyais pas pourquoi quelqu’un de doux ne pouvait pas faire du cinéma mais cela m’a pris très longtemps pour me prouver que j’en étais capable, sans doute beaucoup plus longtemps qu’un homme</span></i><span style="font-weight: 400;"> ».</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Réalisatrice ! Elle l’était pourtant depuis longtemps. A 12 ans, en Union Soviétique, elle tourne avec sa copine un film documentaire sur une rivière polluée par une usine et dans laquelle on ne peut plus nager. Elles veulent comprendre ce qui se passe. Anita emprunte la caméra super 8 de son père et elles commencent à interviewer les gens de la ville. Personne n’accepte de répondre aux questions des deux jeunes filles…. sauf ceux qui sortent des bars en ayant trop bu ; cela leur donne le courage de parler!</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Au bout de quelques jours de tournage, le député maire leur propose un rendez-vous. Ravies, elles s’y rendent avec leur enregistreur pensant pouvoir l’interviewer lui aussi. mais au lieu de cela, il leur demande très clairement d’arrêter leur film et les menace: si elles continuent, leurs parents seront licenciés.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Désespérée, Anita rentre chez elle. Sa mère la soutient :« </span><i><span style="font-weight: 400;">t’inquiètes, tu continues quand même !</span></i><span style="font-weight: 400;"> ». Les deux copines continuent donc leur tournage – personne n’est renvoyé – et envoient leur pellicule à développer au labo…. Mais quand elles récupèrent le film, la pellicule est vierge !</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Anita rit « </span><i><span style="font-weight: 400;">je ne pense pas qu’ils étaient assez organisés pour orchestrer un sabotage. Je pense plutôt que c’est nous qui avons fait une erreur avec la caméra !! ». </span></i></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Après l’université, elle réalise plusieurs films, courts et longs, toujours en prises de vues réelles. </span></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-5713" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/10/End-of-Silence-Ekaterina-Chelkanova-1.jpg" alt="End of Silence - Ekaterina Chelkanova (1)" width="1084" height="814" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/10/End-of-Silence-Ekaterina-Chelkanova-1.jpg 1084w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/10/End-of-Silence-Ekaterina-Chelkanova-1-540x405.jpg 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/10/End-of-Silence-Ekaterina-Chelkanova-1-1024x769.jpg 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/10/End-of-Silence-Ekaterina-Chelkanova-1-843x633.jpg 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/10/End-of-Silence-Ekaterina-Chelkanova-1-284x213.jpg 284w" sizes="auto, (max-width: 1084px) 100vw, 1084px" /></p>
<p><i><span style="font-weight: 400;">“The End of Silence”</span></i><span style="font-weight: 400;">, son 1er long métrage s’inspire de la vie d’une de ses amies, une jeune ballerine qui a quitté le Bolchoï. Le film est un triangle amoureux quasi muet. Tourné en mode “guérilla” &#8211; très rapidement dans le Nord dans le froid, avec une toute petite équipe et un tout petit budget &#8211; </span><i><span style="font-weight: 400;">The End of Silence </span></i><span style="font-weight: 400;">remporte de nombreux prix. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Vient plus tard, “The Lesser Blessed”, le 1er film qu’elle dit </span><i><span style="font-weight: 400;">sérieux</span></i><span style="font-weight: 400;">: l’adaptation d’un roman de Richard Van Camp qui se déroule dans les Territoires du Nord-Ouest Canadien et qui raconte la vie mouvementée d’un jeune amérindien de 17 ans vivant marginalement dans un petit village face à une société aliénée et raciste.   Raconter les gens un peu “différents” passionne Anita.</span></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-5710" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/10/THE-LESSER-BLESSED-pendant-le-tournage-1.png" alt="THE LESSER BLESSED - pendant le tournage 1" width="1022" height="680" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/10/THE-LESSER-BLESSED-pendant-le-tournage-1.png 1022w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/10/THE-LESSER-BLESSED-pendant-le-tournage-1-540x359.png 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/10/THE-LESSER-BLESSED-pendant-le-tournage-1-843x561.png 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/10/THE-LESSER-BLESSED-pendant-le-tournage-1-284x189.png 284w" sizes="auto, (max-width: 1022px) 100vw, 1022px" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-5709" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/10/THE-LESSER-BLESSED-pendant-le-tournage-3.png" alt="THE LESSER BLESSED - pendant le tournage 3" width="1536" height="905" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/10/THE-LESSER-BLESSED-pendant-le-tournage-3.png 1536w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/10/THE-LESSER-BLESSED-pendant-le-tournage-3-540x318.png 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/10/THE-LESSER-BLESSED-pendant-le-tournage-3-1024x603.png 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/10/THE-LESSER-BLESSED-pendant-le-tournage-3-843x497.png 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/10/THE-LESSER-BLESSED-pendant-le-tournage-3-284x167.png 284w" sizes="auto, (max-width: 1536px) 100vw, 1536px" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400;">Aujourd’hui, Anita est pleine de nouveaux projets. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Elle veut écrire et/ou réaliser des films d’auteurs commerciaux, des films empathiques, qui portent un message et qui touchent le maximum de gens. Elle veut montrer toute la richesse et la diversité de notre monde. Sa motivation, c&#8217;est de “</span><i><span style="font-weight: 400;">montrer que les autres ne sont pas d’autres, que les autres c&#8217;est nous !</span></i><span style="font-weight: 400;"> (&#8230;) </span><i><span style="font-weight: 400;">Dans les films sur lesquels je travaille, que ce soit comme scénariste ou réalisatrice, je veux permettre aux gens de vivre un moment hors du temps, donner un espace d’émotions où l’on se laisse aller</span></i><span style="font-weight: 400;"> ». </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Quand elle écrit, elle ne réfléchit pas trop à son public cible. Elle travaille beaucoup à l’instinct et laisse au producteur·ices le soin de savoir à qui ils veulent s&#8217;adresser. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Elle écrit pour plusieurs sociétés de production et développe des projets plus personnels:. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">D’une part, l’adaptation de </span><i><span style="font-weight: 400;">“Fairyheart</span></i><span style="font-weight: 400;">”, un roman hongrois iconique des années 60 qu’elle a lu adolescente. Son auteure, Magda Szabo, était sur une liste noire et n’était autorisée à écrire que des livres pour enfants. “</span><i><span style="font-weight: 400;">A travers des récits qui semblaient légers, elle traitait en fait de sujets complexes comme celui de vivre dans un monde difficile Elle faisait ressortir le pire comme le meilleur de l’humanité et jouait avec la dualité d’être soit maléfique, soit magique et bienveillant.”</span></i><span style="font-weight: 400;"> Ce sera le 1</span><span style="font-weight: 400;">er</span><span style="font-weight: 400;"> film d’animation d’Anita comme réalisatrice. Le film est produit par Mythberg, Lakeside, Humina et Sola Media. Le design des personnages a été créé par Simón Estrada (Rick et Morty, Big Mouth…) aux Etats-Unis et le film sera animé en Hongrie. </span></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-5712" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/10/FAIRY-HEART-recherches-graphiques-1.jpg" alt="FAIRY HEART-recherches graphiques (1)" width="6883" height="3300" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/10/FAIRY-HEART-recherches-graphiques-1.jpg 6883w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/10/FAIRY-HEART-recherches-graphiques-1-540x259.jpg 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/10/FAIRY-HEART-recherches-graphiques-1-1024x491.jpg 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/10/FAIRY-HEART-recherches-graphiques-1-843x404.jpg 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2023/10/FAIRY-HEART-recherches-graphiques-1-284x136.jpg 284w" sizes="auto, (max-width: 6883px) 100vw, 6883px" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400;">D’autre part, elle développe un film familial sur Léonard de Vinci, qu’elle souhaite réaliser. Produit par un producteur américain, David Newman (Newmation), le film est en financement et a rencontré de vifs intérêts lors du dernier festival d’Annecy. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Anita appartient aussi au réseau mondial de conférences TED qui regroupent une communauté de scientifiques, chercheurs, journalistes, politiques… Cela lui a permis de rencontrer et de découvrir des gens incroyables et différents qu’elle n’aurait jamais rencontrés autrement.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Par le biais du storytelling, elle donne plusieurs conférences : à Berlin sur la mémoire, à Los Angeles sur “découvrir le clown qui sommeille en vous” et “ne pas se laisser enfermer dans ce que l&#8217;on sait”.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400;">Et en dehors de ses 12 vies, Anita aime lire les cartes, celles de l’avenir mais aussi celles des scénarios !</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Quand elle écrit, elle questionne parfois le Tarot sur la définition d’un personnage ou juste pour se rassurer et être bien sûre qu’elle a foi en son projet. Rien qu’elle ne sache déjà mais cela “ramène le subconscient à la surface” et cela l’aide dans ses réflexions. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Anita aime aussi se dire un peu </span><i><span style="font-weight: 400;">“sorcière”</span></i><span style="font-weight: 400;">, elle prédit l’avenir autour d’elle. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Dans le train de retour d’Annecy, c’est mon tour !!</span></p>
<p><b>Je ne lis pas l’avenir, ni dans les cartes, ni dans le marc de café mais je lui en prédis un d’avenir: il sera animé, réjouissant et fourmillant!</b></p>
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