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	<title>Portraits Archives | Les Femmes s&#039;Animent</title>
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	<description>Promouvoir les femmes dans le métier de l&#039;animation.</description>
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	<item>
		<title>Anaïs Guillon – Distributrice, par Marie Balaresque</title>
		<link>https://lesfemmessaniment.fr/anais-guillon-distributrice-par-marie-balaresque/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Cloë Coutel]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Jul 2026 15:26:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Distributrice]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>&#160; &#160; &#160; Rêver en très grand avec Anaïs Guillon, directrice de la distribution aux Films  du Préau.   &#160; Le grand drame d’Anaïs, c’est qu’elle n’a aucun souvenir de sa&#8230;&#160;<a href="https://lesfemmessaniment.fr/anais-guillon-distributrice-par-marie-balaresque/" rel="bookmark">Tout lire<span class="screen-reader-text">Anaïs Guillon – Distributrice, par Marie Balaresque</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
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<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="aligncenter size-large wp-image-9593" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-20-a-17.18.32-768x1024.png" alt="" width="768" height="1024" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-20-a-17.18.32-768x1024.png 768w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-20-a-17.18.32-405x540.png 405w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-20-a-17.18.32-1152x1536.png 1152w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-20-a-17.18.32.png 1488w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></p>
<p>&nbsp;</p>
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<h3></h3>
<p style="text-align: center;"><b>Rêver en très grand avec Anaïs Guillon, directrice de la distribution aux Films  du Préau.  </b></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le grand drame d’Anaïs, c’est qu’elle n’a aucun souvenir de sa première séance de  cinéma ! Terrible pour la jeune directrice de la distribution des </span><i><span style="font-weight: 400;">Films du Préau</span></i><span style="font-weight: 400;">, qui se  souvient pourtant avoir collectionné la plupart des DVD Disney dans son enfance. Le  véritable « choc d’animation » arrive un peu plus tard, alors qu’elle découvre à la fac  de Nanterre </span><i><span style="font-weight: 400;">Les Aventures du prince Ahmed, </span></i><span style="font-weight: 400;">réalisé par Lotte Reiniger en 1926.  </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Entre deux crêpes bretonnes, Anaïs me présente </span><i><span style="font-weight: 400;">Les Films du Préau</span></i><span style="font-weight: 400;">, la société de  distribution de films jeune public, où elle travaille depuis six ans. Fondée en 2000 par  Emmanuelle Chevalier et Marie-Agnès Bourillon, qui constatent alors le manque de  propositions adaptées au très jeune public dans les salles de cinéma, </span><i><span style="font-weight: 400;">Les Films du  Préau </span></i><span style="font-weight: 400;">conçoivent des programmes de courts métrages pour les tout petits (à partir  de 3 ans), et sortent des longs métrages d’animation, de fiction ou documentaire  pour les plus grands (comme le récent </span><i><span style="font-weight: 400;">Fantastique </span></i><span style="font-weight: 400;">réalisé par Marjolijn Prins). </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les programmes sont imaginés autour d’un.e auteur.ice ou d’une thématique (l’hiver, la  nuit, les héroïnes, ou plus récemment la confiance en soi avec </span><i><span style="font-weight: 400;">La grande rêvasion </span></i><span style="font-weight: 400;">de  Rémi Durin), et rassemblent des petites merveilles d’animation dénichées dans le  monde entier. Court-métrages anciens et récents s’y côtoient, mélangeant des  techniques d’animation aussi variées que la laine ou la peinture animée. L’occasion  pour beaucoup d’enfants de vivre leur première séance de cinéma !</span></p>
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<p><img decoding="async" class="aligncenter size-large wp-image-9594" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-20-a-17.21.19-1024x577.png" alt="" width="1024" height="577" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-20-a-17.21.19-1024x577.png 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-20-a-17.21.19-540x304.png 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-20-a-17.21.19-1536x865.png 1536w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-20-a-17.21.19-2048x1153.png 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Après une L3 de théâtre et cinéma au Québec, Anaïs choisit de faire une année de  césure. Portée par l’envie de travailler au plus près des enfants, elle effectue un  premier stage avec une directrice de casting spécialisée dans le casting d’enfants.  Un second stage, cette fois en programmation, l&#8217;amène à pousser la porte des </span><i><span style="font-weight: 400;">Films  du Préau</span></i><span style="font-weight: 400;">. Interrompu par le covid, son stage est coupé en deux. Mais lorsque les  salles rouvrent au printemps, elle est engagée en CDD ; un premier emploi en  programmation avec de plus en plus de missions marketing. Anaïs évolue, devenant  notamment responsable du marketing et de l’édition des DVD (une activité qui  fonctionne encore bien pour les médiathèques). Petit à petit, elle accompagne  Emmanuelle Chevalier dans l’acquisition des films, la lecture des scénarios, les  rencontres avec auteurs et producteurs jusqu’à devenir directrice de la distribution  début 2025.  </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Mais la distribution, qu’est-ce que c’est au juste ? Le rôle du distributeur est de faire  le lien entre le film produit et la salle de cinéma. Le distributeur fait en sorte que le  film ait une belle visibilité de par sa communication (affiche, bande-annonce,  publicité…) et sa programmation (dans toute la France). Pour que les spectateurs  entendent parler des films jeune public, plusieurs stratégies sont mises en place par  les </span><i><span style="font-weight: 400;">Films du Préau </span></i><span style="font-weight: 400;">qui travaillent en étroite collaboration avec les salles de cinéma  Art et Essai : sortie autour des vacances scolaires, communication auprès des  parents et grands-parents… Tout est important, chaque détail compte ! Des dossiers  pédagogiques en lien avec les programmes scolaires, des fiches récréatives à faire à  la maison, ou encore des «ciné-discussion» accompagnent chacune des sorties de  films &#8211; le tout en libre téléchargement sur le site des </span><i><span style="font-weight: 400;">Films du Préau</span></i><span style="font-weight: 400;">. L’enjeu est que  les enfants puissent s’exprimer sur les films qu’ils ont vu, à la fin d’une séance de  cinéma, chez eux ou en classe. </span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-large wp-image-9595" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-20-a-17.22.50-1024x338.png" alt="" width="1024" height="338" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-20-a-17.22.50-1024x338.png 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-20-a-17.22.50-540x178.png 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-20-a-17.22.50-1536x507.png 1536w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-20-a-17.22.50-2048x675.png 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Dénicheuse de petits bijoux animés, Anaïs parcourt avec joie les festivals à la  recherche de récits à hauteur d’enfants. Les films ne doivent pas juste être une  distraction mais inviter les enfants à s’interroger sur leurs émotions et à s’ouvrir au  monde qui les entoure. Parfois, comme dans le très beau </span><i><span style="font-weight: 400;">Collocation sauvage  </span></i><span style="font-weight: 400;">d’Armelle Mercat (l’histoire d’une chèvre optimiste qui construit une cabane dans  une jungle habitée par de dangereuses créatures), ce sont les parents qui ont plus  peur que leurs enfants ! Il arrive qu’un coup de cœur donne l’idée d’un programme. «  Les petits singuliers » s’est par exemple formé autour du film </span><i><span style="font-weight: 400;">Le garçon et l’éléphant  </span></i><span style="font-weight: 400;">réalisé par Sonia Gerbeaud, qui raconte l’arrivée dans une classe d’un enfant pas  comme les autres. D’autres fois, c’est l’inverse : il faut trouver LE film qui viendra  compléter une programmation en cours.  </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Plusieurs périodes sont attendues et appréciées dans la vie de distributrice jeune  public. La rentrée scolaire est particulièrement excitante : non seulement c’est un  moment idéal pour la sortie de films, mais c’est aussi la saison où l’équipe voit le  fruit de son travail se concrétiser. Avec des yeux pétillants, Anaïs évoque aussi le  moment où, engagée à l’étape du scénario sur un projet, elle reçoit dans sa boîte  mail une première animatique ou une V1 de montage !  </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Au moment de proposer un « TOP 3 </span><i><span style="font-weight: 400;">Films du Préau </span></i><span style="font-weight: 400;">» le cœur d’Anaïs se brise : </span><i><span style="font-weight: 400;">trop  difficile de choisir</span></i><span style="font-weight: 400;">, m’avoue-t-elle alors que les crêpes au sucre arrivent. Mais s’il  fallait retenir trois courts métrages à voir absolument, Anaïs nous conseillerait :  </span><i><span style="font-weight: 400;">Cœur fondant </span></i><span style="font-weight: 400;">de Benoît Chieux (le premier film sur lequel elle travaille en 2019).  </span><i><span style="font-weight: 400;">Le gnome et le nuage </span></i><span style="font-weight: 400;">de Filip Diviak et Zuzana Čupová et </span><i><span style="font-weight: 400;">Maman pleut des cordes </span></i><span style="font-weight: 400;">de Hugo de Faucompret  </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Au fond de la cour d’un immeuble du XIème arrondissement où sont installés les  bureaux des </span><i><span style="font-weight: 400;">Films du Préau</span></i><span style="font-weight: 400;">, Anaïs se remet au travail après cette petite pause  déjeuner. L’équipe prépare une rentrée à la ferme avec le programme « Un amour  d’épouvantail », que nous pourrons découvrir au cinéma le 23 septembre 2026.  Avant de repartir, Anaïs m’offre autocollants, tatouages et petits carnets sur lesquels  se bousculent la joyeuse ribambelle de personnages colorés, tout droit sortis des </span></p>
<p><i><span style="font-weight: 400;">Films du Préau</span></i><span style="font-weight: 400;">. De quoi continuer de rêver cet été, avec douceur et poésie.</span></p>
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<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-large wp-image-9596" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-20-a-17.23.03-1024x555.png" alt="" width="1024" height="555" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-20-a-17.23.03-1024x555.png 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-20-a-17.23.03-540x293.png 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-20-a-17.23.03-1536x832.png 1536w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-20-a-17.23.03-2048x1110.png 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></p>
<p style="text-align: right;">Marie Balaresque</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Aurélie Grasso – Agent d&#8217;artistes, par Joelle Oosterlinck</title>
		<link>https://lesfemmessaniment.fr/aurelie-grasso/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Cloë Coutel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 May 2026 15:48:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[agent]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>&#160; &#160; &#160; Rendez-vous dans le 2ème arrondissement de Paris pour rencontrer Aurélie Grasso de l’agence Kamaji. Je m’attends à pousser la porte d’un grand bureau, à tomber sur une&#8230;&#160;<a href="https://lesfemmessaniment.fr/aurelie-grasso/" rel="bookmark">Tout lire<span class="screen-reader-text">Aurélie Grasso – Agent d&#8217;artistes, par Joelle Oosterlinck</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
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<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-large wp-image-9454" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2026/05/AURELIE-GRASSO-c-Lionel-Vigourt-768x1024.jpg" alt="" width="768" height="1024" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2026/05/AURELIE-GRASSO-c-Lionel-Vigourt-768x1024.jpg 768w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2026/05/AURELIE-GRASSO-c-Lionel-Vigourt-405x540.jpg 405w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2026/05/AURELIE-GRASSO-c-Lionel-Vigourt-1152x1536.jpg 1152w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2026/05/AURELIE-GRASSO-c-Lionel-Vigourt.jpg 1536w" sizes="auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px" /></p>
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<h3></h3>
<p><span style="font-weight: 400;">Rendez-vous dans le 2</span><span style="font-weight: 400;">ème</span><span style="font-weight: 400;"> arrondissement de Paris pour rencontrer Aurélie Grasso de l’agence Kamaji. Je m’attends à pousser la porte d’un grand bureau, à tomber sur une ruche, des téléphones qui sonnent et toute une équipe… Je découvre avec enchantement un petit cocon aux couleurs pastelles. Sur les murs, des enveloppes illustrées par Philippe Duchêne, des cartes de vœux de fin d’année imaginées par différents auteurs graphiques de l’agence  &#8230; Et au milieu de de calme olympien et de ces petits morceaux d’univers : Aurélie Grasso. Seule.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><b>FAROUCHEMENT INDÉPENDANTE</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Si aujourd’hui Aurélie travaille seule, c’est par choix. C’est une femme qui aime la culture au sens large du terme :  la littérature, la danse, la musique, les tatouages et le cinéma &#8211; du film de niche au gros blockbuster, en passant par le film de genre, avec une tendresse particulière pour les films de zombies. Et qui aime gérer sa barque comme elle l’entend. Pas d’armada, pas de hiérarchie compliquée : une relation directe avec les artistes, un travail au cas par cas, au rythme des projets et des personnalités. Le bonheur aussi de pouvoir gérer son emploi du temps comme elle le veut, elle qui est si attachée à l’équilibre de sa vie professionnelle et de sa vie personnelle.</span></p>
<p><b>KAMAJI</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L’agence Kamaji naît en 2011. Son nom est emprunté  à un personnage du film </span><i><span style="font-weight: 400;">Le Voyage de Chihiro</span></i><span style="font-weight: 400;"> d’Hayao Miyazaki. C’est un personnage fantastique garant du bon fonctionnement des bains. C’est grâce à elle que la petite héroïne trouve du travail dans cet univers étrange et inconnu. Et comme ce personnage, Aurélie entend bien aider  ses  artistes à s’épanouir artistiquement et professionnellement.  Pourtant, elle n’avait pas du tout dans l’idée de monter sa propre société… </span></p>
<p><b>FLASH-BACK</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En 2001, Aurélie a vingt ans et poursuit ses études, débutées à Montpellier, à Paris</span><i><span style="font-weight: 400;">.</span></i><span style="font-weight: 400;"> Un mémoire, puis un DEA en arts du spectacle, avec une spécialité en esthétique du cinéma. À ce moment-là, elle sait qu’elle veut travailler dans le domaine du cinéma et de l’audiovisuel. Mais quoi précisément ? Mystère… Alors elle explore. Et enchaîne les expériences.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">D’abord deux stages comme attachée presse. Qui lui plaisent beaucoup. Puis un CDD chez Nicole Cann, agent d’artistes. Aurélie n’a alors aucune idée de ce en quoi consiste ce métier. Qu’importe ! L’important c’est justement d’apprendre ! </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Elle découvre la relation particulière de Nicole Cann avec ses talents &#8211; beaucoup de réalisateurs et réalisatrices &#8211; la façon dont elle les accompagne, défend leurs projets, négocie leurs contrats et valorise leur travail. Et puis un jour, Nicole lui propose de la rejoindre comme collaboratrice, en CDI. Nous sommes en 2005. Aurélie a presque vingt-quatre ans. Elle dit oui. Oui à tout ! </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le même été, elle signe son contrat, décroche son DEA et… se marie !</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pendant les dix années qui suivent, elle apprend le métier auprès de « sa mentor ». Sa vie personnelle n’est pas remise en cause par ce travail prenant, bien au contraire, il y a une bienveillance et une sécurité très rassurantes. Une première fille naît, puis une seconde. Et alors qu’elle est enceinte de la plus jeune, une idée commence à germer.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Que pourrait-elle apporter de neuf à l’agence ? </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Aurélie a grandi avec le Club Dorothée. En tant que spectatrice, elle aime beaucoup les films et séries d’animation. Son mémoire de maîtrise portait sur le film </span><i><span style="font-weight: 400;">Ghost in the Shell</span></i><span style="font-weight: 400;"> de Mamoru Oshii, son DEA sur « la mise en scène des idéaux dans un corpus de dessins animés japonais réalistes ». « À l’époque, il n’y avait que l’agence Quelle Belle Histoire qui s’intéressait vraiment à l’animation. Le terrain était donc presque « vierge ». Une idée s’impose d’elle-même : développer une section animation.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pendant sa grossesse, elle rencontre des auteurs et autrices littéraires et graphiques dont elle affectionne le travail. Elle se présente, explique ce que peut apporter un agent, et écoute. Elle veut comprendre ce dont ils ont besoin.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Et la voilà qui revient de son congé maternité tout sourire à l’agence. Sa première fille a trois ans, la seconde trois mois. Prête à lancer cette nouvelle activité qu’elle défend auprès de Nicole Cann ! Qui ne voit pas les choses de cette façon… Elle pense qu’il est temps qu’elle vole de ses propres ailes. « Et elle a eu bien raison ! »  dit Aurélie aujourd’hui.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Aurélie monte donc son agence. Elle sait qu’elle peut  compter sur sa mentor si elle a une question. Ne lui reste plus qu’à trouver ses talents…</span></p>
<p><b>LES 80</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Aujourd’hui, son agence en compte plus de 80 ! Des artistes graphiques, des scénaristes, des réalisatrices, des réalisateurs, des directrices et directeurs d’écriture, qui sont en province, à Paris et, pour quelques-uns, à l’étranger. Ceux de ses tout débuts &#8211; Sophie Decroisette, Jérôme Mouscadet, Diane Morel, Hervé Benedetti, Nicolas Robin, Arthur Qwak, etc. – sont encore là. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Concrètement, Aurélie négocie leurs contrats en amont et en suit l’exécution (paiements, respect des engagements, etc.). Elle n’est pourtant pas juriste de formation mais, avec l’expérience, elle a appris à lire entre les lignes. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Elle accompagne également ses talents dans leur carrière au sens large. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Aurélie peut leur proposer du travail – les sociétés de production font régulièrement appel à elle –, lire leurs projets personnels, les orienter et les mettre en relation avec les producteurs qu’elle trouve les plus pertinents. Elle travaille aussi à élargir leurs réseaux : en les présentant à de nouveaux partenaires, ou en créant des rencontres au sein même de l’agence. Deux fois par an, une fois à Paris et une fois à Annecy, elle organise à cet effet un moment festif pour rassembler tout ce beau monde.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Au quotidien, le contact est constant. Des cafés, des déjeuners, et beaucoup de téléphone. Certains ont besoin de conseils pragmatiques (négociations en cours, questions sur leur statut, leurs impôts, etc.), d’autres aiment discuter longuement de leur choix de carrière, ils ont besoin de cet autre regard. Il n’y a aucune règle : il faut s’adapter à chacun.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Au fil des années, Aurélie a élargi sa palette : son cœur de métier reste l’animation, mais elle accompagne également des talents en prises de vue réelles. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Elle constate qu’il y a aujourd’hui une demande croissante pour des femmes réalisatrices, une évolution dont elle se réjouit. Elle aimerait qu’il y en ait encore plus et, qu’en règle générale, il y ait davantage de femmes à des postes à responsabilités. « Elles sont là ! Et pas que pour des films de niche ! ». Dans son agence,  il y a délibérément des réalisatrices aux profils très différents. Celles qui maîtrisent le « japanim », celles qui travaillent la 3D, celles qui affectionnent les films d’auteur ou les films de genre, ou encore celles qui dirigent des films « qui tabassent » (comprendre plus action et mainstream). Elle ne veut pas de cette idée de « films de garçons d’un côté et de films de filles de l’autre ».</span></p>
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<p><span style="font-weight: 400;">Aujourd’hui Aurélie n’a dans son agence que des gens dont elle admire profondément le travail et, tout naturellement, certains sont devenus ses amis. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Mais quand même… 80 artistes toute seule…</span></p>
<p>Joelle Oosterlinck</p>
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		<title>Sandra Desmazières – Réalisatrice et Scénariste, par Emmanuelle Tiêu </title>
		<link>https://lesfemmessaniment.fr/sandra-desmazieres-realisatrice-et-scenariste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Cloë Coutel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Feb 2026 13:28:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<category><![CDATA[Réalisatrice]]></category>
		<category><![CDATA[scenariste]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>&#160; &#160; &#160; SANDRA DESMAZIERES   &#62; Réalisatrice, Scénariste, Directrice de la photo, Scripte, Décors, Animation, Effets spéciaux, Graphiste,  Storyboardeuse, Création graphique, coloriste   La couleur. On pourrait commencer par la couleur.&#8230;&#160;<a href="https://lesfemmessaniment.fr/sandra-desmazieres-realisatrice-et-scenariste/" rel="bookmark">Tout lire<span class="screen-reader-text">Sandra Desmazières – Réalisatrice et Scénariste, par Emmanuelle Tiêu </span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
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<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-9380" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2026/02/Capture-decran-2026-02-12-a-14.14.11.png" alt="" width="730" height="800" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2026/02/Capture-decran-2026-02-12-a-14.14.11.png 730w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2026/02/Capture-decran-2026-02-12-a-14.14.11-493x540.png 493w" sizes="auto, (max-width: 730px) 100vw, 730px" /></p>
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<h3></h3>
<p><span style="font-weight: 400;">SANDRA DESMAZIERES  </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">&gt; Réalisatrice, Scénariste, Directrice de la photo, Scripte, Décors, Animation, Effets spéciaux, Graphiste,  Storyboardeuse, Création graphique, coloriste  </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La couleur. On pourrait commencer par la couleur. Le travail de Sandra n’existerait pas sans la couleur vert  d’eau et ce qui s’y accorde ou contraste. Alors que dans sa formation, elle est d’abord à l’Ecole Duperré et  aimerait travailler le textile, elle bifurque une fois entrée à l’ENSAD en 1997 et se tourne vers le cinéma  d’animation pour s’exprimer pleinement. Ce qui l’attire est cette concordance des images, du son, du  mouvement. Elle a été marquée par ce premier exercice de cinq lignes qu’on lui demande de faire évoluer  par des dessins successifs en animation sur papier. Elle comprend et aime cet art de la transformation qu’on  retrouvera dans chacun de ses films. Le textile, pourtant, n’est jamais loin : dans les images que Sandra  nous offre, il est toujours question de motifs, de tissages et métissages des couleurs qui se superposent ou  se frôlent délicatement.  </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Dans son premier film “Sans Queue ni tête” (2003), les jeux de couleur vibratoires, à l’huile, débordant du  cadre, viennent soutenir la narration : le quotidien difficile d’une caissière, inspiré de son expérience de  vendeuse en supermarché durant ses études. Le vermillon côtoie un vert-bleu délavé qui pose les bases du  nuancier qu’on lui connaît et qui reviendra dans l’ensemble de ses films en proportions diverses.  </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Dans “Le thé de l’oubli” (2008), le rouge teinte l’ensemble du film. Il y est question du devenir des âmes  errantes dans la culture asiatique. Le rythme, bien que toujours fluide, pulse rouge, sang, vie et  réincarnation.  </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour “Bao” (2012), le bleu froid domine. Une grande sœur responsable de son jeune frère Bao perd la  vue dans un accident de train et ne retrouve plus son frère. Le bleu semble renvoyer à la saison hivernale, et à la sensation liée à la mort des yeux de la grande sœur, fruit d’une peur qui a traversé Sandra un  instant.  </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Quant au film “Comme un Fleuve” (2021), l’élément “eau” associé aux multiples bleus, y est central. L’eau  est conductrice et motrice du récit de séparation de deux sœurs, dont l’une parvient à fuir le Vietnam au  sortir de la guerre. Les intérieurs verts d’eau colorés du Vietnam des années 70 se déclinent et vont </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">chercher les contrastes avec des motifs comme les flamboyants, ces arbres aux fleurs rouges vif,  emblématiques du Saigon de ces années-là. Puis les bleus se succèdent : bleu-mer des océans que  traversent les boat-people, bleu-gris plus froid du Canada, terre d’exil pour les protagonistes de l’histoire.  Ces histoires ne sont pas complètement autobiographiques, mais sans doute inspirées par les origines  vietnamiennes de Sandra, constituant des fictions à partir d’éléments familiaux, de récits de proches, de  voyages. Les scènes vietnamiennes du film ont sans doute été inspirées par l’expérience de son voyage au  Vietnam, en 1997, elle y note les couleurs, les textures, les motifs.  </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Dans “Fille de l’eau” (2025), elle explore les dimensions psychologiques de l’eau et de ses bleus. S’y  développe l&#8217;histoire des pêcheuses d’ormeaux, coquillages, poulpes, inspirées des plongeuses japonaises ou coréennes et celle particulière d’une de ces femmes qui connait un amour et la perte d’un  enfant à naître. Les sensations, les émotions prennent vie avec l’eau, les fluides, les bleus et les profondeurs de l’océan. C&#8217;est un bleu sauvage, indépendant.  </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le travail de la couleur est donc un point de départ et d’arrivée dans les films de Sandra. En tant  qu’auteure, elle parvient à conjuguer les images inspirantes et les mots, récits personnels ou entendus en  scénarios originaux. Elle y joue des transitions, des transformations, une image en amenant une autre. Il y a  alors cette combinaison du soi, de la grande Histoire et celles singulières de ses personnages. Le montage  évolue sans cesse, est repensé pour aller dans le sens d’une poésie visuelle et servir le propos du film. Pour  la spectatrice ou le spectateur, l&#8217;idée est de se laisser porter par le rythme et la fluidité du film, comme  l’écoute d’une musique visuelle. Ce sont des films qui se regardent plusieurs fois : parfois on y interroge les  fins ouvertes, les suggestions ; parfois on se laisse davantage porter par l’univers, les tonalités, les  ambiances, les sons ; parfois on accompagne le personnage dans sa quête, dans sa détresse, dans sa joie  et ses émotions. La grande sensibilité des films de Sandra se tourne vers un public qui vient chercher la  singularité, l’inattendu, la poésie dans le cinéma d’animation. On y va pour voir comment Sandra va nous  raconter une autre histoire. Aussi pudique soit-elle quand il s&#8217;agit de parler de ses films, ils parlent pour elle.  Le mystère qui enveloppe le film au sortir de la séance est à méditer encore et encore, en infusion.  </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les prochains projets seront plus longs, l’un prolonge l’histoire d’un enfant à naître, de la volonté, du  parcours de la PMA, et vient explorer ce qui s’y passe à l&#8217;extérieur &#8211; dans l’hôpital &#8211; et l’intérieur au creux, en  creux dans les émotions du personnage, de sa traversée solitaire et personnelle. Nous attendons les  nouveaux récits de Sandra avec une douce impatience. Nous attendons les nouveaux récits de Sandra. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Emmanuelle Tiêu </span></p>
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<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-large wp-image-9381" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2026/02/Capture-decran-2026-02-12-a-14.14.19-1024x541.png" alt="" width="1024" height="541" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2026/02/Capture-decran-2026-02-12-a-14.14.19-1024x541.png 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2026/02/Capture-decran-2026-02-12-a-14.14.19-540x285.png 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2026/02/Capture-decran-2026-02-12-a-14.14.19-1536x812.png 1536w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2026/02/Capture-decran-2026-02-12-a-14.14.19.png 1722w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-large wp-image-9382" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2026/02/Capture-decran-2026-02-12-a-14.14.26-1024x492.png" alt="" width="1024" height="492" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2026/02/Capture-decran-2026-02-12-a-14.14.26-1024x492.png 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2026/02/Capture-decran-2026-02-12-a-14.14.26-540x259.png 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2026/02/Capture-decran-2026-02-12-a-14.14.26-1536x738.png 1536w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2026/02/Capture-decran-2026-02-12-a-14.14.26.png 1724w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-large wp-image-9383" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2026/02/Capture-decran-2026-02-12-a-14.14.33-1024x539.png" alt="" width="1024" height="539" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2026/02/Capture-decran-2026-02-12-a-14.14.33-1024x539.png 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2026/02/Capture-decran-2026-02-12-a-14.14.33-540x284.png 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2026/02/Capture-decran-2026-02-12-a-14.14.33-1536x809.png 1536w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2026/02/Capture-decran-2026-02-12-a-14.14.33.png 1720w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></p>
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		<item>
		<title>Amélie Harrault – Réalisatrice et Scénariste, par Juliette Olieu</title>
		<link>https://lesfemmessaniment.fr/amelie-harrault-realisatrice-et-scenariste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Cloë Coutel]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Oct 2025 09:49:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<category><![CDATA[Réalisatrice]]></category>
		<category><![CDATA[scenariste]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>&#160; &#160; &#160; Confortablement installée sur son canapé à Angoulême, Amélie Harrault, fan invétérée de Shakespeare, de Théophile Gautier et de la littérature et peinture du XIXe siècle, m’a livré&#8230;&#160;<a href="https://lesfemmessaniment.fr/amelie-harrault-realisatrice-et-scenariste/" rel="bookmark">Tout lire<span class="screen-reader-text">Amélie Harrault – Réalisatrice et Scénariste, par Juliette Olieu</span></a></p>
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<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-large wp-image-9281" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2025/10/Amelie-Harrault-583x1024.jpg" alt="" width="583" height="1024" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2025/10/Amelie-Harrault-583x1024.jpg 583w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2025/10/Amelie-Harrault-308x540.jpg 308w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2025/10/Amelie-Harrault-875x1536.jpg 875w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2025/10/Amelie-Harrault-1167x2048.jpg 1167w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2025/10/Amelie-Harrault-scaled.jpg 1458w" sizes="auto, (max-width: 583px) 100vw, 583px" /></p>
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<p><span style="font-weight: 400;">Confortablement installée sur son canapé à Angoulême, Amélie Harrault, fan invétérée de Shakespeare, de Théophile Gautier et de la littérature et peinture du XIXe siècle, m’a livré une partie de son expérience et de ses anecdotes. Celles-là mêmes qui l’ont menée à devenir réalisatrice de films d’animation. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ayant grandi entourée de livres d’art, et admiratrice du travail de Modigliani, Amélie se passionne très tôt pour l’art. Dès l’adolescence, elle se forme au dessin et à la peinture, et obtient un bac d’arts appliqués. Quand vient le temps de choisir sa voie, elle hésite entre la restauration de tableaux ou travailler dans l’animation. Après avoir exploré les différentes écoles, elle écarte la première option, ne se pensant pas assez solide en mathématiques et en sciences pour pouvoir y prétendre. C’est ainsi qu’elle opte pour une année d’histoire de l’art avant d’entrer aux Beaux-arts de Toulouse. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">C’est dans la ville rose, qu’elle découvre les VHS, les courts-métrages d’art et d’essai et qu’elle commence à tester différents médiums de manière intuitive : photo par photo, peinture sur verre… Ces expérimentations nourrissent son envie de se spécialiser dans l’animation qu’elle considère comme une discipline complète. Elle réalise alors que ce qui l’enthousiasme vraiment c’est de raconter des histoires, graphiquement et par le son, et de pouvoir jouer avec les images à sa guise : monter, démonter et remonter. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En 2005, c’est tout naturellement qu’Amélie tente le concours de l’EMCA, qu’elle réussit. Elle y étudie pendant deux ans et développe son univers personnel. Elle y fait également la rencontre de futurs collaborateurs comme le réalisateur Serge Elissalde et le producteur Olivier Catherin qui lui apprennent d’anciennes techniques d’animation. A la fin de ses études, elle a l’idée d’un court-métrage autour de la figure d’une femme des années 1920,</span><i><span style="font-weight: 400;">“Mademoiselle Kiki et les Montparnos”</span></i><span style="font-weight: 400;">. </span>Elle m’en dit plus sur son état d’esprit de l’époque :</p>
<blockquote><p><i>“A la fin de l’école, j&#8217;avais ce court métrage en tête. Je ne savais pas encore si je continuerais dans l&#8217;animation, car je n&#8217;avais pas un profil technique pour rentrer dans des studios classiques. C’était &#8220;Soit ça marche, je vais réussir à le faire, soit je me retire.&#8221; Il y a toujours cette sensation de ne pas être dans le moule classique</i>.”</p></blockquote>
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<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-9288 aligncenter" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2025/10/Kiki-1024x436.jpg" alt="" width="1024" height="436" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2025/10/Kiki-1024x436.jpg 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2025/10/Kiki-540x230.jpg 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2025/10/Kiki-1536x654.jpg 1536w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2025/10/Kiki.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400;">Elle persiste pourtant et ce premier film, produit par la société les Trois Ours (qui n’existe plus maintenant), signe le commencement de l’aventure du court-métrage : </span></p>
<blockquote><p><i><span style="font-weight: 400;">“« Mademoiselle Kiki&#8230; » a pris plusieurs années, j’ai beaucoup travaillé sur les ruptures graphiques pour donner une vision kaléidoscopique de ce personnage et du milieu qui l’entourait. A l’époque, mon envie était d’utiliser très peu de numérique; je me suis donc tournée vers l’animation traditionnelle papier, de l’encre, de la peinture sur verre, du papier découpé pour mélanger les registres. Ensuite, « Kiki » a eu beaucoup de succès. J’ai eu la chance de recevoir un César du meilleur court-métrage d’animation en 2014. C’était incroyable, je ne m’y attendais pas du tout. Je crois que j’ai mis deux ans avant de vraiment le réaliser. C’était assez dingue et le recevoir pour un premier projet était d’autant plus déstabilisant. C’est une reconnaissance mais on ne sait jamais si derrière il y aura autre chose, si ce n’était pas juste la chance du débutant.”</span></i><span style="font-weight: 400;">.</span></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Elle est ensuite rapidement recommandée par une connaissance à la société de production Silex Films qui cherche une réalisatrice pour une série adaptée de la trilogie &#8220;</span><i><span style="font-weight: 400;">Bohèmes</span></i><span style="font-weight: 400;">&#8220;, &#8220;</span><i><span style="font-weight: 400;">Libertad</span></i><span style="font-weight: 400;">!&#8221;, &#8220;</span><i><span style="font-weight: 400;">Minuit</span></i><span style="font-weight: 400;">”, de Dan Franck. Elle rencontre Judith Nora et son équipe après la projection de “</span><i><span style="font-weight: 400;">Mademoiselle Kiki et les Montparnos</span></i><span style="font-weight: 400;">” au festival Off de la BD d’Angoulême. Entre Amélie Harrault et Judith Nora, le courant passe directement. Si bien que quelques jours après leur première rencontre, la productrice l’appelle et lui confirme le projet </span><i><span style="font-weight: 400;">&#8220;C’est bon, c’est toi, on y va.&#8221;.  </span></i><span style="font-weight: 400;">Ce projet de commande, qui deviendra plus tard « </span><i><span style="font-weight: 400;">Les Aventuriers de l’art moderne</span></i><span style="font-weight: 400;"> » est une série de 6&#215;52 mélangeant archives documentaires et animation.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le choix est porté sur une co-réalisation pour assurer la partie archives : les trois premiers épisodes sont co-réalisés avec Pauline Gaillard et les trois derniers avec Valérie Loiseleux. Amélie y trouve une continuité logique de ses précédents travaux, notamment avec l’évocation de l’art dans le Paris du XXe siècle. Reste un nouveau défi à relever : former un dialogue entre l’archive et l’animation. Pour cela, il a fallu trouver la bonne plasticité et les bons codes entre l’animation traditionnelle et le numérique afin de donner vie à l’écriture de Dan Franck, nourrie d’arches narratives et de cliffhangers.</span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="https://www.youtube.com/watch?v=eo9Pdg1RIyg"><span style="font-weight: 400;">Extrait Les Aventuriers de l&#8217;Art Moderne</span></a><span style="font-weight: 400;"> </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Après le court-métrage et la série, vient le temps du clip. En 2016, Amélie est appelée pour réaliser un clip de la chanson de Calogéro</span><i><span style="font-weight: 400;"> “Le monde moderne”.</span></i><span style="font-weight: 400;"> La seule indication donnée est d’avoir des clins d&#8217;œil à Jules Verne et pour le reste, elle a carte blanche ! Elle s’amuse. Au bout de deux-trois mois, ce projet, encore une fois singulier, prend vie. </span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="https://www.youtube.com/watch?v=gfkdKmtk6I4"><span style="font-weight: 400;">Calogero &#8211; Le monde moderne</span></a></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Fort du succès des “</span><i><span style="font-weight: 400;">Aventuriers de l’art moderne</span></i><span style="font-weight: 400;">”, Silex Films qui a désormais son studio dédié à l’animation, Silex Animation, reprend les mêmes clés et réunit à nouveau Amélie Harrault et Dan Franck pour un nouveau projet. Ce dernier a l’idée originale de traiter de la période des romantiques en France en se concentrant sur des figures emblématiques comme Delacroix, Dumas, Sand. Arte, déjà partenaire des </span><i><span style="font-weight: 400;">“Aventuriers de l’art moderne”</span></i><span style="font-weight: 400;">, embarque de nouveau dans l’aventure, donnant beaucoup de libertés à l’équipe. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Cette fois-ci, le défi est tout autre : la masse et la richesse de la matière iconographique se heurtent à l’absence totale d’archives filmées, compte tenu de l’époque traitée. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La série se fera donc totalement en animation pour trouver un nouveau langage visuel et redonner vie à la peinture, l’Histoire et la littérature de l’époque.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le travail de recherche prend alors une part importante de la vie d’Amélie. Elle se plonge dans les lectures et les visites de musées. Amélie et son équipe, une quarantaine de personnes, ont dû recourir à des stratagèmes pour montrer l’évolution des personnages sur une quarantaine d’années et la transformation de la ville de Paris. Avec ce projet, Amélie franchit un cap en passant au numérique. </span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">“C’était ma</span><i><span style="font-weight: 400;"> volonté dès le début. Quand on a décidé de faire &#8220;L&#8217;Armée des Romantiques&#8221;, je me suis dit : &#8220;Je ne vois pas comment tenir le volume. La peinture sur verre, ça va être compliqué de le faire à grande échelle.&#8221; Il y avait la question du rendu graphique mais surtout la question des outils qu&#8217;on allait pouvoir mettre en place pour faciliter le travail avec des milliers d’images en couleurs à corriger rapidement. Je suis super contente de l’avoir fait, cela a permis une certaine souplesse et pour les décorateurs de multiplier les différentes techniques d’animation. Sans ce passage au numérique, on n’aurait pas pu faire la série de la même manière, ça a permis aussi d’utiliser des archives numériques et des gravures sur lesquelles on pouvait repeindre directement..”</span></i><span style="font-weight: 400;">.</span></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">L’écriture est donc travaillée différemment en se basant sur une voix-off qui permet de broder le narratif autour. Amélie s’entoure de nouveau de Valérie Loiseleux et elles ajoutent Juliette Drouet et Daumier à la liste des personnages clés, souhaitant avec ce dernier faire la part belle à la caricature. Elles sont rejointes en cours de fabrication par Céline Ronté qui apporte la structure et la cohérence au récit. A elles trois et avec l’aide d’Etienne Kurylo, le mari d’Amélie, elles balisent les lieux pertinents pour la série et retravaillent la voix-off afin de la rendre moins documentaire et plus incarnée pour le grand public. Ensemble, ils construisent des ponts entre l’époque racontée et l’époque actuelle, en portant un regard neuf sur les œuvres. Ce travail de longue haleine, a demandé sept ans à Amélie, entre le développement de la bible graphique, le storyboard et la fabrication et a nécessité plus de deux milles décors et une quinzaine de personnages. La série est diffusée fin 2024 sur Arte.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-large wp-image-9287" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2025/10/Armee-des-romantiques-1024x435.png" alt="" width="1024" height="435" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2025/10/Armee-des-romantiques-1024x435.png 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2025/10/Armee-des-romantiques-540x230.png 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2025/10/Armee-des-romantiques-1536x653.png 1536w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2025/10/Armee-des-romantiques.png 1920w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400;">S’estimant chanceuse de sa relation privilégiée avec ses productrices, Amélie apprécie d’avoir une vraie relation de collaboration sur des projets complexes, se sentant libre de proposer des idées peu conventionnelles. Elle aime retrouver, au fil de ses projets, ses médiums de prédilection comme la peinture et la voix-off. Cela lui permet de créer des effets de surprise et de faire tomber les barrières entre les différents registres pour s’amuser avec le spectateur. Ayant à cœur de transmettre au public chaque œuvre qu’elle réalise, elle apprécie de pouvoir continuer d’apprendre tout en apprenant aux autres.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Amélie Harrault est actuellement en train de développer un nouveau projet qu’on sait déjà singulier. </span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr />
<p>&nbsp;</p>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Marie de Banville – Directrice d&#8217;écriture et Scénariste, par San Bah</title>
		<link>https://lesfemmessaniment.fr/marie-de-banville-scenariste-par-san-bah/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine VERDIER]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Sep 2025 15:04:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<category><![CDATA[scenariste]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://lesfemmessaniment.fr/?p=9153</guid>

					<description><![CDATA[<p>&#160; En 2024, deux SANIs, Série Animée Non Identifiée déferlent sur nos écrans. Tobie Lolness et Petite Casbah ! L’ambition est titanesque sur les deux projets : le premier dans&#8230;&#160;<a href="https://lesfemmessaniment.fr/marie-de-banville-scenariste-par-san-bah/" rel="bookmark">Tout lire<span class="screen-reader-text">Marie de Banville – Directrice d&#8217;écriture et Scénariste, par San Bah</span></a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-9191" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2025/07/marie-de-banville-nouvelle-photo-1-400x650-1.jpg" alt="" width="400" height="650" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2025/07/marie-de-banville-nouvelle-photo-1-400x650-1.jpg 400w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2025/07/marie-de-banville-nouvelle-photo-1-400x650-1-332x540.jpg 332w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En 2024, deux SANIs, Série Animée Non Identifiée déferlent sur nos écrans. </span><i><span style="font-weight: 400;">Tobie Lolness</span></i><span style="font-weight: 400;"> et </span><i><span style="font-weight: 400;">Petite Casbah</span></i><span style="font-weight: 400;"> ! L’ambition est titanesque sur les deux projets : le premier dans un style aquarelle veut adapter l’épopée, en très long feuilleton, du roman éponyme de Timothée de Fombelle. Le second est une série familiale qui narre l’arrivée d’une enfant des montagnes à Alger, en 1955, alors que gronde la guerre d’Algérie.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Quelles sont les plumes derrière ces propositions extraordinaires ?</span></p>
<p><em><strong>La réponse nous conduit à la rencontre d’une professionnelle hors pair. Scénariste à l’humour déjanté, aficionada des projets d’envergure, directrice d’écriture d’exception, voici le portrait de Marie de Banville.</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr />
<h3></h3>
<h3 style="text-align: center;"><b>Marie de Banville, des racines littéraires et un regard sociologique </b></h3>
<p><span style="font-weight: 400;">Marie de Banville grandit près de Saint-Etienne entre des colonnes de bouquins pour enfants. Sa mère, poète et formatrice à l’Ecole Normale d’Instituteurs en possède des caisses qui s’éparpillent dans la maison. Ces albums développent sa curiosité.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Loin du monde de l’animation, les graines qui nourrissent sa sensibilité sont déjà plantées. Marie cultive son goût pour la lecture et l’illustration jeunesse, et aiguise son œil sur les rapports sociaux. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Attirée par le monde qui l’entoure, influencée par son père chercheur en socio-économie, elle se forme à la réalisation documentaire à l’ESAV, une école autogérée toulousaine. Son premier film s’inscrit dans le réel. Dans </span><span style="font-weight: 400;">     </span><span style="font-weight: 400;">“Perruque, bricole et compagnie”, la réalisatrice met en lumière une pratique ouvrière : “</span><i><span style="font-weight: 400;">faire de la perruque, c’est détourner des outils de travail pour fabriquer des choses pour soi, durant son temps de travail. Cette pratique clandestine est en réalité une caisse de résonances, sociologiques, artistiques et de revanche sociale</span></i><span style="font-weight: 400;"> ”.</span></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-9216" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2025/07/Capture-d_ecran-2025-03-09-120825.png" alt="" width="891" height="490" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2025/07/Capture-d_ecran-2025-03-09-120825.png 891w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2025/07/Capture-d_ecran-2025-03-09-120825-540x297.png 540w" sizes="auto, (max-width: 891px) 100vw, 891px" /></p>
<p style="text-align: center;"><i><span style="font-weight: 400;">“Perruque, bricole et compagnie” © Marie de banville</span></i></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ce regard sur le monde s&#8217;avère précieux dans le développement de </span><i><span style="font-weight: 400;">Petite Casbah</span></i> <span style="font-weight: 400;">… mais il est encore trop tôt pour en parler. Il faut d’abord comprendre comment Marie atterrit dans l’animation…</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Après ses études, Marie trouve un travail dans un studio de post-production. Elle fait le montage de voix déjà enregistrées pour une série de dessin animé</span><i><span style="font-weight: 400;">. “</span></i><i><span style="font-weight: 400;">J’y ai acquis le jargon et les connaissances du biotope de l’animation, qui m&#8217;ont permis de travailler ensuite en production.</span></i><span style="font-weight: 400;">” Très douée pour monter les dossiers et coordonner le développement, Marie travaille quelques mois comme assistante de production chez Millimages, puis pour diverses missions de production, y compris pour des films institutionnels ou du documentaire.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En 2001, une rencontre décisive marque son parcours.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr />
<h3></h3>
<h3 style="text-align: center;"><b>Marie de Banville, au premier plan des projets ambitieux et uniques</b></h3>
<p><span style="font-weight: 400;">Par une amie, Marie apprend qu’une “personnalité forte de la production” recherche une assistante : il s’agit de Dora Benousilio, fondatrice de la société de production </span><i><span style="font-weight: 400;">Les films de l’Arlequin</span></i><span style="font-weight: 400;">. Productrice visionnaire, Dora Benousilio finit alors la série de dessin animé au principe alors inédit : les adaptations fidèles des albums </span><i><span style="font-weight: 400;">des Belles histoire de Pomme d’Api</span></i><span style="font-weight: 400;">. Sous forme d’une collection<span style="color: #9900ff;"><em><strong>*</strong></em></span></span><span style="font-weight: 400;">, le projet mêle des récits variés au sein d’un même projet d’animation. Au sein des Films de l&#8217;Arlequin, Marie est en charge de lire des romans jeunesse pour choisir les huit spéciaux de la collection intitulée </span><i><span style="font-weight: 400;">Les grands textes de l’Enfance</span></i><span style="font-weight: 400;">. Cela lui permet de côtoyer des auteurs et réalisateurs quand la collection entre en production. </span><i><span style="font-weight: 400;">Verte, Cheval Soleil, Catfish Blues</span></i><span style="font-weight: 400;"> ou encore </span><i><span style="font-weight: 400;">L’oeil du loup</span></i><span style="font-weight: 400;">… et autres perles de la littérature jeunesse. </span><i><span style="font-weight: 400;">“Cette expérience de l’adaptation d’univers singuliers résonne bien sûr avec Petite Casbah, Tobie Lolness, ou La rivière à l’envers sur lesquels j’ai travaillé ensuite »</span></i></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Inattendue, l’occasion d’écrire se présente lorsque Marie tombe enceinte et que Dora ne veut pas se séparer d’une alliée si précieuse. Elle lui propose d&#8217;écrire des scénarios pour </span><i><span style="font-weight: 400;">Une minute au Musée, </span></i><span style="font-weight: 400;">le nouveau projet de série qu’elle lance avec </span><i><span style="font-weight: 400;">Je suis bien content </span></i><span style="font-weight: 400;">et la </span><i><span style="font-weight: 400;">Réunion des Musées Nationaux.</span></i><span style="font-weight: 400;"> Signant sept épisodes, la scénariste est lancée. Elle se perfectionne en co-écrivant sur de grands projets de série de fiction notamment </span><i><span style="font-weight: 400;">Qui Pro Quo</span></i><span style="font-weight: 400;"> ou </span><i><span style="font-weight: 400;">Térranova</span></i><span style="font-weight: 400;">, récompensés au Fond d’Aide à l’Innovation (FAI<span style="color: #9900ff;"><em><strong>**</strong></em></span></span><span style="font-weight: 400;">). Puis elle se recentre sur l’animation. Son réseau développé à Millimages l’aide considérablement à travailler. Elle écrit sur une quinzaine de séries allant de</span><i><span style="font-weight: 400;"> T’choupi </span></i><span style="font-weight: 400;">à</span><i><span style="font-weight: 400;"> Mandarine and Cow </span></i><span style="font-weight: 400;">ou encore </span><i><span style="font-weight: 400;">Les Crumpets<span style="color: #9900ff;"><strong>***</strong></span></span></i><span style="font-weight: 400;">.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Dans cette dernière série unique en son genre, elle développe un humour débridé, en vogue à la télévision. </span><i><span style="font-weight: 400;">« [Les Crumpets est] une série qui met en scène une grand-mère mythomane qui </span></i><span style="font-weight: 400;"> </span><i><span style="font-weight: 400;">raconte avoir fait des braquages, avoir pris de la drogue. Les parents</span></i> <i><span style="font-weight: 400;">sont eux aussi complètement barrés. La dernière série 12-14 ans à la télé, l’ultime écho de l’esprit Canal !».</span></i><span style="font-weight: 400;"> Mais surtout, après avoir finalisé le développement, la société 4.21 propose à Marie d&#8217;assurer la direction d’écriture de la série.</span></p>
<pre><span style="font-size: 8pt; color: #9900ff;"><em><strong>*</strong></em> <span style="font-weight: 400;">Concept de collection repris aujourd’hui dans </span><i><span style="font-weight: 400;">La Cabane à Histoire</span></i><span style="font-weight: 400;"> (produit par Dandelooo et Caribara Production, réalisé par Célia Rivière) ; 
</span>ou <i>Yétili</i> (produit par Darjeeling, créé par Séverine Gégauff-Lebrun). 
<strong><em>** </em></strong>Récompense sélective du CNC.
<em><strong>***</strong> </em><span style="font-weight: 400;">L’un des enjeux d’écriture sur Crumpets est la panoplie de personnages : la famille se compose de 142 enfants. </span>Avec Nadège Girardot, son binôme de longue date, Marie de Banville écrit plusieurs épisodes de développement pour incarner la bible et aider les scénaristes à s’imprégner rapidement de l’univers. </span></pre>
<p><span style="font-weight: 400;">Un moment charnière. Après des années de collaborations intenses, belles, complexes, toxiques, riches, distantes, ou épanouissantes, elle mesure les défis managériaux du milieu</span><span style="font-weight: 400;">. Comment assurer un cadre stimulant la créativité, dans un processus de développement fluide ? La question n’est pas simple. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Heureusement, elle se l’est posée peu avant : sentant qu’elle a envie de superviser des équipes de scénaristes, elle s’est formée au coaching. Grâce à ces outils de management d’équipes, elle optimise les décisions à chaque étape, intégrant notamment le réalisateur en amont pour garantir une vision cohérente. Son approche porte ses fruits : elle sera la directrice d’écriture des </span><i><span style="font-weight: 400;">Crumpets</span></i><span style="font-weight: 400;">, durant trois saisons.</span></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-large wp-image-9217" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2025/07/Capture-d_ecran-2025-03-09-122455-1024x570.png" alt="" width="1024" height="570" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2025/07/Capture-d_ecran-2025-03-09-122455-1024x570.png 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2025/07/Capture-d_ecran-2025-03-09-122455-540x301.png 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2025/07/Capture-d_ecran-2025-03-09-122455.png 1219w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Comme tout parcours, celui de Marie se compose aussi de projets qui ne lui correspondent plus et de coups de foudre.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En 2019,</span> <span style="font-weight: 400;">elle en a même deux ! Après des années à s&#8217;investir dans des projets qui lui ressemblent de plus en plus, voilà que deux séries qui lui collent parfaitement à la peau, viennent naturellement à sa rencontre !</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr />
<h3></h3>
<h3 style="text-align: center;"><strong>Tobie Lolness et Petite casbah, deux projets magiques</strong></h3>
<p><i><span style="font-weight: 400;">Tobie Lolness</span></i><span style="font-weight: 400;"> est une série hors norme dans l&#8217;animation jeunesse : fresque très dense, feuilletonnante, ambitieuse.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Avec Anne-Claire Lehembre, future directrice littéraire de la série, Marie conçoit la bible, avec ses arches, ses thématiques qui structurent les épisodes. Le voyage de notre héros est jonché d’étapes : l’éveil, le deuil, l’altérité… qu’il faut traiter avec subtilité. Ces secrets de fabrication nourrissent le plaisir d’écrire de Marie qui puise dedans le sens de l’histoire. Elle se réjouit de développer des récits &#8220;éducatifs&#8221;.</span> <span style="font-weight: 400;">L’animation jeunesse intelligente, c’est son créneau !</span></p>
<p><b>Mais « le projet de sa vie » c’est bien Petite Casbah !</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pourquoi ? Parce qu’il y a une règle quand on travaille : « Projet, équipe, argent. Il faut au moins se retrouver dans deux… Et là, il y a les trois !». </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L’équipe de production a une vision claire de la série : Darjeeling contacte Alice Zeniter pour qu’elle conçoive une série jeunesse avec, pour cadre, la guerre d’Algérie, destinée à un public familial. L’écrivaine, accompagnée d’Alice Carré, metteuse en scène, construit une première bible originale, touchante, politique, qui promet une série inédite. Marie de Banville et Jean Regnaud sont alors appelés pour co-diriger l’écriture : </span><i><span style="font-weight: 400;">« Il y avait tout, mais pas forcément dans l’ordre ou dans le rythme.»</span></i><span style="font-weight: 400;"> Les arches narratives et le comique des personnages sont retravaillés avec les autrices. Puis, occupées par leurs passions respectives, les Alice laissent Marie écrire les épisodes, tandis que Jean Régnaud conserve la direction d’écriture.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Portée par une équipe soudée, une même barque pour tous les acteurs de l’aventure, et une direction d’écriture affirmée, “Petite Casbah” trouve sa cohérence et un équilibre précieux, là où de nombreux projets tanguent sous le poids d’un sujet sensible, de conflits internes ou d&#8217;un manque de vision commune. La série voit le jour en 2024 sur FranceTV et Okoo. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Marie maîtrise l&#8217;art de transformer des idées ambitieuses en de belles histoires, alliant créativité et rigueur. Son talent réside dans sa capacité à guider des équipes et à structurer des récits complexes tout en conservant leur essence. À travers son travail, elle prouve que l’animation peut être un terrain d&#8217;expérimentations audacieuses.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><span style="font-weight: 400;">Marie de Banville contribue à ouvrir la voie vers un renouveau créatif dans l’animation jeunesse qui résonne avec son époque.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr />
<p>&nbsp;</p>
<h3><b>&gt; BONUS </b><span style="font-weight: 400;">:</span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><b></b></h3>
<p><em><b>Ses séries coups de cœur</b></em></p>
<ul>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><i><span style="font-weight: 400;">Les Grandes Grandes Vacances</span></i><span style="font-weight: 400;"> : &#8220;</span><i><span style="font-weight: 400;">Une référence en animation jeunesse, intelligente et ancrée dans un très bel univers.</span></i><span style="font-weight: 400;">&#8221; </span> <span style="font-weight: 400;"><br />
</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><i><span style="font-weight: 400;">Partie de campagne</span></i><span style="font-weight: 400;"> : &#8220;</span><i><span style="font-weight: 400;">J’ai adoré travailler dessus ! Une série originale et un peu décalée, avec des personnages réalistes post-Covid : des parents qui se séparent, une maman célibataire vivant dans une yourte&#8230;Très contemporain !</span></i><span style="font-weight: 400;">&#8221; </span> <span style="font-weight: 400;"><br />
</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><i><span style="font-weight: 400;">La Mesias</span></i><span style="font-weight: 400;"> (fiction) : &#8220;</span><i><span style="font-weight: 400;">Un regard puissant sur le rapport à une mère toxique</span></i><span style="font-weight: 400;">.&#8221; </span></li>
</ul>
<p><b>Ses conseils aux jeunes scénaristes</b></p>
<ul>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400;">Se demander si ce métier est fait pour soi : &#8220;</span><i><span style="font-weight: 400;">C’est un métier risqué, long et laborieux, sans star system. Il peut se passer des années entre l’écriture et la diffusion&#8230; “Même avec Tobie et Petite Casbah, je ne suis pas sous les projecteurs</span></i><span style="font-weight: 400;"> !&#8221;</span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400;">S’engager dès le début vers ce qui nous parle vraiment : « </span><i><span style="font-weight: 400;">[l’Animation] fonctionne par grandes familles, mieux vaut aller vers ce qu’on aime, ce qui nous transporte, dès le départ, pour évoluer dans le sillon qui nous épanouit.</span></i><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span></li>
</ul>
<p><em><b>Liens</b></em></p>
<ul>
<li><em><span style="font-weight: 400;">Tobie Lolness :</span><a href="https://www.france.tv/enfants/neuf-douze-ans/tobie-lolness/"> <span style="font-weight: 400;">https://www.france.tv/enfants/neuf-douze-ans/tobie-lolness/</span></a></em></li>
<li><em><span style="font-weight: 400;">Petite Casbah :</span><a href="https://www.france.tv/france-4/petite-casbah/"> <span style="font-weight: 400;">https://www.france.tv/france-4/petite-casbah/</span></a></em></li>
</ul>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Véronique Encrenaz – Directrice du MIFA Annecy Festival, par Delphine Nicolini</title>
		<link>https://lesfemmessaniment.fr/veronique-encrenaz-directrice-du-mifa-annecy-festival-par-delphine-nicolini/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine VERDIER]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 08 Jun 2025 16:21:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En 2025, l’association Les Femmes s’Animent fête ses 10 ans.  Véronique Encrenaz, la directrice du MIFA (Marché International du Film d’Animation), nous accompagne, nous soutient et nous encourage depuis le&#8230;&#160;<a href="https://lesfemmessaniment.fr/veronique-encrenaz-directrice-du-mifa-annecy-festival-par-delphine-nicolini/" rel="bookmark">Tout lire<span class="screen-reader-text">Véronique Encrenaz – Directrice du MIFA Annecy Festival, par Delphine Nicolini</span></a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">En 2025, l’association Les Femmes s’Animent fête ses 10 ans. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Véronique Encrenaz, la directrice du MIFA (Marché International du Film d’Animation), nous accompagne, nous soutient et nous encourage depuis le 1er jour ; elle est un des rouages essentiels à nos actions lors du festival. Pour cet anniversaire, son portrait s’impose comme une évidence.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400;">&#8212;&#8212;-</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Passionnée par les langues, Véronique se destinait à la traduction mais ce métier très solitaire ne lui correspond finalement pas. Elle aime voyager, elle aime les rencontres, ce n’est pas dans sa nature de travailler seule. Grâce à une petite annonce, elle intègre Président Films, société de vente de films à l’étranger, auprès de Jacques-Eric Strauss avec qui elle découvre le monde du cinéma. Elle y reste 13 ans.</span></p>
<blockquote><p><i><span style="font-weight: 400;">&#8220;Il avait une incroyable capacité à créer du lien. J’ai beaucoup appris auprès de lui et gardé l’importance de la relation à l’autre pour travailler en confiance et en transparence. C’est la clé de tout.&#8221; </span></i></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Quand la société est vendue à France Télévisions Distribution, elle y reste deux ans avant de décider de quitter Paris et de s’installer avec sa famille à Annecy.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Piquée par le virus du cinéma, c’est tout naturellement qu’elle frappe à la porte du festival d’Annecy et propose ses services en tant que bénévole. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En 2003, la situation financière du marché du film est très préoccupante et l’équipe doit faire de grosses coupes budgétaires. Est décidé, entre autres, de se passer de climatisation sous les tentes. Pas de chance, c’est l’année de la canicule et tout le monde déserte le marché en raison de la chaleur suffocante ! </span><i><span style="font-weight: 400;">&#8220;Inutile de dire que l’année suivante, en 2004, c’était la cata. Personne ne voulait revenir.” </span></i><span style="font-weight: 400;">dit-elle en rigolant. Si le marché ne fonctionne pas mieux, le CNC menace même de réduire les financements. Malgré quelques fidèles qui restent à bord, l’avenir du MIFA est plus qu’incertain. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Michaël Marin, responsable du développement commercial du Mifa à ce moment-là (et aujourd’hui directeur général de Citia) la remarque pour son expérience passée chez Président Films, et lui propose en 2005 de rejoindre l’équipe du MIFA. Ensemble, ils réfléchissent à comment restructurer et rendre plus attractif le marché. Ils prennent leur bâton de pèlerin pour reconquérir les sociétés et institutions qui doutaient de la pertinence d’un marché du film à Annecy. :</span></p>
<blockquote><p><i><span style="font-weight: 400;">&#8220;</span></i><i><span style="font-weight: 400;">il fallait les convaincre que le marché était LE bon endroit pour rencontrer des partenaires, présenter des projets, les vendre, monter des coproductions. Petit à petit, année après année, nous avons reconquis la confiance des acteurs décisifs en proposant de nouveaux espaces dédiés aux nouvelles techniques, la VR, le jeu vidéo et l’IA, le développement des pitchs, des masterclasses, des sessions de recrutement pour rencontrer de nouveaux talents, de nouveaux lieux de rencontres comme le Mifa Campus destinés aux é</span></i><i><span style="font-weight: 400;">tudiant.es</span></i><i><span style="font-weight: 400;">, …&#8221;</span></i></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Aujourd’hui, les responsables d’acquisition des chaînes, des plateformes et des sociétés de distribution sont invités par le MIFA et attirent par conséquent de plus en plus de sociétés de production françaises et étrangères favorisant le développement de la coproduction. Autant de briques qui, année après année, ont contribué à en faire un lieu incontournable. &#8220;</span><i><span style="font-weight: 400;">car un marché qui stagne, c’est un marché moribond. Il ne faut jamais se reposer sur ses lauriers et nous sommes obligés de toujours avoir une vision à 2/3 ans.&#8221;</span></i></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Entre deux éditions, Véronique se rend dans différents festivals et différents pays pour mettre en place de nouveaux partenariats ou maintenir les existants. C’est ainsi que se développent par exemple les « pitchs partenaires » qui permettent à ceux qui ne sont pas sélectionnés ainsi qu’à d’autres pays, de venir pitcher leurs projets devant une audience professionnelle pendant la semaine du festival.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">C’est grâce à cela que nous nous sommes retrouvées sur les festivals d’Animarkt à Lotz et de Ventana Sur à Buenos Aires et j’ai vu combien les gens aiment Véronique, son regard, sa bienveillance et sa capacité de contact. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La crise n’a pas vraiment affecté le Mifa et certains pays d’Europe viennent de plus en plus nombreux, prennent de plus gros stands et montrent plus de contenus. Le marché grossit également avec l’Afrique qui arrive et l’Asie qui est encore plus présente. Il y a plus de 110 pays présents sur le marché.</span></p>
<blockquote><p><i><span style="font-weight: 400;">“La bulle du Covid était anormale. Il n’y avait plus que l’animation qui marchait. Tout le monde voulait faire de l’animation ! Il fallait fournir, fournir, fournir. Puis la bulle a éclaté. Cela a malheureusement causé beaucoup de dégâts dans les studios. La France a été particulièrement touchée car c’est le plus gros fabricant d’animation. On ne reviendra plus au même niveau qu’avant, mais on aspire à retrouver une situation pérenne. Il va falloir se réadapter. Les chaînes et les plateformes vont petit à petit avoir épuisé leurs contenus et je pense qu’elles vont être obligées de commander de nouveaux programmes. On espère que 2026 sera l’année où le marché redémarre vraiment.”</span></i></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Véronique est très concernée par la place des femmes et le sujet de la parité dans l’animation. </span><i><span style="font-weight: 400;">&#8220;Dans les sélections au festival, il est difficile d’atteindre la parité car les œuvres sont choisies pour leur qualité. Peu importe qu’elles soient réalisées par des femmes ou des hommes. Notre levier est de pousser les femmes à présenter leurs projets, à se rendre plus visibles</span></i><span style="font-weight: 400;">. </span><i><span style="font-weight: 400;">Par contre, dans la sélection de projets pour les pitchs MIFA, la parité est un peu plus facile à atteindre car on est au tout début des projets. Cette année, [2025] nous avons la parité parfaite sur l’ensemble des projets sélectionnés, avec des disparités selon le format : plus de femmes en documentaire, plus de femmes en courts-métrages, parité sur les longs-métrages mais pas sur les séries. Ceci est très variable d’une année sur l’autre car en 2024, c’était l’inverse pour les longs et séries. Pour les conférences et les rencontres, la parité dans les intervenant·es est imposée. Pas toujours évident sur des sujets autour de la tech ou des VFX majoritairement masculins. On doit alors trouver des intervenantes qui ont souvent moins envie ou ne sentent pas capables d’être au-devant de la scène, alors qu’elles s’avèrent parfaites !&#8221;</span></i></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les Femmes s’Animent a été créé à Annecy en 2015. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La prise de conscience avait déjà eu lieu aux Etats-Unis avec </span><i><span style="font-weight: 400;">Women in Animation</span></i><span style="font-weight: 400;"> et Michaël Marin avait alors souhaité se rapprocher des deux associations. En 2016, le MIFA a offert aux associations de femmes, une tribune d’une journée, le </span><i><span style="font-weight: 400;">Women Summit</span></i><span style="font-weight: 400;">, qui propose des conférences et des tables rondes sur les sujets de la parité, de la représentation, du futur de l’animation…</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En 2024, Véronique a permis à LFA d’organiser en partenariat avec le Lab-Femmes de Cinéma, un atelier de réflexion sur la place des femmes dans l’animation en Europe. Une première pierre même si les chiffres manquent encore. </span><i><span style="font-weight: 400;">&#8220;Cette année [2025], l’Observatoire Européen sera présent au festival pour rendre compte des chiffres sur le long-métrage. Nous aimerions publier également une étude sur les séries d’ici deux ans. Il faut profiter des 10 ans de LFA et des 40 ans du festival pour proposer plus d’actions.” </span></i></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Cela fait 20 ans que Véronique Encrenaz travaille au MIFA et elle aime toujours autant son métier. </span></p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote><p><i><span style="font-weight: 400;">&#8221; J’aime la relation aux autres, j’aime le fait de revoir chaque année des gens avec qui on a tissé des liens. C’est formidable. Je ne suis pas une bavarde, j’aime plutôt écouter. J’aime écouter les besoins des gens, des professionnel·les pour mieux les accompagner et leur proposer de nouvelles actions. Et je suis toujours épatée de voir que l’équipe du marché est toujours partante pour réfléchir et continuer à améliorer l’édifice. Je crois que si j’ai cette passion pour mon travail, c’est également que je vois ce que cela apporte de positif de voir tous ces films aboutis. Cela représente un tel travail de faire un film qu’au MIFA, on est toujours enthousiastes pour accompagner à la fois l’industrie, les professionnels et les créateurs en étant présents à tous les niveaux et sur toutes les techniques.&#8221;</span></i></p></blockquote>
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		<title>Edwina Liard – productrice et cofondatrice d’Ikki Films, par Juliette Olieu</title>
		<link>https://lesfemmessaniment.fr/edwina-liard-productrice-et-cofondatrice-dikki-films-par-juliette-olieu/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine VERDIER]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 11 May 2025 19:25:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>&#160; &#160; Nous nous sommes retrouvées avec Edwina Liard dans un joli salon de thé du XIVe arrondissement de Paris. Cofondatrice avec sa complice de longue date, Nidia Santiago, d’une&#8230;&#160;<a href="https://lesfemmessaniment.fr/edwina-liard-productrice-et-cofondatrice-dikki-films-par-juliette-olieu/" rel="bookmark">Tout lire<span class="screen-reader-text">Edwina Liard – productrice et cofondatrice d’Ikki Films, par Juliette Olieu</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-large wp-image-8684" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2025/05/Edwina-Liard-1-1024x485.jpg" alt="" width="1024" height="485" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400;">Nous nous sommes retrouvées avec Edwina Liard dans un joli salon de thé du XIVe arrondissement de Paris. Cofondatrice avec sa complice de longue date, Nidia Santiago, d’une société de production en animation, elles fêteront en 2025 les quatorze ans d’Ikki Films.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Au départ, Edwina ne se destinait pas à la production d’animation. Cependant l’idée d’accompagner et de participer à raconter des histoires afin de les partager au plus grand nombre, l’a toujours intéressée et fascinée. Des films et séries de son enfance, comme « Charlie » (1989) de Don Bluth, « La belle aux bois dormant », « Wallace et Gromit », ou « Sherlock Holmes » (série co-réalisée par Hayao Miayzaki), ont nourri son imaginaire. </span><span style="font-weight: 400;">D’abord attirée par le domaine de l’édition, en particulier par le livre en tant qu’objet, Edwina suit son propre parcours. Après une école de commerce et sur les conseils d’une amie qui effectuait un stage dans une société de production, elle poursuit ses études dans le management culturel pendant un an. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">A la fin de ses études, elle effectue un stage dans une société de production de films « live » (prises de vues réelles), où elle est finalement embauchée. C’est dans ces bureaux partagés de sociétés de production (Polaris Film Production &amp; Finance et Les Films du Bélier) qu’elle croisera la route de Nidia Santiago, avec qui elle deviendra amie puis plus tard, associée. </span><span style="font-weight: 400;">Après deux ans, son envie d’élargir ses horizons l’emmène à Valence en Espagne où elle travaille pour un festival de moyen-métrages « La Cabina ». Passionnée par les échanges avec les artistes et friande d’être au cœur de la création, elle y développe son réseau pendant deux ans. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Toujours en contact avec Nidia qui souhaitait créer sa propre société de production, elle la rejoint à son retour en France, fin 2011. Chez Polaris, Nidia avait produit un court-métrage d’animation, « Oh Willy » (réalisé par Emma De Swaef et Marc Roels) et souhaitait continuer dans cette voie avec la création d’Ikki Films. A deux, elles se sentent plus fortes pour produire à leur façon un projet et rassurer l’industrie sur leur capacité à le mener à bien, avec un regard artistique. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">C’est au festival de Clermont-Ferrand en 2012 que la machine s’emballe : elles y rencontrent Agnès Patron et Cerise Lopez, toutes deux réalisatrices, qui leur montrent leur dossier et signent leur première production d’animation à quatre mains avec </span><i><span style="font-weight: 400;">Chulyen, histoire de corbeau </span></i><span style="font-weight: 400;">(2015). </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En 2018, avec la nomination aux Oscars du court-métrage d’animation en stop-motion, </span><i><span style="font-weight: 400;">Negative </span></i><span style="font-weight: 400;">Space (réalisé par </span><span style="font-weight: 400;">Ru Kuwahata et Max Porter</span><span style="font-weight: 400;">), Edwina visite divers studios d’animation, notamment ceux de Disney, où elle découvre les décors de </span><i><span style="font-weight: 400;">La Belle au Bois Dormant</span></i><span style="font-weight: 400;">, un de ses films fétiches, ainsi que l’exposition </span><i><span style="font-weight: 400;">Coco</span></i><span style="font-weight: 400;"> chez Pixar. Cela lui permet également de faire connaître Ikki Films à l’étranger, de lui donner de la visibilité et de créer des ponts pour de nouvelles collaborations futures.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Leurs débuts, nourris d’expériences internationales, conduisent Edwina et Nidia vers la coproduction. C’est ainsi qu’en 2019, Olivier Catherin les met en contact avec la réalisatrice slovène Urška Djukić. A cette occasion, elles retrouvent Emilie Pigeard, une animatrice avec qui elles avaient déjà travaillé. De là, débute leur collaboration avec le Studio Virc, basé en Slovénie pour coproduire le court-métrage « La vie sexuelle de Mamie » dont Ikki Films prend en charge la partie animation. A la fois singulière et universelle, cette histoire leur donne l’occasion de prendre la route de nombreux festivals (169 festivals et 32 prix) avec la sélection en 2022, au Festival International d’Animation d’Annecy (France) et les mène jusqu’au César du Meilleur Court-Métrage d’animation en 2023. </span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400;"> </span></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-large wp-image-6383" src="/wp-content/uploads/2025/05/02_BSZ-still.jpg" alt="" width="1024" height="768" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400;">Leur leitmotiv commun : aimer un projet autant toutes les deux pour pouvoir le produire ensemble et l’aimer de la même façon que la personne qui le porte. Elles estiment qu’il est essentiel de s&#8217;écouter mutuellement pour mener à bien leurs envies. Travailler en binôme est fondamental pour elles, dans un écosystème que Edwina considère comme vertueux. Leur réseau, créé à travers les festivals, leurs interventions dans les écoles, et les différents organismes (A.F.C.A, S.P.I.), ont donné lieu à de nouvelles rencontres. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Plus récemment, elles se forment à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles a</span><span style="font-weight: 400;">u travail grâce au CNC et Egaé, organisé par la région Centre pour les professionnel.les de la région, afin d’êt</span><span style="font-weight: 400;">re en capacité d’écouter et de répondre si une situation relevant de VHSS se présentait durant l’une de leurs productions. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le système de financement français a également contribué à ce qu’elles produisent des courts-métrages adultes et de ne pas se cantonner à des réalisateur.rices venant de France, offrant une liberté d’expression rare dans l’industrie. L’animation est un langage qui les rassemble, Edwina étant particulièrement sensible à la poésie et la richesse narrative qu’elle rend possible. Ce qui la touche dans cette technique, c’est sa capacité d’accéder à un ailleurs de manière assez immédiate. Leurs choix éditoriaux sont assez éclectiques, fonctionnant aux coups de cœur pour un.e réalisateur.rice, une idée, un élément graphique ou littéraire du dossier, avec une diversité dans les techniques d’animation. Par exemple, pour le court-métrage « Gusla ou les malins » d’Adrienne Nowak, les personnages sont faits au crayon de couleur et les décors au pastel gras pour que tout soit finalement réunis au compositing. Pour « Lupus » de Carlos Gomez Salamanca, elles optent pour la stop motion et la peinture animée image par image.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Edwina et Nidia ont maintenant envie de s’attaquer à la série et développent avec Arte Numérique, à l’initiative du réalisateur David Freymond, « Planthéon les losers de l’Histoire ». Elles co-développent par ailleurs pour la première fois un programme de commande. Clarisse Tupin, productrice de Paraiso Productions, d’avantage issue du documentaire et de la prise de vues réelles, s’est naturellement tournée vers Edwina et Nidia pour leur expertise en animation. Elles co-produisent ainsi ensemble la série « Mutant.es » destinée aux 8/11 ans et explorant les thématiques liées à la puberté. Destiné à un public plus jeune, cela marque une nouvelle étape pour Ikki Films.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-large wp-image-6384" src="/wp-content/uploads/2025/05/1_MUTANTS-scaled-1.jpg" alt="" width="1024" height="743" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400;">Afin de mieux structurer leur travail au quotidien et aidées par deux assistantes de production, Roxana Protopopoff et Lisa Peuch, Edwina et Nidia ont décidé de ne plus faire de coproductions minoritaires de courts-métrages comme ce fut le cas par le passé. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Elles désignent désormais l’une des deux en personne référente de chaque production. A terme, elles souhaitent se concentrer davantage sur la série et le long-métrage. Elles forment Roxana et Lisa pour qu’à terme, ce soit elles qui gèrent les courts-métrages. Depuis peu, le quatuor se répartit les déplacements en festivals et laisse les réalisateurs et réalisatrices les contacter avec leurs projets. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">N’ayant pas de studio de fabrication, la petite équipe d’Ikki Films se réunit plusieurs fois par mois dans leur bureau de production à Tours, dans lequel travaillent quotidiennement Nidia et Roxana. Les réalisateur.rices qu’elles produisent s’y rendent et travaillent avec des équipes françaises. Ikki Films apporte un soutien artistique, avec notamment le bouclage d’animatique en amont de la fabrication et la recherche de financements. Elles ont été accompagnées plusieurs fois par C.I.C.L.I.C, que ce soit pour les aides ou leur résidence d’artistes à Vendôme. Elles se retrouvent aussi régulièrement à Paris, pour avancer sur différentes réalisations, en plus des réunions hebdomadaires et des appels quotidiens. Le travail à distance fait partie intégrante de leur dynamique. Les tâches au sein d’Ikki Films sont partagées de manière organique. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le défi, en tant que productrice, réside dans le fait d’avoir du recul pour savoir si un scénario est suffisamment mature pour entamer la phase de financement ou bien s’il nécessite encore du temps de développement. La semaine de travail d’Edwina est rythmée par la lecture de scénarios, séquenciers et pitchs, l’élaboration de devis et contrats, et les échanges avec les distributeurs pour discuter du marketing et de la diffusion.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Au fil du temps, Edwina a collaboré avec de nombreuses femmes dans l’animation. Actuellement, l’équipe développe plusieurs courts-métrages, séries et longs-métrages. Côté longs-métrages, il y a notamment : “Condenaditos”, coproduit en Allemagne avec la réalisatrice bolivienne Matisse Gonzalez Jordán ainsi que “Koloval”, un long-métrage mexicain cette fois-ci, réalisé par Karla Velasquez.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le prochain grand rendez-vous est la sortie du long-métrage, prévue en juin 2025, « Amélie et la métaphysique des tubes », adapté du livre éponyme d’Amélie Nothomb, réalisé par Maïlys Vallade et Liane-Cho Han et coproduit par Ikki Films.</span></p>
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<hr />
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<p><span style="font-weight: 400;">Trailer de « Chulyen » </span><a href="https://vimeo.com/238733048"><span style="font-weight: 400;">https://vimeo.com/238733048</span></a><span style="font-weight: 400;"> </span></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Ghislaine Pujol – Scénariste et directrice d’écriture, par Zoé Guiet</title>
		<link>https://lesfemmessaniment.fr/ghislaine_pujol_scenariste_par_zoe_guiet/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine VERDIER]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Feb 2025 15:15:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Peu avant les fêtes de fin d’année, j’ai eu l’occasion d’échanger longuement avec Ghislaine Pujol, scénariste et directrice d’écriture en activité depuis plus de vingt ans. Elle a posé sa&#8230;&#160;<a href="https://lesfemmessaniment.fr/ghislaine_pujol_scenariste_par_zoe_guiet/" rel="bookmark">Tout lire<span class="screen-reader-text">Ghislaine Pujol – Scénariste et directrice d’écriture, par Zoé Guiet</span></a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Peu avant les fêtes de fin d’année, j’ai eu l’occasion d’échanger longuement avec Ghislaine Pujol, scénariste et directrice d’écriture en activité depuis plus de vingt ans. Elle a posé sa patte sur de nombreuses séries dont certains titres devraient vous rappeler des souvenirs : <i>Spirou et Fantasio, Kid Paddle, Code Lyoko, Boule et Bill, Imago</i>, et plus récemment <i>Marblegen,</i> <i>Team Dronix</i> ou <i>L’Armure de Jade</i>, entre autres… Si depuis 10 ans elle œuvre presque exclusivement comme directrice d’écriture, Ghislaine se considère avant tout comme scénariste. Et j’ai pu constater que rien ne l’anime plus que la passion de la narration – sous toutes ses formes.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-large wp-image-6375" src="/wp-content/uploads/2025/02/Ghislaine-Pujol_visuel_1-1024x512.png" alt="" width="1024" height="512" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Ghislaine au travail et son sosie Playmobil officiel (dixit sa nièce).</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Enfant du petit écran, marquée par <i>Le Secret des Sélénites</i>, <i>Le Baron de Munchhausen</i> ou <i>La Bataille des Planètes</i>, Ghislaine absorbe les codes de l’audiovisuel en grandissant. Petite déjà, elle aime se raconter des histoires à travers ses jeux d’enfants. <b>À la maison, les Playmobil sont utilisés dans un jeu très élaboré où elle forme deux groupes de personnages : les acteurs jouant une scène et une équipe de tournage qui les filme. Le jeu se fait dans le silence, les personnages se déplacent dans le décor et les scènes se développent dans sa tête. </b>Déjà, Ghislaine montre sa curiosité pour la façon dont on fabrique les choses. Quand elle aime un truc, elle a « besoin de rentrer dedans, voir comment ça marche et le faire [elle-même]. » Avec les copains, dans la cour de l’école, elle rejoue les épisodes de série vus la veille, comme ceux de <i>Capitaine Flam</i>. « Comme j’étais une fille, on me disait de jouer Joan. Et je finissais toujours attachée à un arbre ou un radiateur, en bonne demoiselle en détresse. Là, j’ai compris que je voulais écrire, pour avoir des personnages féminins qui sauvent aussi des hommes &#8211; ou des femmes, d’ailleurs ! » Fana d’<i>Alice Détective</i>, une série de La Bibliothèque Verte, Ghislaine écrit ses propres épisodes une fois venue à bout des tomes existants.</p>
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<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter wp-image-6376 size-large" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2025/02/Ghislaine-Pujol_visuel_2-1024x307.gif" alt="" width="1024" height="307" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Extrait d’un western Playmobil maison ; couvertures de romans écrits à l’adolescence.</em></p>
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<p>À 13 ans, <b>elle fait la rencontre du jeu de rôle, une activité qui lui permet de développer sa passion pour la narration, et d’acquérir de nouvelles compétences en tant que maître du jeu : la création d’architectures scénaristiques interactives, l’acting et l’improvisation pour mieux rebondir sur les apports des joueurs. Une intense gymnastique pour son imagination !</b> Elle se passionne également pour la science-fiction, un genre qui réconcilie son côté résolument geek avec sa curiosité pour les grandes abstractions, les questions ontologiques et les dilemmes moraux. Étudiante en philosophie, une discipline <b>« carrée et barrée »</b>, Ghislaine rêve bientôt de devenir scénariste… Mais rien ne la prédestine à rallier les rangs de l’audiovisuel. Elle commence alors à passer les examens pour devenir prof… Quand sa tante lui transmet un article de presse sur le <a href="https://prix-scenariste.org/fr">Prix Sopadin</a> 1999. En l’espace d’une semaine, Ghislaine convertit un roman qu’elle avait écrit en script pour concourir et se hisse parmi les finalistes. Si elle n’est pas lauréate, cette occasion lui permet de rencontrer des professionnels de l’audiovisuel et du cinéma. <b>Les organisateurs du Prix Sopadin, voyant son appétence pour ce métier dont elle ne connaît pas grand-chose, lui conseillent de se former au </b><a href="https://www.ceea.edu/"><b>CEEA (Conservatoire Européen d’Écriture Audiovisuelle)</b></a><b>. </b>Dans la foulée, Ghislaine décide de passer le concours d’entrée… et elle est acceptée !</p>
<p>Montée à la capitale, Ghislaine se forme au scénario et commence à créer son réseau au CEEA. Elle peut compter sur le soutien de ses parents, rassurés par le sérieux de cette formation très sélective. À l’époque, si la fiction attire Ghislaine, elle ne se retrouve pas dans le paysage audiovisuel. À l’issue de ses études, quand on lui propose d’intégrer M6 Kids en tant que lectrice, elle y saute à pied-joints. Là, elle découvre des projets dont les genres sont plus représentatifs de ses goûts, comme la SF. Devenue conseillère artistique lors d’un remplacement de congé maternité, elle suit de près l’écriture de nombreuses séries : <b>« Avant de passer aux notes techniques, je lisais avec mon émotionnel, je ne cherchais pas les défauts mais à ressentir l’épisode. Je me mettais à la place du spectateur : est-ce que je suis embarquée ? est-ce que ça me fait tripper ? »</b> Mais quand on lui propose un CDI, Ghislaine décline : « J’avais l’impression qu’on attendait de moi que je fasse des notes même quand il n’y avait pas de notes à faire. En plus, si je restais là, je risquais de vouloir écrire des histoires à la place de celles et ceux que je lisais, et je ne voulais pas devenir une scénariste frustrée dans une chaîne de TV.»</p>
<p>Ghislaine débute une nouvelle expérience salariée : cette fois, elle est chargée d’encadrer deux autrices sur leur projet original. Expérience de courte durée : elle découvre, trop tard malheureusement, que les créatrices n’ont ni contrat, ni rémunération. « À l’époque je débutais et pour moi il était absolument inconcevable qu’on commence à travailler sans contrat ni rémunération ! » Il se trouve que, pour les auteurs, c’est d’une triste banalité… Après cette mésaventure, Ghislaine se lance dans l’écriture en espérant s’appuyer sur le réseau acquis chez les diffuseurs. Ses débuts comme scénariste sont compliqués, elle ne signe que quelques épisodes ici et là, et doit compter sur le soutien de sa compagne pour persévérer… « Je me demandais si j’allais y arriver. Je n’arrêtais pas de refuser des CDI et on ne me proposait rien côté écriture. » Sa première direction d’écriture sur le développement de <i>César et Capucine</i> est un constat d’échec, le genre du<i> preschool bridge</i> n’est pas son terrain de prédilection. Depuis ses débuts en anim’, son terrain de jeu favori est celui du 26 minutes, de l’action/aventure. « Ce qui m’a sauvé c’est que, comme je n’avais pas de boulot, j’écrivais des projets <i>on spec</i>. Je les montrais et les producteurs pouvaient apprécier mon univers perso. » Et enfin, la chance commence à tourner : Ghislaine signe 6 épisodes sur <i>Les Légendaires</i>, puis remporte le concours TFOU d’Animation avec <i>Banki &amp; Frost</i>. Elle y fait la rencontre de Stéphanie Gerthoffert, conseillère artistique chez TF1. À l’époque, TF1 développe <i>Marblegen</i> avec Monello et Ghislaine se voit proposer d’écrire un épisode. Le développement est compliqué, le projet peine à trouver ses marques… Mais quand TF1 et Monello reçoivent le script de Ghislaine, ils sont persuadés d’avoir trouvé l’ADN de <i>Marblegen</i>. Ghislaine se retrouve propulsée à la direction d’écriture. « <b>Ça a été ma meilleure direction d’écriture. Je pèse mes mots : c’était idyllique. J’avais la confiance de la production, celle de TF1, j’avais un super contact avec l’auteur de la série</b>… Si c’était à refaire, je resignerais tout de suite ! »</p>
<p>Après 10 ans sur Paris, Ghislaine retourne vivre à Toulouse pour suivre sa femme qui profite d’une mutation professionnelle pour revenir dans leur région natale, où le rythme de vie lui correspond mieux. Ghislaine apprend le travail à distance, ce qui n’a rien de compliqué pour cette geek qui tchate via IRC (un protocole de tchat en ligne, ancêtre de Messenger pour les plus jeunes qui nous lisent). <b>Être correctement équipée pour le télétravail et savoir travailler avec une équipe à distance est une nécessité dont Ghislaine enseigne les arcanes à </b><a href="https://cite-europeenne-des-scenaristes.com/"><b>La Cité des Scénaristes</b></a><b>. Elle n’y est pas seulement formatrice, elle est aussi compagnonne auprès des apprenant⸱e⸱s. </b></p>
<p>Quand je demande à Ghislaine à quoi ressemble une journée de travail type pour elle, sa réponse ne me surprend pas mais elle me déculpabilise : une journée de travail c’est être disponible de 9 à 18 heures, certes, mais ça peut aussi être de regarder des films ou des séries pour se nourrir, d’être affalé sur le canapé pour réfléchir à son texte ou laisser son esprit vagabonder sur une problématique, voire d’écouter de la musique… « Quand j’étais gosse, j’avais une playlist qui s’appelait <i>Mon roman de musique</i> où j’avais aligné des morceaux qui m’évoquaient des scènes. Quand je prenais la voiture pour aller chez mes grands-parents, après une heure et demie de trajet, j’avais imaginé un film », dixit celle qui aime autant le métal que le jazz rock. Scénaristes et aspirants scénaristes, arrêtez de culpabiliser : il faut savoir faire feu de tout bois, et même des moments d’apparente procrastination ! Avant de se précipiter sur son clavier, Ghislaine aime brainstormer sur papier&#8230; Elle oublie de mentionner que les promenades avec Prospero, son chien d’eau espagnol avec qui elle fait de manière ludique du <i>mantrailing</i> (de la recherche de personnes disparues), lui permettent aussi de laisser son esprit cheminer sur ses projets et trouver des solutions aux problématiques narratives les plus agaçantes. Une fois qu’elle tient une structure convaincante, c’est seulement là qu’elle passe sur l’ordinateur. « <b>Je me considère comme une scénariste plutôt lente. J’ai besoin d’énormément de temps en amont. Ce temps qui n’est pas rémunéré, qui n’est souvent pas comptabilisé dans les plannings, c’est un temps qui est essentiel pour moi afin d’obtenir de la qualité. </b>Je suis comme un vieil ampli, il faut faire chauffer le matériel pour que le son devienne chaud et agréable. »</p>
<p>Un diesel Ghislaine ? Peut-être… mais un diesel rudement efficace : depuis 2001, elle a travaillé sur une centaine de projets de séries animées ! Elle se dit pourtant monomaniaque, préférant favoriser un projet à la fois : «<b> J’ai besoin de rentrer dedans et d’écrire plusieurs épisodes, plutôt que de multiplier les séries</b> – ce que le marché tend pourtant à proposer, rares étant les producteurs s’engageant à donner plusieurs épisodes à un même auteur. » Si Ghislaine fait tout pour éviter de papillonner, c’est pourtant sans compter les projets <i>on spec</i> ou en développement sur lesquels elle planche en marge de ses missions pro. Rassurez-vous, Ghislaine n’est pas sans failles… « Je suis très intimidée par tout ce qui est <i>preschool</i>. Raconter des histoires aux tout-petits, c’est un talent particulier. Moi, je n’ai jamais su le faire. Quand je racontais des histoires à ma nièce, on a tout de suite été dans des récits très conflictuels. Je ne suis pas quelqu’un de doux, voilà. […] Je suis quelqu’un d’assez sombre dans mes univers. J’aime David Lynch et le bizarre, ce sont des choses qu’on ne peut pas faire quand on travaille pour la jeunesse… »</p>
<p>En tant que spectatrice, <b>Ghislaine aime être bousculée et surprise, voire dérangée.</b> « Les outils scénaristiques, c’est bien de les connaître pour rendre les choses carrées et s’assurer que le spectateur suit. […] Je comprends qu’on les utilise pour certains projets formatés, mais je pense qu’un auteur doit savoir s’éloigner de la théorie et du reproductible. À trop vouloir mettre des règles, à trop systématiser, on restreint le champ des possibles pour la narration. »</p>
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<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter wp-image-6371 " src="/wp-content/uploads/2025/02/Maintrailing-avec-Prospero-768x1024.jpg" alt="" width="469" height="625" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Prospero et Ghislaine suivent une piste. © Elodie Fargère</em></p>
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<p>Vous n’êtes pas sans savoir que, à l’heure où j’écris ce portrait, le secteur de l’animation traverse une passe difficile : réduction des besoins étrangers de prestation française, baisse des recrutements, développements gelés, studios en difficulté, voire en redressement judiciaire… Ghislaine constate elle aussi qu’il « y a un repli global sur soi de tous les pays, c’est de plus en plus difficile de coproduire. La crise est structurelle. » Mais alors, quelles conséquences sur nos futurs récits et sur le travail des scénaristes ? « Peut-être va-t-il falloir faire des projets moins ambitieux ou plus courts. » Ghislaine reste résolument optimiste : « En ce moment la situation est compliquée, notamment en développement, mais c’est une formidable opportunité pour proposer des projets personnels qui pourraient être optionnés par les producteurs. C’est peut-être <b>l’occasion de remettre le créateur au centre de la machine.</b> »</p>
<p>En 20 ans, Ghislaine a eu l’occasion de constater que les conditions de travail pour les scénaristes se sont durcies, qu’il y avait des défaillances à réparer pour mieux travailler ensemble. C’est notamment pour cela qu’elle s’est engagée au sein de <a href="https://www.guildedesscenaristes.org/">La Guilde Française des Scénaristes</a>. Elle aimerait <b>voir ce métier revalorisé par une meilleure rémunération, un statut plus protecteur, une plus grande reconnaissance et par la promotion de pratiques plus vertueuses.</b> À l’heure où les studios se concentrent dans de grands groupes, la force des scénaristes, par nature isolés, faiblit : « La concentration des productions en grands groupes, c’est quelque chose qui, en termes financier et artistique, m’inquiète. Il y a de moins en moins de guichets auxquels se présenter. Sans parler du coup porté à la capacité de négociation des scénaristes, puisque les services juridiques et RH sont mutualisés. »</p>
<p>Qu’en est-il de la menace que fait planer l’IA générative sur les métiers créatifs, autre inquiétude qui monte, qui monte, ces dernières années ? « C’est stressant. Mais si les scénaristes s’en emparent, non pas pour être plus productifs mais pour être plus créatifs, pour écrire mieux, ça peut devenir un puissant outil de plus dans notre escarcelle, aux côtés d’un Final Draft par exemple. Je trouverais catastrophique que les producteurs s’en saisissent pour remplacer les scénaristes. On ne peut pas se passer des auteurs. Il faut les respecter, leur faire confiance. »</p>
<p>Tout au long de notre échange, Ghislaine parle souvent d’artiste-auteur pour définir le scénariste. Je lui demande pourquoi ce terme lui tient tant à cœur : « On a tendance à résumer le scénariste comme un technicien de la narration. On l’appelle souvent pour mettre de l’ordre dans le génie d’un autre, souvent visuel. Être scénariste, ce n’est pas être technicien ou magicien, c’est un artiste professionnel. <b>C’est quelqu’un qui crée du « sens », du « point de vue », du « personnage ». Le scénariste amène un discours, un univers, bref, ses tripes. » </b></p>
<p>Je ne peux pas m’empêcher d’interroger Ghislaine sur sa vision de la direction d’écriture, elle qui oscille entre l’ouvrier et le chef de chantier. « La direction d’écriture, c’est un poste défini assez clairement par la convention collective. Mais dans les usages, chacun fait un peu à sa sauce. Les responsabilités sont souvent mal comprises : oubli de l’aspect management d’équipe, circonscription du travail à la production de notes lapidaires… ces pratiques peuvent créer de la souffrance. Je pense qu’il faut redéfinir précisément ce poste et poser une charte. » C’est d’ailleurs un des chantiers de travail relancé par La Guilde pour répondre aux problématiques que les scénaristes constatent sur le terrain. Au début de sa carrière, Ghislaine confie qu’elle sentait plus d’enthousiasme autour de l’écriture… « Je suis persuadée que tous ces défauts qui émaillent les séries d’animation aujourd’hui sont liés à la peur. La peur d’être mal interprété, la peur de ne pas réussir à livrer dans les temps, la peur de ne pas être validé par la chaîne… <b>La peur ruisselle jusqu’à tous les départements, elle devient contagieuse et elle tue la confiance et l’enthousiasme dans l’écriture.</b> »</p>
<p>Mais, fort heureusement, l’enthousiasme n’est pas mort : il est là quand les bonnes personnes se rencontrent sur les bons projets au bon moment, et il est encore là quand le projet rencontre son public après avoir déjoué les embûches. « Je rencontre aujourd’hui des gamins de vingt ans qui ont regardé les projets sur lesquels j’ai travaillé. Quand ils me disent que ces séries ont eu un impact sur eux, ça me donne la patate pour écrire et porter d’autres projets. Il faudrait que nous qui écrivons, qui produisons, qui fabriquons, qui diffusons de l’animation, on garde ça en tête », scande Ghislaine. Alors quels conseils donner aux jeunes générations qui voudraient se lancer dans l’écriture afin qu’elles gardent l’enthousiasme nécessaire pour porter de nouveaux imaginaires ? « Tenez bon. N’acceptez pas n’importe quoi pour débuter : <i>cheap un jour, cheap toujours</i>. Montrez ce que vous savez faire. Faites du <i>spec script</i> sur des formats pour lesquels vous voulez travailler. Écrivez des choses qui vous plaisent. Et une fois que vous avez identifié des gens <i>biens</i>, travaillez avec eux. <b>Quand ça marche, quand il y a une émulation, qu’on fait de belles rencontres, qu’il y a de l’enthousiasme, on s’éclate.</b> On fait vivre des personnages, on raconte de belles histoires et des choses qui ont de l’importance. C’est une satisfaction incroyable, au-delà du divertissement et de la joie apportées au jeune public, de se dire qu’on porte un message qui va peut-être faire évoluer et changer la jeune génération. <b>Les seules vraies questions qu’on devrait se poser sur les textes, ce sont : qu’est-ce qu’on raconte au jeune public et comment transformer son monde ? »</b></p>
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<p><span style="font-weight: 400;"> <img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter wp-image-6372 size-large" src="/wp-content/uploads/2025/02/Maitre-des-Licornes-au-Cartoon-Forum-24-e1739786285922-1024x480.jpg" alt="" width="1024" height="480" /></span></p>
<p style="text-align: center;"><em>L’équipe du Maître des Licornes en pitch au Cartoon Forum 2024. © Cartoon Forum</em></p>
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<p>En parlant de révolution, je demande à Ghislaine si elle trouve que la place de la femme a évolué favorablement depuis 20 ans en animation. Celle qui se définit comme une geek ayant intériorisé les codes des garçons acquiesce mais reste prudente : « On n’est pas à l’abri de répéter des clichés pour les avoir vus. » Quelle hygiène de travail adopter pour éviter de reproduire les stéréotypes éculés ? « J’écris sans me poser de questions mais une fois que j’ai écrit, je m’en pose tout un tas : <b>qu’est-ce que je raconte ? qu’est-ce que je dis sur les personnages ? est-ce que je tombe dans un cliché inverse ? </b>J’essaie de trouver l’équilibre et d’avoir des personnages qui répondent à toutes les chapelles. »</p>
<p>Quand je demande à Ghislaine si le fait d’être une femme lui a déjà posé problème dans sa carrière, elle me répond dans un éclat de rire. « Ça n’a jamais été un frein dans mon parcours car j’ai la chance de ressembler à un Playmobil ! » Je reprends ma respiration pendant que Ghislaine retrouve son sérieux. « J&#8217;ai eu la chance de ne pas vraiment souffrir du fait d&#8217;être une femme, contrairement à nombre de mes consœurs harcelées ou systématiquement orientées vers des projets <i>preschools</i>. »  J’insiste un peu… vraiment ? Rien à déclarer ? Elle réfléchit… « Je me souviens juste d’un cas où j’avais proposé une course-poursuite en avion. Et le directeur d’écriture m’a demandé si, moi, une fille, j’allais savoir l’écrire… J’ai répondu que j’avais vu <i>Top Gun</i> et que ça ne devrait pas poser trop de problème. Sachant que mon papa était dans l’armée de l’air, c’était vraiment marrant ! »</p>
<p>Si, côté écriture, on essaie d’interroger le plus possible nos récits et nos représentations, Ghislaine déplore que côté visuel, ça traîne encore un peu. À son sens, deux raisons : les habitudes graphiques héritées depuis des décennies et les contraintes de certaines techniques d’animation. « Quand j’étais prof en école d’anim’, un étudiant m’avait expliqué qu’ils utilisaient comme références des modèles de cycle de marche féminine et masculine : les mêmes, depuis 40 ans ! L’homme marche avec les bras bien tendus, l’air fort, pendant que la nana ondule, avec les seins et les fesses qui chaloupent… Quand je les interrogeais, certains étudiants me répondaient que, quand ils animaient, ils avaient aussi envie de se faire plaisir… » Ghislaine lève les yeux au ciel, agacée. « C’est dur de lutter contre des visuels qui plaisent et qui pourtant disent tellement sur le statut d’une femme ou d’un homme dans une œuvre… Le scénario n’y peut pas grand-chose : tu as beau écrire en y prêtant attention, tu n’as pas toujours la main sur ce qu’il se passe après. […] Le souci, c’est aussi la fabrication : en 3D, on fait des vêtements moulants pour éviter de faire du <i>cloth</i>, techniquement contraignant et plus onéreux. Il faut faire le tri entre la contrainte technique et le mauvais design sexiste qu’on a pu hériter de la Japanim. »</p>
<p>Heureusement, la féminisation des métiers, dans les équipes de fabrication, aux postes décisionnels mais aussi chez les diffuseurs, a permis d’aller dans le bon sens pour proposer de nouvelles représentations. Les formats plus longs permettent aussi de déjouer les clichés et de développer des personnages plus complexes. Si, chez les scénaristes, on atteint quasiment la parité, il y a encore du travail : « On s’aperçoit que les femmes sont surreprésentées sur les projets courts et <i>preschool</i>, alors qu’on confie plus volontiers aux hommes les projets dit <i>premium</i>, ceux qui sont mieux payés et où les enjeux sont plus forts. » Pour autant, Ghislaine reste vigilante quant aux effets pervers d’une surfocalisation sur les enjeux féministes dans la création de contenus : « Le risque, c’est de faire des choses entre femmes qui laissent les garçons en dehors. Aujourd’hui, les jeunes femmes sont de plus en plus impliquées et se reconnaissent dans les sujets féministes – et c’est formidable – pendant que les garçons ne les comprennent plus et se renferment dans le traditionalisme », constate celle que la montée d’un masculinisme toxique sur les réseaux inquiète. C’est aussi pour cette raison que Ghislaine cherche à explorer d’autres façons de raconter des histoires, trouvant de l’inspiration du côté de <a href="https://www.terrestres.org/2018/10/14/la-theorie-de-la-fiction-panier/">la théorie de la Fiction-Panier</a>, posée par Ursula K. Le Guin, qui dénonce les structures narratives très masculines où la figure du héros, l’antagonisme, la force et le champ de bataille prévalent. Ce n’est donc pas par hasard que Ghislaine apprécie, en fiction, le travail de Céline Sciamma qui cultive efficacement l’art d’un rythme lent ou le manga <i>Utena</i> de Chiho Saitô qui revisite sous l’angle féministe, les tropes martelés par Disney.</p>
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<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter wp-image-6369 size-large" src="/wp-content/uploads/2025/02/Ghislaine-2-e1739786330904-1024x618.jpg" alt="" width="1024" height="618" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Ghislaine comme un poisson dans l’eau à Annecy. © Suaëna Airault</em></p>
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<p>Que peut-on souhaiter à Ghislaine pour la suite ? « Mon rêve, c’est de refaire un <i>Ulysse 31</i> ou un <i>Capitaine Flam</i>. J’aimerais aller vers du feuilletonnant, de l’ado. » <b>Mais aussi trouver un endroit où l’animation s’autorise à intégrer de l’étrange, du contemplatif, du perché</b>, comme pouvait l’incarner <i>Serial Experiments Lain</i>, une série qu’elle affectionne tout particulièrement. En attendant, elle travaille déjà sur un projet qui pourrait lui offrir un terrain de jeu similaire : adapter l’opéra de Richard Wagner, <i>L&#8217;Anneau du Nibelung</i>, sous un angle résolument féministe. « J’ai hâte que ce projet passe à l’étape supérieure. » Je dois avouer qu’en écoutant Ghislaine me partager sa vision de ces opéras et ses pistes d’adaptation, j’ai moi aussi très hâte de découvrir le résultat. S’il n’y avait qu’une chose à retenir de cet entretien avec Ghislaine Pujol, c’est l’enthousiasme et la passion qui l’animent. Pour l’animation et les projets sur lesquels elle travaille, mais aussi dans sa défense des artistes-auteurs et du travail d’écriture. En l’écoutant, je réalise qu’<b>il est urgent de ramener un peu de bienveillance et de reconnaissance autour de ces métiers pour que nos récits et imaginaires puissent continuer de façonner des futurs désirables.  </b></p>
<p style="text-align: right;">Zoé Guiet</p>
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		<title>Mariam Hachmi – Productrice et scénariste, par Nathalie Rizkallah</title>
		<link>https://lesfemmessaniment.fr/mariam-hachmi-productrice-et-scenariste-par-nathalie-rizkallah/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Cloë Coutel]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Oct 2024 17:22:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Ressources]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>&#160; *** &#160; Mariam Hachmi m’accueille dans ses bureaux de La Chouette un matin de septembre. Le temps est gris et laissera place à des rayons de soleil au fil&#8230;&#160;<a href="https://lesfemmessaniment.fr/mariam-hachmi-productrice-et-scenariste-par-nathalie-rizkallah/" rel="bookmark">Tout lire<span class="screen-reader-text">Mariam Hachmi – Productrice et scénariste, par Nathalie Rizkallah</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-large wp-image-6299" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/10/mariam_hachmi2-scaled-e1730135606107-1024x613.jpeg" alt="" width="1024" height="613" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/10/mariam_hachmi2-scaled-e1730135606107-1024x613.jpeg 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/10/mariam_hachmi2-scaled-e1730135606107-540x324.jpeg 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/10/mariam_hachmi2-scaled-e1730135606107-1536x920.jpeg 1536w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/10/mariam_hachmi2-scaled-e1730135606107-2048x1227.jpeg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></p>
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<p style="text-align: center;">***</p>
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<p>Mariam Hachmi m’accueille dans ses bureaux de La Chouette un matin de septembre. Le temps est gris et laissera place à des rayons de soleil au fil de notre échange. Mariam a fait livrer des viennoiseries et pâtisseries pour les équipes et pour nous. Un foisonnement de gourmandises et des yeux qui pétillent.</p>
<p>Dans son bureau coloré et joyeux, des illustrations des œuvres qu’elle a co-produites et créées, des posters du studio Ghibli, des figurines des icônes du monde de l’animation. Son amour pour l’animation et l’imaginaire est palpable, et s’incarne dans sa vision entrepreneuriale et artistique. Mariam Hachmi est cofondatrice et directrice générale de La Chouette.</p>
<p>Mariam a « toujours adoré raconter des histoires ». « J’en racontais déjà à huit ans à mes cousins. Ils s’en rappellent encore aujourd’hui, des histoires d’horreur surtout. (rires) » Les histoires ont toujours été son refuge. Et c’est son ambition aujourd’hui en tant que productrice et créatrice, « que nos programmes puissent être un refuge, un cocon, une bulle, et qu’ils puissent provoquer ce sentiment qu’on a tous eu quand on a huit ans, que tu rentres de la bibliothèque avec plein de nouveaux livres à découvrir, cette excitation-là, ou celle de boire un chocolat chaud en découvrant un nouveau dessin animé à la télé. » Elle ajoute :</p>
<h4>« L’enfance est à protéger, surtout en ce moment où l’information est PARTOUT. Quand on est enfant, on n’a pas à être au courant de tout ce qui se passe dans le monde. L&#8217;écologie ou la sécurité sont des enjeux importants, mais nous devons permettre aux enfants de rêver le plus longtemps possible.»</h4>
<p>Mariam fait partie d’une génération de productrices pour lesquelles les modèles féminins se comptaient sur les doigts d’une main. Ses parents « étaient très loin de tout ça ». D’origine marocaine, ayant grandi en banlieue parisienne, c’est un milieu qu’elle ne connaissait pas. « Mais je me suis dit pourquoi pas, je n’ai rien à perdre, je n’ai pas à me mettre de barrière ».</p>
<p>Elle rêve depuis l’enfance de faire de l’animation et en particulier de l’animation jeunesse. Elle découvre en grandissant que ses films préférés, « de vrais gens les avaient faits, l’animation était une vraie industrie ». Cette épiphanie reste dans un coin de sa tête, tout au long de ses études. Elle sent qu’elle pourrait « s’y épanouir, y trouver refuge ».</p>
<p>Elle démarre des études de droit « pour assurer ses arrières » et prendre un chemin de traverse plutôt que d’attaquer frontalement cet idéal. « Il était trop difficile d’envisager une carrière artistique, vu le milieu d’où je venais. J’aurais déçu trop de monde ». Pourtant, « très vite, je ne me voyais pas dans un cabinet de droit des affaires, pour aider des entreprises à devenir plus riches. J’avais un souci d’alignement. Ce n’était pas du tout en accord avec mes valeurs. »</p>
<p>Alors qu’elle finit son master en droit, elle trouve une porte d’entrée vers l’animation en tentant INA-Sup, une nouvelle école gratuite qui vient d’ouvrir. Puis, elle rentre chez Alphanim en stage. « Une autre porte qui s’ouvre plutôt facilement ». Son objectif : apprendre le financement d’une série, c&#8217;est son « point faible. » « Tout ce qui était un peu économie, budget, Excel, et compagnie, ce n&#8217;était pas du tout mon domaine de compétence, mais pas du tout » dit-elle en riant. Elle reste chez Alphanim finalement un peu plus longtemps que prévu, apprend le métier, apprécie l’ambiance, les gens, le travail et sent qu’elle se reconnecte à ce qui la faisait rêver enfant.</p>
<p>Elle rejoint en 2011 le studio 2 Minutes Paris, d’abord comme Responsable des financements, puis intègre l’équipe de développement comme Productrice artistique. Vient ensuite l’envie d’être plus libre de ses choix artistiques, d’aller vers le métier qui l’attire le plus : productrice. <em>Choisir les projets, les équipes, être en contact avec le marché, et surtout… initier les projets. </em></p>
<p>A 29 ans, elle franchit le pas et devient co-fondatrice de la Chouette avec Sylvain Dos Santos.</p>
<p>« Avec le recul, je dois avouer que ce n’est pas le réflexe de beaucoup de jeunes femmes qui commencent leur carrière. On ne t’encourage pas à devenir entrepreneuse, que ça soit à l’école ou à la maison. Que ce soit ta famille, tes potes, en fait tout le monde te dissuade, tout le monde te parle du réseau, te dit que tu ne connais personne, qu’il faut de l&#8217;expérience, que ça va être difficile.<br />
Moi je crois que… je ne vois pas trop les difficultés. » dit-elle en souriant. « Il faut au contraire ne pas attendre avant de se lancer ! Tu vas peut-être te planter au début, et ce n&#8217;est pas grave, parce que du coup, tu apprendras et après, ça ira ».</p>
<p>Elle adapte cette vision à son métier de productrice. « Ça ne sert à rien d&#8217;attendre 1000 ans, tu veux être productrice, tu as des projets, tu as des idées, tu as envie de proposer des choses, tu le fais et puis même si tu es trop jeune, personne ne t’en voudra. C&#8217;est bien d&#8217;essayer et petit à petit, tu affines ton expertise, ton expérience, ton feeling, ta relation avec les diffuseurs. Le nez devient plus fin aussi pour les bons projets au fur et à mesure de l&#8217;expérience.»</p>
<p>Elle prévient cependant que « la volonté ne suffit pas ». Son conseil : « avoir potassé, connaître le métier, les grilles de programmes des chaînes. S’imbiber de cet univers, rencontrer des artistes littéraires, graphiques, réalisateur·rices pour se faire un réseau. C’est un travail collectif. Quand tu es producteur·rice, tu ne fais rien tout·e seul·e. »</p>
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<h4>« Il m’a fallu arpenter les salons et marchés professionnels pour développer mon réseau. Tout prend du temps. Il faut être besogneux et humble ».</h4>
<p>Mariam recommande également d’avoir déjà des projets avant de créer sa société de production. Au moins un projet écrit et un peu développé à pouvoir présenter à un diffuseur. Une autre clé indispensable : « avoir déjà travaillé au préalable dans une entreprise ». « Il faut être une éponge. S’imbiber de tout, de tout ce qui se dit, de tout ce qui est bien / pas bien, de constater les erreurs ».</p>
<p>Elle encourage aussi à « rester honnête, simple ». Le fake it until you make it* <strong><em>(NDLR: en français, &#8220;faire semblant jusqu&#8217;à ce qu&#8217;on y arrive&#8221;</em></strong>) très peu pour elle. « C’est important de rester aligné·e avec soi-même et sa personnalité. Quand tu vends un projet, tu te vends toi ». Cette approche permet de « rencontrer et de travailler avec des gens qui ont une sensibilité similaire ».</p>
<p>La Chouette existe maintenant depuis neuf ans. Depuis leurs débuts à trois personnes dans un petit bureau loué à Bastille au sein du studio Caribara, la société compte aujourd’hui 750m2 de bureaux à Montreuil et 120 collaborateur·rices ainsi qu’un studio à Angoulême avec 20 personnes. Le défi actuel de Mariam est donc de structurer sa société de manière adaptée. « Il y a des choses que je faisais au tout début que je ne fais plus du tout aujourd&#8217;hui. J’ai délégué le juridique et la production exécutive. Mais bien sûr, quand il y a besoin, on est là. »</p>
<p>« Avec Sylvain Dos Santos, on adore développer des programmes ». Mariam et Sylvain dédient une grande partie de leur temps à écrire et créer des projets, « un petit plaisir qu’on continue de s’octroyer », en plus de leur casquette de producteur·rice. « Evidemment, je m’occupe de tout ce qui est plannings, budgets, recherche de financement pour monter les projets. Et ensuite, on embauche des producteurices exécutif.ves pour suivre les projets. »<br />
Elle et Sylvain se répartissent les projets et ne travaillent pas sur les mêmes séries. « On fait bande à part sur les projets. » dit-elle avec un air malicieux.</p>
<p>« Au début, en développement, on est obligé·es d’être au four et au moulin. Puis, plus on avance dans la production, plus notre champ d’intervention rétrécit. Ça me permet de me dédier à ce que j’adore faire : écrire, développer et modeler un projet ».<br />
La Chouette a d’ailleurs une quinzaine de projets en développement.</p>
<p>Mariam est très à l’écoute de ce qui se fait en France et à l’international. Elle fait de la veille. « Je regarde beaucoup de programmes, tout le temps. Le matin, je regarde des dessins animés, je trouve que c’est très important, c’est comme cela que je peux avoir le déclic. J’observe et je peux identifier ce qui manque dans les grilles de programmation. Par exemple, j’ai remarqué qu’il manquait un programme plus calme pour les tout-petits. J’ai eu alors l’idée de créé Taki Tanuki ». (Ndlr : Taki Tanuki est une série à l’univers graphique « naturel et apaisant » qui joue autour des poses de yoga et des animaux qui les inspirent) ».</p>
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<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter wp-image-6302 size-full" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/10/unnamed-1.png" alt="" width="2160" height="1257" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/10/unnamed-1.png 2160w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/10/unnamed-1-540x314.png 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/10/unnamed-1-1024x596.png 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/10/unnamed-1-1536x894.png 1536w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/10/unnamed-1-2048x1192.png 2048w" sizes="auto, (max-width: 2160px) 100vw, 2160px" /></p>
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<p>En parallèle, elle incarne dans son quotidien d’entrepreneuse et de dirigeante son envie d’être « accessible, les mains dans le cambouis, consciencieuse et besogneuse ». « Ce n’est pas le côté le plus glamour de ce qu’on imagine d’un·e producteur·rice mais j les gens préfèrent quelqu&#8217;un qui va bosser plutôt que quelqu&#8217;un qui est juste dans l&#8217;apparat ». Couteau suisse, Mariam n’hésite pas à rentrer dans l’opérationnel en fonction des besoins et des deadlines. Elle sait faire du montage, de la réalisation (elle a d’ailleurs co-réalisé « Le Monde selon Kev », une série créée et doublée par Kev Adams).</p>
<p>Elle consacre également une grande part de son temps à ses équipes. « Les équipes ont besoin d’être en contact direct avec nous, de sentir qu’il n’y a pas de distance avec nous ». Son plus grand défi, « c’est de faire en sorte, quand il y a un problème, d’anticiper, de désamorcer, de dénouer. Pour moi c&#8217;est un challenge quotidien de faire en sorte que tout le monde se sente bien à sa place. Ce n&#8217;est pas simple parce que on est de plus en plus nombreux mais on fait très attention à ça. ». Un rôle qu’elle cherche actuellement à structurer en ayant nommé Brice Leyniat pour l’épauler dans la gestion des RH et du recrutement.</p>
<p>Quand je lui parle de son identité de femme arabe et comment cette identité a été vécue dans le milieu de l’audiovisuel, Mariam fait une pause. « Enfant, j’étais un rat de bibliothèque, je dévorais des romans, je n’avais pas conscience de ma différence. Et surtout, je n’anticipais pas que mon identité deviendrait une question en devenant adulte. Pour moi, tout se réglerait par le biais des études, tout serait jugé sur la base de l’intelligence. Même s’il y avait des difficultés, je n’y prêtais pas attention. A l’époque, ce n’était pas un sujet. Ça l’est devenu récemment. »</p>
<p>« Je découvre qu’avec 10-15 ans d’expérience, une création de boîte, des preuves de réussite, à 38 ans, je suis quand même parfois face à des personnes qui m’infantilisent et me réduisent à mon origine de la même manière qu’au début. »</p>
<p>Le meilleur conseil qu’elle ait reçu vient de ses parents : « il faut que tu restes indépendante ». Un conseil qu’elle suit et incarne parfaitement. La Chouette est sollicitée régulièrement pour des rachats, qu’elle et Sylvain refusent systématiquement. Ses parents disaient : « vous avez tout fait tous seuls. Tu sais ce que tu as, tu ne sais pas ce que tu auras. »</p>
<p>La Chouette a également produit plusieurs séries à dimension internationale pour des diffuseurs américains. « Culturellement, ils ne travaillent pas comme nous. Notre enjeu a été de nous adapter à leurs manières de faire tout en respectant nos valeurs ». Hollywood et ses séries et films ont bercé son enfance. Mais aujourd’hui, elle préfère notre modèle français qui garantit plus de diversité et d’intelligence dans les contenus et garantit l’émergence d’entreprises comme la nôtre, qui les soutiennent et les protègent ».</p>
<p>Selon elle, les Etats-Unis restent cependant le centre névralgique. « On ne peut pas s’en désintéresser, ça reste un terrain à conquérir, ce qu’on fait progressivement. On n&#8217;est pas pressé et on le fera de la même manière que ce qu’on a fait jusque-là, avec beaucoup d&#8217;humilité, de simplicité et beaucoup de travail. » Cette démarche commence à porter ses fruits. « On a de belles choses qui se dessinent sur les mois à venir. Malgré tout, on ne sera jamais américain, on sera toujours une boîte de production indépendante française. De la même manière qu&#8217;on va travailler avec des sociétés en Chine, en Italie, en Angleterre, c’est avant tout des partenariats. »</p>
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<p>Actualité et tendance actuelle oblige, nous abordons la question de l’intelligence artificielle dans le domaine de la création artistique. Mariam s’assombrit. « Si le métier se transforme au point que l’IA remplace des personnes avec qui nous travaillons, alors ça ne m’intéressera plus ». Ce qui la motive dans le fait d’avoir une société de production, c’est le contact humain, ce sont les gens qui la composent et avec qui échanger. « S’il n’y a plus d’être humain, alors à quoi bon ? ». Son naturel optimiste la rattrape et elle continue à évoquer le futur avec enthousiasme et notamment sa vision de la suite de sa carrière. « Je dis souvent que si ça reste déjà comme ça, c&#8217;est bien parce que je n&#8217;ai pas besoin de beaucoup plus. »</p>
<p>Son ambition à terme, « être moins les mains dans le moteur et être plus dans la transmission pour favoriser l’émergence de nouveaux talents ». Une nouvelle dimension qu&#8217;elle commence à initier avec Sylvain. « Pour faire ce métier, il faut avoir une certaine proximité avec la jeunesse et l’enfant qu’on a en soi. Plus on grandit, plus on perd cette connexion. On n’attendra pas de se retrouver en manque d’idées, on a envie qu’il y ait de nouvelles personnes qui viennent avec des nouvelles idées. » En parlant de sororité et de transmission, elle ajoute :</p>
<h4>« Le milieu du cinéma ou de l’audiovisuel repose beaucoup sur de la transmission orale et informelle et de l&#8217;observation, un savoir qu’on ne peut pas apprendre autrement. Je vois vraiment la sororité comme une nouvelle manière d’incarner la transmission. Le mentorat et le partage d&#8217;expériences favorisent cette transmission et permettent de faire gagner quelques années d&#8217;expériences et de galère ».</h4>
<p>« Avant, il y avait cette idée que les infos, le savoir, c&#8217;était une arme précieuse qu&#8217;on ne partageait pas. Et j&#8217;ai l&#8217;impression qu’aujourd’hui, on renverse cette idée. On n&#8217;a pas peur de perdre le pouvoir. »<br />
Donner ce qu’elle a pu recevoir, à l’image de ses débuts où elle s’est sentie encouragée et portée par Lila Hannou, Morgann Favennec ou Emmanuèle Petry. Avec elles, elle a pu découvrir « la transmission naturelle, sans calcul ».</p>
<p>Nous aurions pu continuer l’échange pendant longtemps tant l’enthousiasme et la passion de Mariam étaient communicatifs. Son optimisme et sa vision humaine de son métier de productrice laissent un sentiment de possibilités infinies.</p>
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<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter wp-image-6303 size-full" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/10/unnamed.png" alt="" width="1280" height="865" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/10/unnamed.png 1280w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/10/unnamed-540x365.png 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/10/unnamed-1024x692.png 1024w" sizes="auto, (max-width: 1280px) 100vw, 1280px" /></p>
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		<title>Félicie Haymoz – Directrice artistique, par Maud Chougui</title>
		<link>https://lesfemmessaniment.fr/felicie-haymoz-directrice-artistique-maud-chougui/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[CHATEL Thibaut]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Sep 2024 07:33:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>*** Félicie Haymoz, son prénom à lui seul sonne déjà comme une histoire. Du coup avant même de la rencontrer je m’imaginais à quoi elle pouvait bien ressembler ! Et bien&#8230;&#160;<a href="https://lesfemmessaniment.fr/felicie-haymoz-directrice-artistique-maud-chougui/" rel="bookmark">Tout lire<span class="screen-reader-text">Félicie Haymoz – Directrice artistique, par Maud Chougui</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-6105 aligncenter" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.48.37-1024x576.png" alt="Capture d’écran 2024-09-22 à 15.48.37" width="1024" height="576" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.48.37-1024x576.png 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.48.37-540x304.png 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.48.37-843x474.png 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.48.37-284x160.png 284w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.48.37.png 1650w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></p>
<p style="text-align: center;">***</p>
<p><span style="font-weight: 400;">Félicie Haymoz, son prénom à lui seul sonne déjà comme une histoire. Du coup avant même de la rencontrer je m’imaginais à quoi elle pouvait bien ressembler ! Et bien pas du tout à ce que j’avais en tête. Félicie ressemble à la petite fille des </span><b><i>Triplés</i></b><span style="font-weight: 400;"> : un carré blond, deux grands yeux bleus, un paysage nordique comme un lac en été. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Au premier abord Félicie a l’air plus sage que son double animé mais il ne faut jamais se fier au premier abord car sous cette blondeur diaphane le lac est bien plus téméraire qu’il n’y parait.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Félicie a grandi en Suisse, a fait ses classes à </span><b>L’académie royale des beaux-arts</b><span style="font-weight: 400;"> de Bruxelles et a passé pas mal de temps à New York. On va y revenir mais commençons par le commencement.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Enfant, Félicie voulait devenir bibliothécaire ! D’abord car elle adorait lire, ensuite car elle avait l’impression que c’était « </span><i><span style="font-weight: 400;">le métier le plus relax du monde</span></i><span style="font-weight: 400;"> » et surtout car aller à la bibliothèque c’était le moment le plus « </span><i><span style="font-weight: 400;">chouette</span></i><span style="font-weight: 400;"> » de sa semaine. Félicie utilise beaucoup l’adjectif « chouette », ça tombe bien moi aussi. « Chouette » ça imprime immédiatement de la joie, une façon espiègle, bienveillante et douce de contempler le monde et les autres. Et puis « chouette » c’est aussi le nom d’un oiseau et comme le monde de Félicie est peuplé d’animaux, m’est avis que cet adjectif trouve parfaitement sa place, et dans son lexique, et dans son bestiaire.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Félicie dessine depuis qu’elle est toute petite et on peut tous remercier sa marraine car c’est elle qui la première lui a offert un carnet, celui où elle a raconté sa première histoire, celle de </span><i><span style="font-weight: 400;">Natacha la grenouille enchantée</span></i><span style="font-weight: 400;">. Natacha la grenouille enchantée avait un look super classe, deux chiens et vivait une grande histoire d’amour avec un lapin. Après Félicie a aussi créé une histoire de chasse aux fantômes inspirée de ses propres lectures et de sa passion pour les grenouilles (avec une héroïne encore plus classe qui chassait les fantômes en talons de 12). Déjà des histoires d’animaux anthropomorphisés. Wes Anderson ne le savait pas encore mais il n’avait qu’à bien se tenir…</span></p>
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<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-6109 aligncenter" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.48.49-1024x584.png" alt="Capture d’écran 2024-09-22 à 15.48.49" width="1024" height="584" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.48.49-1024x584.png 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.48.49-540x308.png 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.48.49-843x481.png 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.48.49-284x162.png 284w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.48.49.png 1634w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></p>
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<p><span style="font-weight: 400;">J’ignore si vous croyez au destin mais moi si. Et quand on écoute l’histoire de Félicie, on se dit qu’il avait disposé des petits cailloux sur sa route pour la mener jusqu’à Wes Anderson. A 10 ans, Félicie fait un stage auprès de Jean Bindschedler, le fondateur du musée de la Marionnette de Fribourg. L’idée c’est que les mômes qui suivent ce stage créent leurs marionnettes, leur inventent une histoire et jouent leur spectacle devant leurs familles. Félicie va créer « </span><i><span style="font-weight: 400;">un Roi grenouille avec une cape en velours rouge</span></i><span style="font-weight: 400;"> ». « </span><i><span style="font-weight: 400;">C’était une très chouette expérience. C’était un tout petit théâtre avec une très jolie ambiance, avec ce rideau rouge c’était un peu magique.</span></i><span style="font-weight: 400;"> »</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Plus tard, la sœur de Félicie travaillera dans ce musée pour recenser les marionnettes de collection privées qu’ils reçoivent du monde entier. « </span><i><span style="font-weight: 400;">La salle où ils mettaient toutes ces marionnettes contre les murs c’était assez impressionnant car t’allumais la lumière et y’avait les néons qui faisaient clic clic clic et tu voyais toutes ces marionnettes pendues qui te regardaient, c’était flippant !</span></i><span style="font-weight: 400;"> » raconte Félicie dans un éclat de rire.</span></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-6112 aligncenter" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.49.22-1024x535.png" alt="Capture d’écran 2024-09-22 à 15.49.22" width="1024" height="535" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.49.22-1024x535.png 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.49.22-540x282.png 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.49.22-843x440.png 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.49.22-284x148.png 284w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.49.22.png 1616w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400;">Félicie était super bonne à l’école alors tout naturellement ses parents l’imaginaient faire un métier bac + 13. Son père l’aurait bien vue Notaire mais Félicie avait d’autres rêves en tête. Bac en poche et valise à la main, elle a quitté la Suisse pour Bruxelles afin d’intégrer </span><b>L’académie royale des beaux-arts</b><span style="font-weight: 400;"> pour se former à l’illustration. Mais pas que ! Car là-bas elle a pu explorer d’autres terrains de jeux : la photo, la gravure, la sérigraphie, le modèle vivant. La plupart des étudiants la jouaient dilettantes du coup elle a pu profiter de tous les ateliers. Et vous savez quoi ? Elle a trouvé ça « </span><i><span style="font-weight: 400;">chouette </span></i><span style="font-weight: 400;">» ! Parce ce que ce qui semble le plus motiver Félicie dans la vie c’est la curiosité : observer les gens, s’essayer à des arts ou des techniques inexplorés, faire des rencontres… Et c’est cette curiosité qui va lui faire découvrir, presque par hasard, le métier de chara designer. Parce qu’elle va s’apercevoir que ce qui l’intéresse le plus c’est de dessiner des personnages, d’imaginer des costumes qui racontent leur personnalité (quand je vous disais que Natacha la grenouille était trop stylée). Le reste, le truc qui fait office de décor derrière, c’est pas ce qui la captive.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Félicie va donc étudier l’illustration pour rapidement s’apercevoir que bosser toute seule c’est pas son truc non plus. Au tête-à-tête elle préfère l’équipe, l’échange et l’énergie qui s’en dégage. C’est pourquoi elle va passer de l’illustration à l’animation ! Pour autant Félicie adore se nicher dans un coin pour observer les gens et s’en inspirer. Et si vous lui demandez son meilleur spot pour contempler le monde, peinarde, elle vous parlera du métro New Yorkais, dégaines de personnalités hétéroclites, curieuses et intrigantes. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Mais revenons à l’esprit de groupe. Le groupe porte avec lui un cadre, une dead line imposée et le partage des responsabilités. Félicie se dit « procrastinatrice » quand il s’agit de ses propres projets et considère que son travail : « c’est de donner des choix et d’ouvrir des portes ». Et elle se réjouit de ne pas avoir à faire ces choix. Et là je pense à une très chouette chanson d’Emilie Loizeau « </span><i><span style="font-weight: 400;">Je ne sais pas choisir</span></i><span style="font-weight: 400;"> » qui lui plairait peut-être et dont il faudrait que je lui parle.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ce qui la motive à aller sur un projet c’est moins le scénario que le regard et l’énergie des artistes et producteurs qui le portent. Cela peut également être le choix du studio qui va fabriquer les marionnettes inspirées de ses personnages. Et quand on commence par collaborer sur </span><b><i>Max &amp; Co </i></b><span style="font-weight: 400;">de Samuel et Frédéric Guillaume avec </span><b>Mackinnon &amp; Saunders</b><i><span style="font-weight: 400;">,</span></i><span style="font-weight: 400;"> que Félicie définit comme « </span><i><span style="font-weight: 400;">les meilleurs fabricateurs de marionnettes </span></i><span style="font-weight: 400;">» (Tim Burton pensant surement la même chose puisqu’il leur a confié celles de </span><b><i>Mars Attacks !</i></b><i><span style="font-weight: 400;">)</span></i><span style="font-weight: 400;"> forcément la barre est haute ! Félicie visite leur atelier et participe à la fabrication des marionnettes : « </span><i><span style="font-weight: 400;">J’aime les projets où je peux collaborer avec les gens qui fabriquent. Tout ce qui me permet de comprendre comment ça marche techniquement m’aide à être une meilleure designer.</span></i><span style="font-weight: 400;"> » Je ne sais pas si vous avez vu le film mais moi oui, et depuis je pense la même chose que Félicie et Tim Burton.</span></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-6115 aligncenter" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.49.39-1024x483.png" alt="Capture d’écran 2024-09-22 à 15.49.39" width="1024" height="483" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.49.39-1024x483.png 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.49.39-540x255.png 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.49.39-843x398.png 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.49.39-284x134.png 284w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.49.39.png 1610w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400;">Et là vous vous dîtes sûrement : Ok mais il arrive quand Wes Anderson ? Car moi quand on m’a proposé de faire le portrait de Félicie et que j’ai découvert qu’elle avait créé le chara design des personnages du </span><b><i>Fantastic Mister Fox</i></b><span style="font-weight: 400;">, ben j’ai été vraiment épatée. Bon je vous raconte comment ça s’est passé !</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L’équipe de</span><b><i> Mackinnon &amp; Saunders</i></b><span style="font-weight: 400;"> est approchée par Wes Anderson qui cherche quelqu’un pour créer les marionnettes du </span><b><i>Fantastic Mister Fox. </i></b><span style="font-weight: 400;">Et comme cette équipe a adoré bosser avec Félicie, elle donne son nom au producteur de Wes, qui appelle Félicie.  Mais comme on parle quand même de Wes Anderson, Félicie croit d’abord à une blague ! Une fois la méprise passée, elle commence à flipper car elle adore le livre de Roald Dahl, n’est pas la plus expérimentée du casting, était en train de glander tranquille à Bruxelles, adore dessiner des renards mais ne possède pas beaucoup plus d’infos que ça sur le projet et rêve néanmoins de faire le film ! Parfois la vie ressemble à un bon scénario et Félicie va le remporter ce casting. </span></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-6117 aligncenter" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.50.11-998x1024.png" alt="Capture d’écran 2024-09-22 à 15.50.11" width="998" height="1024" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.50.11-998x1024.png 998w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.50.11-527x540.png 527w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.50.11-843x865.png 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.50.11-284x291.png 284w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.50.11.png 1174w" sizes="auto, (max-width: 998px) 100vw, 998px" /></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Sa carrière est lancée et excusez du peu, pas avec n’importe quels trampolines ! Deux chouettes long métrages. Cette fulgurance lui apporte la légitimité, néanmoins son éducation Suisse la poussera toujours à faire preuve d’une grande humilité face au succès. La collaboration avec Wes Anderson va se poursuivre puisqu’après avoir dessiné le bestiaire anthropomorphe du </span><b><i>Fantastic Mister Fox</i></b><span style="font-weight: 400;">, Félicie créera les personnages humains de </span><b><i>Isle of dogs. </i></b><span style="font-weight: 400;">Elle est aussi la créatrice des personnages de</span> <b><i>Yétili </i></b><b>(Darjeeling prod) et </b><span style="font-weight: 400;">plus récemment a également imaginé ceux de</span><b><i> I am your mother </i></b><span style="font-weight: 400;">de Madgalena Osinska (</span><b>Aardman animation</b><span style="font-weight: 400;">).</span></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-6119 aligncenter" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.50.33-958x1024.png" alt="Capture d’écran 2024-09-22 à 15.50.33" width="958" height="1024" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.50.33-958x1024.png 958w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.50.33-505x540.png 505w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.50.33-843x901.png 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.50.33-284x304.png 284w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.50.33.png 1263w" sizes="auto, (max-width: 958px) 100vw, 958px" /></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-6122 aligncenter" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.50.53-1024x582.png" alt="Capture d’écran 2024-09-22 à 15.50.53" width="1024" height="582" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.50.53-1024x582.png 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.50.53-540x307.png 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.50.53-843x479.png 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.50.53-284x161.png 284w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.50.53.png 1176w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Bref elle ne manque pas de chouettes projets ! Du coup je lui ai demandé si parfois elle avait l’angoisse de la page blanche et elle m’a fait une réponse aussi drôle que jolie : « </span><i><span style="font-weight: 400;">Non pas de la page blanche, l’angoisse de la page remplie de trucs que je trouve pas bien. </span></i><span style="font-weight: 400;">» Et si Félicie trouve ça pas bien, elle peut s’acharner. Du coup elle m’explique en se marrant qu’elle est un peu devenue ses parents, à qui elle reprochait de ne pas avoir de vie en dehors du travail. Mais son homme et son chat sont patients donc à ce jour aucun des deux n’a porté plainte.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Néanmoins quand ta périphérie devient ton centre, comprenez quand tu dessinais peinarde Natacha la grenouille enchantée et qu’après Wes t’appelle : comment conserver la même légèreté et la même envie de dessiner ? Félicie décrit son rapport au dessin en trois temps : petite le dessin lui permettait d’exprimer ce qu’elle avait en tête, ado c’était une manière de passer le temps en classe (en dessinant ses profs notamment) et de s’intégrer dans un groupe, maintenant c’est son boulot ! Elle dit : </span><i><span style="font-weight: 400;">« J’aimerais avoir une pause de job pour que le dessin redevienne plus un plaisir parce que j’aime ce que je fais, j’adore dessiner des perso mais j’ai moins ce besoin de dessiner en dehors parce que je passe déjà toute la journée sur mon ordi. Maintenant je trouve plus de plaisir avec des choses comme la feutrine, la céramique ou le tricot que le dessin car c’est moins lié à mon travail. Du coup c’est plus gai, c’est plus léger.</span></i><span style="font-weight: 400;"> »</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Je vous parlerai de ces figurines en feutrine tout à l’heure parce que c’est quelque chose !</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Dans tous les cas, ce qui reste pour Félicie une source d’énergie et de créativité c’est de partir à l’aventure sur des projets différents et de faire de nouvelles rencontres. Les débuts d’un projet sont ce qui l’enthousiasme le plus car c’est le moment de la recherche. Ses sources d’inspiration sont multiples. Elle peut partir d’un mood board, d’un acteur à qui le personnage doit ressembler, de plantes, de textures, de sculptures, ou de l’observation des gens de son entourage. Sur la phase de recherche, Félicie travaille en musique, avec des playlists conçues pour le projet ou des BO de films. C’est ce qu’elle définit comme « </span><i><span style="font-weight: 400;">une dimension temporelle favorable au dessin (…) dessiner sans musique ce serait presque stressant</span></i><span style="font-weight: 400;"> ». Et ça lui vient de l’enfance puisque ses parents musiciens écoutaient de l’opéra quand elle dessinait Natacha la grenouille enchantée. Félicie piochait dans leur collection et choisissait les morceaux en fonction des pochettes de disque qui l’intriguaient le plus. « </span><i><span style="font-weight: 400;">J’adorais Aida, les trucs de Purcell…</span></i><span style="font-weight: 400;"> » et de conclure en se poilant : « </span><i><span style="font-weight: 400;">les trucs un peu tragiques avec des héroïnes tristes.</span></i><span style="font-weight: 400;"> » Pour la mise en couleur de ses personnages en revanche, comme elle n’est plus en recherche d’idées, elle écoute des podcasts car « </span><i><span style="font-weight: 400;">quand quelqu’un te raconte une histoire tu peux dessiner tranquillement </span></i><span style="font-weight: 400;">». « </span><i><span style="font-weight: 400;">Des trucs féministes (Un podcast à soi) des trucs de crime (Rencontre avec Monsieur X) ou qui font peur (Spooked) et aussi un podcast de Cerno (L’anti-enquête) dont je suis fan absolue</span></i><span style="font-weight: 400;"> ».</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Quand je lui demande si elle préfère dessiner les gentils ou les méchants ? Elle me répond que « </span><i><span style="font-weight: 400;">les héros sont souvent un peu plus neutres, plus pâles, c’est pas des perso hauts en couleur avec lesquels tu peux autant t’amuser ou aller dans les extrêmes qui sont plus chouettes à imaginer.</span></i><span style="font-weight: 400;"> » Alors quand Félicie amorce le travail avec un réalisateur pour définir le style du film, idéalement, elle lui propose de travailler en parallèle « </span><i><span style="font-weight: 400;">un héros mignon et un personnage un peu plus dark, aux proportions plus étranges</span></i> <i><span style="font-weight: 400;">pour avoir l’échelle de tout le projet </span></i><span style="font-weight: 400;">».</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Aujourd’hui, Félicie sculpte aussi en feutrine car « </span><i><span style="font-weight: 400;">c’est une matière agréable à travailler</span></i><span style="font-weight: 400;"> ». Et très chouette à regarder aussi car Madame tête d’ail et ses fesses en gousses sont tellement cinématographiques qu’on rêverait de les voir dans un long métrage. Félicie rêverait aussi de bosser pour le théâtre ou l’opéra en créant des costumes qui racontent des personnages. Et comme </span><b><i>Les parapluies de Cherbourg</i></b><span style="font-weight: 400;"> est un de ses films préférés, elle collaborerait bien à une comédie musicale. Alors Damien Chazelle si tu lis ce portrait, tu sais ce qu’il te reste à faire ! Parce que pour Jacques Demy c’est cuit. </span></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-6123 aligncenter" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.51.02-1024x601.png" alt="Capture d’écran 2024-09-22 à 15.51.02" width="1024" height="601" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.51.02-1024x601.png 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.51.02-540x317.png 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.51.02-843x494.png 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.51.02-284x167.png 284w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.51.02.png 1156w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400;">Il y peu de temps, la SACD a remis à Félicie le prix de l’animation et ça lui a semblé surprenant car elle n’est pas animatrice. Mais quand Virginie Jallot, la présidente de la SACD, lui a expliqué que justement, c’était super important qu’on décerne ce prix à un artiste qui est dans la partie graphique de l’animation, Félicie a été « </span><i><span style="font-weight: 400;">super touchée</span></i><span style="font-weight: 400;"> » et elle a trouvé ça « </span><i><span style="font-weight: 400;">chouette</span></i><span style="font-weight: 400;"> ». Parce que parfois, même avec ce parcours de dingue, Félicie a le syndrome de l’imposteur (oui je sais, vous aussi vous trouvez ça ballot).</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Quand je lui ai demandé quel conseil elle pourrait donner à quelqu’un qui débuterait dans le métier, elle m’a répondu qu’en donnant des cours elle avait réalisé un truc : « </span><i><span style="font-weight: 400;">Donner un conseil qui correspond à tout le monde c’est compliqué car les gens ont des forces ou des faiblesses tellement différentes que ce qui vaut pour l’un ne vaut pas pour l’autre. </span></i><span style="font-weight: 400;">» Donc jeune padawan, si tu lis ce portrait le seul conseil que te donne Félicie c’est : « </span><i><span style="font-weight: 400;">Stay weird !</span></i><span style="font-weight: 400;"> »</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-6125 aligncenter" src="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.51.12-1024x597.png" alt="Capture d’écran 2024-09-22 à 15.51.12" width="1024" height="597" srcset="https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.51.12-1024x597.png 1024w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.51.12-540x315.png 540w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.51.12-843x492.png 843w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.51.12-284x166.png 284w, https://lesfemmessaniment.fr/wp-content/uploads/2024/09/Capture-d’écran-2024-09-22-à-15.51.12.png 1156w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Et un conseil d’une fille dont le prénom signifie heureux, croyez-moi, c’est un chouette conseil.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;">************************************************************************************************</p>
<h5><strong>Making of <i>Max &amp; Co</i> : </strong><a href="https://www.dailymotion.com/video/x4whl0"><span style="font-weight: 400;">https://www.dailymotion.com/video/x4whl0</span></a></h5>
<h5><strong>Bande annonce <i>Fantastic Mr Fox</i> : </strong><a href="https://www.youtube.com/watch?v=ipUj8dELx4U"><span style="font-weight: 400;">https://www.youtube.com/watch?v=ipUj8dELx4U</span></a></h5>
<h5><strong>Bande annonce <i>Isle of dog</i> : </strong><a href="https://www.youtube.com/watch?v=M4vVGeC07Uk"><span style="font-weight: 400;">https://www.youtube.com/watch?v=M4vVGeC07Uk</span></a></h5>
<h5><strong>Podcasts : </strong><a href="https://www.arteradio.com/emission/un_podcast_soi/1092"><span style="font-weight: 400;">https://www.arteradio.com/emission/un_podcast_soi/1092</span></a></h5>
<h5><a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/rendez-vous-avec-x"><span style="font-weight: 400;">https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/rendez-vous-avec-x</span></a></h5>
<h5><a href="https://spookedpodcast.org/"><span style="font-weight: 400;">https://spookedpodcast.org/</span></a></h5>
<h5><a href="https://www.youtube.com/channel/UCYovIdNq6WAZDRf93KVaa6Q"><span style="font-weight: 400;">https://www.youtube.com/channel/UCYovIdNq6WAZDRf93KVaa6Q</span></a></h5>
<p>&nbsp;</p>
<p>Cet article <a href="https://lesfemmessaniment.fr/felicie-haymoz-directrice-artistique-maud-chougui/">Félicie Haymoz – Directrice artistique, par Maud Chougui</a> est apparu en premier sur <a href="https://lesfemmessaniment.fr">Les Femmes s&#039;Animent</a>.</p>
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